‹ Cytopronostic de la lactationChapitre 9 sur 37 · CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill

Technique générale.

I. Recherches cliniques. — Nos recherches concernent exclusivement des femmes récemment accouchées.

Notre méthode a été la suivante :

Le jour même de l'accouchement nous avons recueilli un mélange de colostrum provenant des deux seins. L'emploi du tire-lait n’est pas à conseiller; ce procédé, relativement douloureux, devient très incommode, en raison de sa forme sinueuse, lorsque le colostrum est d'abondance minime ou présente un degré de viscosité assez prononcé. La pression exercée à la base du mamelon pris entre le pouce et l'index, un tube à essai pour laisser s’écouler le liquide que l'on fait sourdre, constituent le modus operandi le plus simple : en confiant cette tâche aisée à la mère elle-même, on se met à l'abri d'une pusillanimité quelquefois gènante.

Il suffit de prendre quatre à cinq échantillons consécutifs, à vingt-quatre heures d'intervalle. Au

bout de ce laps de temps, le colostrum étant devenu lait, la sécrétion étant bien établie, l'examen cytologique. en tant que moyen de pronostic, n'est plus nécessaire.

Nous nous sommes ensuite rendu compte de la marche de l'allaitement dans le courant des trois premiers mois qui suivent l'accouchement.

L'enfant représentant le criterium de la bonne ou mauvaise nourrice, nous nous sommes enquis de l'état de ses digestions, l'avons pesé pour établir son gain depuis le jour de sa naissance et avons pu juger nous-même de son aspect plus ou moins robuste.

Il. Recherches cytologiques. — Le liquide à examiner est soumis à la centrifugation durant cinq à six minutes. Le centrifugeur de Krauss, donnant environ 2.000 tours à la minute, à une vitesse modérée, est suffisant.

Cette centrifugation, préconisée pour la première fois par MM. E. Weill et Thévenet, est d’une utilité incontestable. Lorsque le colostrum est compact et surtout lorsque les éléments figurés sont nombreux, fait qu'il est impossible de prévoir, cette manœuvre préalable n'offre pas un grand secours. Elle s'impose lorsque la sécrétion tend à la production d’un lait parfait, clair, opalescent, alors que les élements se font rares. À ce moment, négliger la centrifugation, cest s'exposer à ne pouvoir pratiquer le pourcentage.

Les proportions relatives des divers éléments cellulaires diffèrent suivant que l’on examine une prépa-

Mn re

ration de lait centrifugé ou de lait qui n'a pas subi cette action mécanique. La centrifugation ayant pour eflet d'isoler la crème à la partie supérieure du liquide, il semble que les éléments chargés de graisse, c'està-dire les polynucléaires et les mononucléaires, véritables phagocytes, doivent diminuer de nombre par rapport aux lymphocytes dont la densité relative est plus élevée. L'examen comparé de préparations centrifugées ou non centrifugées paraît venir à l’appui de ce fait logique. Toutefois, dans ces proportions relatives, les variations sont sujettes à de trop grands écarts pour qu'on puisse affirmer un caractère de constance seulement soupçonné. L’addition au colostrum de son volume de sérum artificiel constituera peut-être un remède à cet inconvénient de la centrifugation. Des essais dans ce sens viennent d’être entrepris. Pour le moment, nous dirons quesi la centrifugation est un mal, elle n’en est pas moins un mal nécessaire.

Le liquide centrifugé est renversé brusquement ; le tube redressé, son orifice soigneusement débarrassé de la crème adhérente à ses parois, on l’agite fortement et il ne reste plus que le culot qui se dissout dans la petite partie de crème et le sérum qui regagnent le fond.

On aspire avec une pipette effilée à la lampe. Perpendiculairement à la longueur d’une lame porteobjet, de préférence sur le tiers de cette longueur (pour faciliter les colorations qui vont suivre), on pratique une véritable traînée. Sur cette traînée, on appuie très légèrement le bord d'un cover tenu par

Page 1