LESDIGUIÈRES
roquelaure. Pardon , madame , de me présenter chez vous à cette heure!... mais c'est indispensable.
MmcDE lesdiguières. Qu'y a-t-ildonc , monsieur le duc?
roquelaure. Il y a , madame, que, grâce à Ravanne, me voilà certain de mon absolution.
mmc lesdiguières. Vraiment?
ROQUELAURE. Oui!... je viens de commettre un acte de vertu. L'abbé Méroni sera enchanté de ma conduite, démon zèle pour la morale.
Mmc DEJ LESDIGUIÈRES, à part. J'en doute!... [Haut.) Quel est donc cet acte de vertu?
roquelaure. C'est un grand et magnifique scandale qui va faire un bruit de tous les diables , et que je me propose de dénoncer à son éminence.
Mmc de lesdiguières. Ah! oui dà?...
à son éminence?...
roquelaure. voici le fait : ce brave jeune homme, qui a , ma foi , d'excellentes idées , m'a suggéré de poser des sentinelles auxdeux portes cpii peuvent conduire chez les lilles d'honneur. { Jadis j'étais chargé de les ouvrir, autre temps, autres mœurs !) En me retirant, après auoir rempli cette formalité, qu'est-ce que j'aperçois âmes pieds?... un gant !... un gant d'homme!... Ah! ah! me suis-je dit , un homme s'est donc déjà glissé par là?... Eh! bien, si mes sentinelles ne peuvent l'empêcher d'entrer, du moins elles l'empêcheront de
sortir! C'était bien raisonner n'est-il
pas vrai?
M"'*" de lesdiguières. Admirablement*
» AUBIGNE.
roquelaure. Or, maintenant, cet intru ne peut s'échapper que par trois endroits : ou par l'escalier qui conduit à l'avenue, et il y a une sentinelle!... ou par l'appartement des filles d'honneur, en prenant le corridor, et il y a une seconde sentinelle!... Ou enfin par cette porte... et je m'y plante moi-même.
Mmc de lesdiguières , à part. Ah! mon Dieu!.,. (Haut.) Ah! ça, monsieur, y pensez vous?
roquelaere. Depuis une heure, je ne pense qu'à cela.
Mme de lesdiguières. Venir vous mettre en faction chez moi!
roquelaure. Yous mêle permettrez ! ...
Il s'agit d'avoir mon ahsolution.
< Ain : J'en guette un pe'it de mon âge.
Pour obtenir le pardon qu'on réclame , Tantôt, j'avais compte sur vous; Vous avez refuse, madame,
Et maintenant, si je veux être absous ,
Il me faudra de longues patenôtres.,.
En restant là je peux m'en préserver,
Laissez du moins un pécheur se sauver ,
A'ous en ferez damner tant d'autres !
Mme de lesdiguières. Mais, monsieur de Roquelaure
roquelaure. Oh ! comme notre prélat italien sera enchanté quand je lui raconterai tous les soins que j'ai pris pour empêcher le téméraire de s'esquiver !
Mme de lesdiguières. Oui, ça le réjouira beaucoup.
ROQUELAERE , tirant de sa poche ungant blanc brodé en or. Avec quelle onction il me bénira quand je lui montrerai ce gant ! Regardez donc comme il est joli!... Je gagerais qu'il a été brodé par une main chérie!... Voyez!... ah! ah! voilà une preuve matérielle!... Il faudra bien que nous trouvions son frère jumeau dans la poche du délinquant.
Mmc de lesdiguières. Ecoutez-moi , monsieur le duc !...
roquelaure. Excusez-moi , madame, je n'écoute rien!... il faut que je saisisse je coupable, et que j'aie mon absolution. Ce gant nie servira à l'obtenir.
(Il agite le gant.)
tQQaaecoacoscaQaaocooaoQcoaaBQaoQaoacaBcaoa SCENE XI.
Les Mêmes, M- DE MAÏNTENON,
entrant sans qu'on la voie.
Mme DE MAÏNTENON , apercevant le gant.
A part. Que vois-je?
ROQUELAURE , agitant toujours le gant.
C'est Mmc de Maintenon surtout que ma conduite charmera.
Mme DE MAINTENON , à part, au fond. Je ne me trompe pas!... C'est un des gants
que j'ai brodés pour le cardinal, et qu'il portait encore ce matin.
Mme de lesdiguières. Monsieur le duc , je crois devoir vous conseiller en amie de ne pas faire tant de bruit de cette découverte.
roquelaere. Ah ! oui , vous ne voulez pas que je sois absous? mais j'y tiens, moi.
MmeDE MAINTENON , à part. Comment ce gant est-il entre les mains de M. de Roquelaure?... Usait doncoù est le cardinal? Oli ! il me le dira!... et je suis sauvée. (Elle approche.)
roquelaure. Madame la marquise!. . ah! c'est un coup du ciel!...
(Il la salue.)
Mme de lesdiguières , à part. Que me veut-elle encore?
Mme de maintenon. Je vous avais dit, madame , que nous nous reverrions : vous voyez que je n'ai pas tardé.
Mme DE lesdiguières. Cela me prouve , madame , combien vous aimez à faire plaisir à tout ce qui vous entoure.
Mmc DE MMNTENON. On m'a appris que M. de Ravanne était encore chez vous , et, comme j'ai à le charger d'une mission de confiance, je me suis permis de venir moi-même....
ravanne. Je suis à vos ordres, madame.
M™ DE MMNTENON. Vous allez passer dans les appartemens du roi, monsieur ; vous direz que vous venez de ma part: vous tâcherez de savoir si sa majesté est informée de l'absence de monseigneur le cardinal, et, si le bruit en est arrivé jusqu'à elle, vous viendrez à l'instant m'en rendre compte. Allez, monsieur.
ravanne. J'obéis, madame. (A part en sortant.) Que va devenir tout cela?
igaoacoaBOoaoocoacoacoaoaaaaoaBQâooaaoaoBCOc SCENE XII.