‹ D'un siecle à l'autreChapitre 107 sur 253 · CHAPITRE III. PRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. PRE

On ne connoissoit ni le Code, Les maris étoient moins galants, Ni l'étiquette, ni la mode, - Les femmes étoient moins coquettes ; Ni les habits de chaque mois. Les filles à près de seize ans, Ah ! le bon temps que le temps d'autrefois ! Etoient encor innocentes, discrètes ; Elles n’alloient jamais au bois.

OR AM DeELAS cemenes Ab ! le bon temps que le temps d'autrefois !

Point de Vauxhall, de Ranelagh, D'ombres chinoises, d'Opéra, Point de concerts, d'académie,

Point de comédiens de bois. Toujours fraîche, toujours féconde, Ah ! le bon temps que le temps d'autrefois ! Par delà soixante printemps, Une femme avoit des enfants !

Vous allez peut-ètre me dire Qu'il est beau de peupler le monde ! Qu'’alors on devoit s’ennuyer, De nos jours... un seul fils... et souvent à Qu'il falloit dormir, ou bäiller...… sept mois ! Détrompez-vous, on ne savoit pas lire. Ah! le bon temps que le temps d'autrefois!

Vous ne vous attendiez pas à des vers, Madame, chacun a sa manière de surprendre; la vôtre tient au cœur, la mienne à mon état. Heureux qui sait en saisir l’esprit quand il y est réduit par le sort,

Vous avez la bonté de me prévenir que mon intérêt exigeroit que je me rendisse à Grenève au commencement du mois de septembre. Hélas, vous ignorez, Madame, que je cesserois d’être moi, s’il m'étoit permis de faire une fois ce qui peut tourner à mon plus grand avantage. J’ai plusieurs raisons de croire qu’il ne me sera pas possible de quitter Zurich avant la fin d'octobre; et pour trouver grâce auprès de vous, Madame, il me suffira d’en alléguer une: Je me reprocherois d'abandonner des personnes dont j'ai beaucoup à me louer et qui ont encore besoin de moi. . . . . ,. »

Du même à la même, de Zurich, le 6 octobre 1787.

« En arrivant chez vous, Madame, je crois que je ne tarderai pas à me faire connoître; j'ai des lettres de recommandation pour M. le syndic de Barraban, M. Bonnet, M. I. Pasteur; j'en aurai plusieurs autres; j'en prendrai même une pour

M. de Saussure. Ainsi l’on verra que vous n’êtes pas seule à priser votre ancien maître. De plus, je me propose de donner à votre théâtre une comédie angloise qui a eu plus de succès en Angleterre que le Mariuge de Figaro n’en a eu en France.! Il me semble qu’ainsi je ne dois pas craindre de me mettre en voyage et que je dois travailler à vous tranquilliser sur les SULESZ à ee ie

Il est certain, Madame, que ma première visite en arrivant à Grenève sera chez vous, et si je n’écoutois que l’empressement de ma reconnoissance, je vous la rendrai volontiers en habit de voyage. 1 1e,»

De Madame de May, née Im Hoff, à la même, à Genève, de Berne, le 25 novembre 1787.

« Madame,

Il est venu chez moi un des principaux membres de la

famille de Graffenried, pour me charger de vous témoigner au

nom de toute cette famille, Madame, et à Monsieur G., la reconnoissance qu'ils conserveront toujours pour toutes les politesses et bontés infinies que vous avez eues pour feu M. Graffenried de Bourguistein et sa fille. Ils voudroient beaucoup pouvoir vous le prouver autrement que par ma voix. Moi en mon particulier, je ne puis assez vous remercier de toutes vos attentions obligeantes pour M. et M®° Tiller. Nous ne parlons que de vous et de vos bontés et ne pourrons, cependant, jamais vous rendre justice. Elle m'a dit que vous lui aviez fait espérer de repasser par notre ville en allant rendre

! Dans une lettre suivante, M. Thomas Dwall apprend à sa correspondante que le titre de cette comédie est l’Zcole du scandale, «la meilleure comédie (dit-il) qui ait été donnée sur le théâtre d'Angleterre.» C'était sans doute une

traduction de sa façon de la comédie bien connue de Sheridan: The school for scandal.

Page 1