L. MAY, née IM HOFF
Du conseiller d'Etat (ensuitesyndic) Zsaac-Louis Naville à la même, sa sœur, à Céligny par Coppet (en séjour chez M. E. Naville, son oncle); de Genève, le 18 juillet 1788.
& Votre protégé, ma belle dame, m’a remis votre lettre et a voulu me faire une longue histoire que, je l'avoue, je n'ai pas eu le temps d’écouter, d'autant plus que cette affaire n’est point de mon département. M. Sarasin répondra à ton mari lorsque la chose sera décidée.
Si tu avois été à Genève, je t’aurois proposé de venir dîner hier à Châtelaine avec le chevalier de Florian. J’ai dîné deux fois avec lui à Bellevue et à Ferney; nous sommes très-bons amis. J’ai fait des vers pour lui qui ont passablement réussi. Il m'en a répondu de très-jolis. Tu verras tout cela une fois si cela te fait plaisir.2
! Les deux cadets étaient alors dans la pension, bien connue à cette époque, de Messieurs Rahn à Aarau, où l'aîné les avait précédés. La signataire était amie de pension des Demoiselles G.
2? Dans une lettre de Mademoiselle Souky Rilliet, de la même époque, nous trouvons ces mots : « Monsieur de Florian est fort lié avec mon oncle Naville. Ils se sont fait des vers réciproquement, »
La chaleur est si épouvantable qu’il n’y a nulle apparence que mon père veuille venir à Céligny. Il ne vient pas même à Châtelaine, et je n’ai pas le courage de l’en presser. Il ne seroit pas absolument impossible, si le tems se rafraichissoit, que j’allasse coucher à Céligny samedi au soir, à cheval; mais c’est très-peu probable,
Je te prie de dire bien des choses de notre part à notre cher oncle. Lorsque vous ne serez plus avec lui et que le tems sera un peu rafraîchi, nous espérons de le voir à Châtelaine; car il sent bien qu’il m'est tout-à-fait difficile d’aller, parce qu’il est indispensable que je sois à Genève les lundi, mercredi et vendredi, ce qui me morcelle ma semaine de manière à ne pas me permettre de m'éloigner, et outre cela des procédures criminelles qui me font aller passer fréquemment des après-dinées aux prisons.
Dis aussi bien des choses à ton mari de ma part, et embrasse mes très-chères nièces pour mon compte. Adieu, chère sœur, au revoir, Tout à toi.