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CHAPITRE X

LE PROBLEME DE LA VIE

Citez-moi un philosophe ou un physiologiste que n'-ait pas tenté le problème de la vie? Dans ce chapitre de la science, l'un des plus passionnants qui soient, les plus grands savants en sont encore réduits à chercher une définition.

Définir la vie constituerait, en effet, un véritable pas en avant; nous en sommes encore loin.

Le problème pourrait, direz-vous, être abordé par un autre côté : nous ne confondons pas la ligne droite et la ligne courbe; personne, cependant que je sache, ne peut dire en quoi elles consistent l'une et l'autre.

Nous ne pouvons définir la vie, c'est entendu ; essayons au moins de déterminer les caractères distinctifs de l'être brut et de la matière vivante. Et c'est ce biais peu honorable pour la science qu'ont pris les savants, faute de mieux.

Ce paraît être un jeu pour la chimie moderne d'analyser la matière douée de vie, et comme, tout compte fait, l'être vivant est représenté par la cellule végétale et animale, tout le problème revient à chercher les éléments de cette entité bien connue.

A part certaines substances variables suivant les individus, substances toujours en très petit nombre, l'ensemble des matériaux composant la cellule paraît

remarquablement constant. Le type de la matière vivante est le blanc d'œuf, l'albumine. La composition reste toujours identique : azote, carbone, hydrogène, oxygène.

Vous connaissez la formule : pour faire un civet, prenez un lièvre. Eh bien ! les chimistes pourraient en dire autant :

Vous voulez une cellule, attendez, nous allons consulter nos registres; dans un creuset vous mettrez 712 parties de carbone, 1 i3o parties d'hydrogène, 214 parties d'azote, 245 d'oxygène ; faites cuire au bain-marie, ou faites mijoter à très petit feu, saupoudrez le tout d'un peu de soufre, d'un peu de fer, très peu de fer; à la rigueur ajoutez un peu de phosphore pour tonifier le mélange, laissez refroidir et prendre en gelée, et le tour est joué, vous avez une cellule.

Lorsque Berthelot réussit la synthèse de l'alcool et d'autres substances organiques, il ne faisait pas autre chose. On cria victoire chez les monistes, et on annonça à grand fracas que l'on fabriquait de la matière vivante.

Tous les romanciers du transformisme firent chorus.

Taisons-nous, c'est la Science qui parle en leur nom! On fait de l'alcool, on fabrique de l'urée et du sucre, on produit artificiellement de l'acide formique, etc..

LE PROBLEME DE LA VIE

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