Guillaumin
130 DE l'histoihe
s*est bien gardé d'une ambition si haute et si vaine. Il est de la race de ces esprits qui ne craignent pas de serrer l'histoire d'une époque autour d'un ou deux personnages qui la centralisent. Il aime mieux la creuser dans un espace resserré, d'un point à un autre, que de l'embrasser à vaste et pleine ceinture^ par conséquent de la mal étreindre. L'idéal de ces sortes d'esprits est en Angleterre, le pays du Fait par excellence. Pour cette raison, sans nul doute, la littérature anglaise, plus qu'aucune autre littérature, abonde en biographies, en vies historiques précises, tranchées, prises plus profond et plus fin que l'histoire même. L'Angleterre, ce pays pratique avant tout, aime cette manière de concevoir l'histoire et de l'écrire. Qui ne se rappelle qu'avec sa seule Vie de Nelson Robert Southey fixa définitivement sa fortune et sa gloire?... Clément est un de ces biographes à la manière anglaise, ayant pour qualité dominante cette recherche du détail et du point juste où les choses commencent et où elles finissent qui donne à un livre historique la clarté souveraine qu'aucun nuage de métaphysique, aucune audace de théorie, ne pourront désormais troubler. Nous le répétons : par le temps qui court, une telle qualité d'esprit, tout ensemble solide et aiguisée, est fort rare. Quand on la possède, l'écueil à éviter serait la sécheresse. Mais Clément n'est pas sec. Il n'étrique point l'histoire dans la biographie. Au contraire, il découpe plutôt, et très largement, la