I.E MAGASIN THEATRAL
RAVANNE, serrant la main de d'Aubignè.
Ah! mon ami...
nENRiETTE. Ah! monsieur d'Aubigné \ d'aubigné, à Henriette. Avant de briser votre fenêtre, j'ai prêté l'oreille : vous faisiez vos confidences à vos jeunes compagnes. Vous disiez tant de bien de lui et tant de mal de moi, que ça m'a touché... Mes enfans, je vous bénis.
roquelaure. On a beau dire, ce sont toujours les mauvais sujets qui font les bonnes actions.
d'aubigné. Et ce ne sont pas toujours les plus grands politiques qui réussissent le mieux. {Tirant Mme de Maintenon à part.) Voyez plutôt... c'est parce que je me mariais pour obéir à vos profonds calculs, que le cardinal était devenu introuvable ; c'est parce que je ne suis pas allé où vous m'envoyiez que monseigneur a reparu comme par enchantement, et cela vous prouve.... ah! écoutez-moi. Je prends ma revanche, un petit sermon à mon tour... Cela vous prouve, ma chère sœur, que dans les affaires humaines, le succès n'est souvent dû qu'à un événement auquel on s'opposait avec tout son esprit et toute son habileté : voilà pourquoi il y a tant de soss qui réussissent!.. Sur ce, je prie Dieu, ma chère sœur, qu'il bénisse votre mariage, qui doit se faire en cachette, après le nôtre !. . Allez être la femme d'un roi ! {Haut, en prenant la main de Mme de Lesdiguières.) Moi, je vais être heureux.
Mme de lesdiguières. Bien vrai?
d'aubigné. Si vous voulez.
Mme de maintenon. Et raisonnable ?
d'aubigné. Si je peux.
(la toile tombe.)