I. Bonnes nourrices. — Observations III, IV, VI
VIPAVIIE IX XF XIEXTIL XIV XV, XX.
a) Avant la montée de lait, la proportion des polynucléaires semble généaalement osciller autour de 50 p. 100.
Le premier jour qui suit l'accouchement, les variations de cette proportion sont considérables : elle peut n'être que de 10 p. 100 ou, au contraire,
de 82 p. 100.
Le pronostic est d'autant plus favorable qu'une polynucléose abondante est plus précoce.
Les mononucléaires et les lymphocytes font leur principale apparition ce jour-là, et semblent rivaliser avec les polynucléaires. Le plus souvent on a un tiers de lymphocytes pour deux tiers de mononucléaires.
Toutefois, une proportion élevée de lymphocytes, le premier jour qui suit l'accouchement, n'est nullement l'indice d’une mauvaise sécrétion.
Plus l’on se rapproche du jour de la montée de lait, plus les polynucléaires grossissent leur nombre, à l’inverse des mononucléaires et des lymphocytes ; ces derniers se font de plus en plus rares et ne dépassent pas, en général, la proportion de 10 p. 100.
b) Le jour où s'effectue la montée de lait, la prédominance des polynucléaires s'’accuse nettement, dans une proportion de 70 à 93 p. 100, le reste étant formé par des mononucléaires et quelques lymphocytes peu nombreux.
c) Après la montée laiteuse, la polynucléose est d’une durée plus ou moins longue: les éléments, toujours nombreux, ne tardent pas à se gorger de graisse. En général, deux ou trois jours après la montée de lait, la distinction des éléments est rendue difficile par leur surcharge graisseuse et un degré plus ou moins marqué de dégénération indiquée par la chromatolyse.
Comment expliquer la persistance des polynucléaires dans les observations VIII et XIV ?
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Dans l'observation XIV, ce fait s'explique aisément : la difficulté des succions, occasionnée par des mamelons très peu saillants (primipare), provoquait une rétention aiguë contre laquelle les polynucléaires, éléments de résorption, luttaient.
Dans l'observation VIII, nous nous trouvons en présence d'une femme qui, huit jours après son accouchement, fut atteinte d'abcès du sein. Une polynucléose prolongée doit donc, en l'absence de rétention lactée, faire penser à la possibilité d'une inflammation du sein. En cas de doute, l'étude bactériologique (1) rendra de réels services: en effet,: dans les galactophorites, la phlegmasie se propage le long des conduits galactophores, et, comme l’a démontré M. Bunix (2), la pression exercée sur la glande mammaire fait sourdre un mélange de lait et de pus. Or, souvent, en l'absence de réaction inflammatoire, le colostrum ou le lait des premiers jours qui suivent l'accouchement présente un aspect identique à celui du pus: la présence dans ce dernier d'une riche flore bactérienne, formée de microbes aérobies et d’anaérobies facultatifs, tranchera la difficulté du problème.
Au point de vue de l'examen cytologique, il faut donc, au cours des prises de lait, tenir quelque compte des fissures, gercures ou crevasses des mamelons, car le nombre des polynucléaires est
A) Mie Nevwreun : Contribution à l'étude clinique el bactériologique de la galactophorite. Thèse de Paris, 1901.
(2) Bunin : De la galactophoromastite. Communication à l’Académie de médecine, 1889.
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vraisemblablement augmenté dans ces circonstances.
Dans toutes les observations citées, les éléments sont très nombreux et, jusqu'au jour compris de la montée de lait, le pourcentage peut souvent être pratiqué sans centrifugation préalable du colostrum.
Avant la montée laiteuse, il semble qu'un pourcentage à la fois élevé et aisé d’un colostrum qui n'a pas été soumis à la centrifugation puisse être considéré comme un élément de pronostic excellent.
Malgré l'absence de vérification du pronostic, l'observation VI (allaitement suspendu en raison de tuberculose) nous paraît, vu les bons antécédents de la mère en ce qui concerne la sécrétion lactée, devoir rentrer dans le cadre des bonnes nourrices.
Nous n'avons pas fait entrer en ligne de compte l'observation XVIII, en raison du nombre insuffisant des prises de lait.
Il. Vourrices médiocres. — Observations Il, V, X, XVI, XVII. Avant, pendant et après la montée laiteuse, la polynucléose est peu abondante et éphémère. Les mononucléaires semblent suffire comme éléments de résorption et, le jour de la montée de lait, leur nombre est généralement à peu près égal à celui des polynucléaires. Ce jour-là les lymphocytes peuvent encore s'élever à une proportion de 15 à 40 p. 100. |
De plus, les éléments sont relativement rares pendant tout le cours des examens cytologiques, et la centrifugation préalable du colostrum ou du lait est
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la plupart du temps indispensable pour procéder au pourcentage.
Ces constatations n'ont toutefois qu'une valeur relative, et l'on ne doit pas leur attacher plus d'importance que celle qu'on ajoute à des faits négatifs.
Une sécrétion médiocre au début peut dans la suite s'établir normalement.
C'est ce que montre l'observation V:le mauvais état général de la mère pendant sa grossesse explique la médiocrité momentanée de la sécrétion lactée, partant la médiocrité du pronostic cytologique.
III. Mauvaises nourrices. — Observations I, XIX. La rareté des éléments est à la fois plus précoce et plus accusée.
La prédominance des lymphocytes sur les mononucléaires, le jour de la montée laiteuse, est assez nette.
Enfin le pourcentage des éléments est souvent irréalisable.
Ces assertions, résumées dans les tableaux qui précèdent ce chapitre, ont été l'objet d'une communication à la Socrété des sciences médicales de Lyon,
le 18 novembre 1903.
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