ÉRASTE D'ODET
ID'ORSENNENS.
{4 Doué d’un physique assez brillant, .
Dour effrayer les coneilles à l'approche :
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Rennes, en se ocontemplant pour la:
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Msope à cause de sa laideur.
La crainte s’empara alors de son corps. Il se mit à faire des recherches pour vérifier ce qu’on lui avait dit.
Enfin il pût trouver un historien qui fesait précipiter le célèbre fabuliste
sope, du haut d’un rocher.
La confiance lui revint, lorsqu’il vit :
qu’à Montréal, où il fait actuellement E son séjour, il ne se trouvait aucune À
roche Tarpeïenne.
Il était temps qu’il revint de sa À frayeur, car il y avait quinze ans }
qu'elle durait.
Maintenant il est âgé de 20 ans.
Éraste d’Odet D’Orsennens est
donc né en 1837 à midi. Le soleil é- k tait dans toute sa splendeur; d’Odet | était, au contraire, dans toute sa lai- }
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taire.
1 naquit au milieu d’un camp de | révoltés ; parmi les poëlons, les chau. À drons, les fourchettes, les couteaux et À tout le décorum d’une cuisine mili. 4
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Son père avait obtenu à force de bravoure, cette place importante pour l'estomac. Il s'était acquis de sa charge avec honneur, et avait toujours eu la conscience de son devoir.
Ne soyons pas étonné; maintenant si Éraste, naquit avec un tempérament belliqueux et CULINAIRE.
La guerre se termina trop tôt pour le père et ie fils. Le premier avait fait ses preuves, le second devait les faire sur les bancs d’une école.
Le jeune d’Audet au lieu d’embrasser la carrière militaire, embrassa la carrière littéraire. C’etait aussi dans ses goûts, il pouvait combattre, et même se faire battre dans l’un comme dans l’autre parti.
Rendu au collége, d’Orsennens apprit tout, excepté toutefois le cal:ul.
Voilà pourquoi il ne sût jamais calc:1ler, pas même ses intérêts.
Pendant le cours de ses études, il manifesta toujours, un goût très pro-
noncé, pour tout ce qui semble tenir du MAGIQUE.
Néanmoins, malgré son peu de disposition, et surtout malgré sa faible application, il voulut faire de la poésie,
Mais ce fut de la poésie Æn prose.
On s’y attendait, et personne ne fut étonné. Par une de ces fatalités assez ordinaires dans la vie des colléges, il interrompit tout-à-coup ses études,
Il n’y perdit peut-être pas, mais à coûp sûr il n’y gagna pas.
Il en fut quitte pour un peu moins de science, et un peu plus d’amourpropre. Ses parents avaient exprimé le désir de lui voir étudier la zor, En fils obéissant il se soumit sans murmurer à cette décision qui était sortie du cabinet paternel. Dès lorsque son père parlait, Urbi et Orli, il ne bougeait plus. C'était pour lui un article de {oi ; mais la foi sans les œuvres n’est rien. D’Audet croyait, il voulut met:
tre à éxCCution son credo.
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La vie des morts disait Cicéron, consiste dans le souvenir des vivants.
D’Audet voulut s’acquérir un titre à la postérité. [’orateur romain lavait bien fait et puis ce n’était qu’un homme comme lui.
Pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant ? Le raisonnement eût été as-
|sez logique s’il eut établi un point de
comparaison entre le physique, mais quand il s’agit de lPinteliectuel, la nésation ne se fait pas attendre. Cicéron Pesprit, du jugement ; d’Orsennens n’avait aucune de ces qualités, mais bien
Iseulement la bonne volonté.
Cependant il essaya ; qui tente rien, Eroste tenta tout et il n’eut
La littérature canadienne était alors son déclin. Il voulut larelever et lPabaissa. La grandeur de l’entreprise ne le découragea pas, comme on burait pu le croire, et au moment où Por:
s’y attendait le moins, apparurent trois petits morceaux de littérature canadienne.
En tête venait Felluna, dont le style et les idées, peuvent faire prendre la fuite au plus intrépide lecteur. Le second feuileton, L’Epluchette de Blé.d’Inde tout en étant avantageux pour l’auteur, ne l’était pas du tout pour la littérature. Dans ce morceau il y a des endroits passables mais que Pauteur aurait mieux fait de passer.
Qui le croirait ! dans cet écrit d’Orsennens, s’est trouvé des charmes en comparant sa figure avec celle d’un notaire, un des héros de l’aventure.
Hélas ! il devait être bien laid cet:
homme, puisque d’Audet se trouve incomparablement plus beau.
On la cru sur parole et non pas sur la description qu’il en a fait, car c’était une pâle copie de l'original qu’il nous présentait. Enfin une Résurrection venait couronner cet ouvrage qui
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raste eut le talent de faire revenir non pas avec l’aide du magnétisme qu’il ne connaissait, mais bien avec le secours de la pensée une personne qui était morte. Néanmoins malgré ce miracle il n’a pu ressuciter dans Popinion publique.
La prose peut suivant certaines circonstances conduire l’homme à la poésie. Cequieut lieu pour Éraste.
Fier de la conquête facile de lPEpluchette de blé-d’Inde il publia un petit pamphlet pour faire connaître
toutes les ressources qui sont offertes.
aux amants.
