CHAPITRE VII
LES PREMIERS ETRES
Depuis notre premier voyage sur les mers primordiales la température s'est relativement abaissée, bien que la chaleur soit encore peu supportable pour des organismes comme les nôtres.
Dans l'atmosphère humide, chargée, d'acide carbonique, des vapeurs s'élèvent encore, comme une buéechaude et opaque, des îlots émergés, des continents qui se plissent, des chaînes de montagnes qui naissent et s'effondrent.
Des centaines de milliers d'années ont passé et la chaleur intense fuse encore à travers la croûte terrestre ; c'est elle qui entretient à la surface du globe une température constante de serre chaude depuis les pôles jusqu'à l'équateur. Les saisons ne sont pas nées, et la transition brusque du jour et de la nuit, du froid et du chaud, n'existe pas encore.
C'est dans ce milieu admirablement apte à la recevoir que tout à coup la vie se manifeste. Quand et comment est-elle née? Grave question que nous étudierons plus tard et dont nous demanderons la solution à la Science.
En attendant nous ne pouvons que constater le fait avec les géologues.
A en croire l'école moniste, qui obtient tant de succès chez nos primaires, la vie est née par hasard au sein des eaux. Cel-
lule informe tout d'abord, l'être vivant a subi peu à peu des perfectionnements qui l'ont élevé dans la chaîne du monde végétal ou animal.
De preuves à cette assertion, les monistes n'en fournissent pas. Ils font ce qu'ils reprochent à de vulgaires métaphysiciens : ils délaissent la science expérimentale pour s'appuyer uniquement sur les vues de leur esprit.
Pour mieux comprendre la description des animaux qui vont peupler la Terre, il ne sera peut-être pas inutile de rappeler ici la classification adoptée par les zoologistes. Une visite à un Musée d'histoire naturelle vous serait évidemment plus profitable, mais à l'impossible nul n'est tenu.
Les espèces d'animaux actuellement existantes se chiffrent par centaines de milliers. Les insectes à eux seuls dépassent 3oo ooo, et si l'on ajoute aux richesses zoologiques actuelles les populations des anciens âges, populations qui ont laissé leurs dépouilles dans des limons convertis en assises de pierres, on arrive à un total d'espèces vivantes ou éteintes défiant tous les calculs.
L'étude individuelle de ces formes accablerait l'esprit le mieux doué.
Toutes les espèces doivent donc être rangées par séries suivant des caractères communs; tel est le but de la classification.
Deux grands groupes se partagent l'ensemble des espèces :
Les animaux à charpente osseuse intérieure représentés surtout par les os de la colonne vertébrale : les vertèbres.
Ce sont les VERTÉBRÉS, qui comprennent :
Les mammifères, allaitant leurs petits, comme le Chat, le Lapin, la Chauve- Souris, etc. ;
Les oiseaux, couverts de plumes;
Les reptiles, respirant dans l'air, comme le Serpent ou la Tortue;
Les poissons, qui respirent dans l'eau; et enfin :
Les batraciens, Grenouilles, Crapauds, etc., qui respirent soit dans l'eau, soit dans l'air, suivant l'âge.
Tous les autres animaux dépourvus d'os et, par conséquent, de vertèbres, prennent le nom d'INVERTÉBRÉS.
Pour point d'appui de leurs mouvements ils ont parfois la peau durcie et composée de pièces articulées, comme dans l'Ecrevisse, par exemple.
Ce sont d'abord :
Les articulés, reconnaissables à leur corps divisé transversalement par une série d'articles comme chez
Les Insectes (Hannetons),
Les Arachnides (Araignées),
Et les Myriapodes (Mille-pattes), qui respirent dans l'air.
S'ils respirent dans l'eau, ils prennent le nom de
Crustacés (Ecrevisses, Langoustes).
Les Vers aux multiples anneaux complètent cette classe importante.
Puis viennent les mollusques, qui tirent leur nom de leur peau molle et visqueuse. Tantôt, la tête est couronnée de bras, d'où le nom de
Céphalopodes, comme la Poulpe ou la Seiche.
Tantôt, ils sont protégés par une coquille enroulée en spirale, ce sont les
Gastéropodes, comme le Limaçon.
Tantôt enfin, ils sont enfermés dans deux valves, comme l'Huître et la Moule: on les appelle
Acéphales, c'est-à-dire dépourvus de tête.
Les rayonnes, si curieux par la dis-; position rayonnante des organes autour d'un axe ou d'un point central, se divisent en
Echinodermes, comme l'Oursin, ou en
Polypes, comme la Méduse et le Corail.
Enfin, les protozoaires paraissent être le dernier terme de cette longue série animale. Ils sont composés d'une seule cellule et ne sont visibles qu'au microscope. Voici le tableau de cette classification :