Il Pintitula : Le Guide des Amoureux. Pour ma part je ne conseillerai jamais aux amoureux de suivre la marche de l’auteur, car ils y prendront fatigue. D’Audet nous montre la fiancée dans l’église, c’est mieux là
qu'ailleurs. Puis il nous la fait voir dans la rue, à travers une persienne;.
a Lt porte d’ane granve, et même, dans une Curie...
L’intrigue comme on le voit est soutenue jusqu’au bont. Je n’en dirai pas plus long. J'aime mieux laisser d’Orsenuens dans ce ‘lernier endroit, avec son guide. [leon retirera comme il voudra où comme il pourra.
Après s'être fait lire, il voulut se lire lui-même. Membre de l’Institut-Canadien, qui semble avoir pris à cœur de posséder, dans son sein toutes les nullités contemporaines, Eraste fut obligé, de faire une lecture.
Il annonça publiquement qu’il don-
nerait un petit entretien sur le Magnc-
tisme animal. Il justifia parfaitement le dernier mot ; quant au premier :!l ne l’entrevit même pas. Sans doute il l’avait en perspective.
Sa lecture reçut le tribut de sifllements qu'elle méritait à si Juste titre.
On n'aime pas les plagiaires, et dAudet Pétait.
Cep lJaideu jamais qu’il d auditei Voi La énorni] rales n Un.
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Cependant malsré les mille et une Jaideurs de cet entretien, je n’oublicrai
jamais les deux seènes touchantes
qu’il déroula devant les yeux de ses auditeurs.
Voici ce qu’on m'en à rapporté.
La première représentait un serpent énorme, dont la queue tournée en spirales magnétisait un enfant de 10 ans,
Un jeune enfant magnétisé par la queue d’un serpent, n est-ce pas attendrissant et nouveau ?
La dernière renferrne tous les sentiments tendres et passionnés du lectureur : ce sont deux petits Chérubins, qui encore par l’effet du magnétisme se jettent dans les bras de leur père Séraphin.
Dans cetie dernière anecdote, tous les ordres célestes furent mentionnés
Si javais un conseil à donner à E-aste d’Audet d’Orsennens ce serait de mettre à la fin de son livre de Lit- Lyrature Canadicnne ces deux mor-
eaux. Ce serait de nouvelles ombres | ajoutées au tableau.
Mais revenons au lieu où nous avons laissé notre contemporain.
Méconnu à Montréal, il n’en persista pas moins à vouloir faire triompher son systême. À la ville il avait été un homme méprisé ; à la campagne il sera peut-être admiré, loué. Quoiqu’il en arrive, s’était-il dit, j’essayerai. Il se rendit alors à Longueil, qui je regrette de le dire, n’eut pas l’æil assez péntrant, la vue assez perçante, | our découvrir au premier abord de sp quelle étofle était composé Maître d’Odet.
Sa lecture qui fut encore sur le Ma- nt | gnétisme animal, obtint un tel succès | qu’au risque de le dessosser, on transporta notre héros sur une perche jusqu’à sa maison de pension, aux sons joyeux des fanfares.
Don Quichotte avait éprouvé une semblable réception mais il s’en était
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retiré dessossé. Je signale ce trait en passant pour montrer aux yeux du public que le beau Eraste s'était acquitté de son rôle avec plus de succès et de dignité que le chevalier de la Manche.
Depuis cette scène tragi-comique, tragique pour l'acteur, et comique pour les spectateurs, d’Orsennens croit que son système est universellement reconnu, et maintenant il se repose sur des lauriers qui lui ont coûté assez pour ne pas dire trop cher.
Vers le même temps se formait à Montréal, la milice volontaire. D’Orsennens qui était né comme vous le savez avec un tempérament belliqueux aperçevant ce nouveau champ de bataille, où il pourrait se dédommager de ses contrariétés littéraires, voulut faire partie de ce corps qui ne devait combattre qu’en......paix à lPabri des peupliers touffus du Champ-de- Mars. Il se présenta comme aspirant
ltd ère se" puédet
| on l’admit de suite comme sergent L
} dans la compagnie de Belle, et non À | pas comme on a prétendu le dire, D { dans la belle compagnie. ne
ÿ (1 | 1 À —————@——— | tn N. B.—Sous l’habit militaire, d'Orsennens est | 4 admirable, mais il n’est pas admiré. Il aun air | 1
martial que son père n’a jamais eu, j’en suis bien * | à
i persuadé. Mazel en le voyant pour la première |
Îj fois à la parade, a été tellement surpris de son jf lR immobilité et de sa gravité militaire, qu'il l’a 1 | cru —MAGNÉTISÉ.—Qu’on ne lui en veuille D.
Î pas de l'avoir représenté sous ce costume et de | 4 { cette manière. Il a consenti avec peine à rac- ‘à | courcir le nez de notre héros, afin de ne pas Î détruire l’opinion qu’a de lui-même d’Orsennens, | ê
qui se croit un assez bel homme. C’est une |
faveur qui, nous l’espérons ne passera inaper çue,
Au moment où nous publions la biographie de d’Orsennens, nous apprenons, de source certaine que d’Odet va lancer un morceau fantas- 1 tique, mirobolant, intitulé : LA TOMBE MYSTÉ- RIEUSE. Pour le coup, il y descend, lui, ain) A que ses œuvres ! ! !,.......