CHAPITRE IV
superbe : Madame Pétolus, Suissesse, est allée à Lyon avec un passeport de son pays bien en règle. Ce passeport porte quatre enfants et elle n’en a que trois à ramener; ainsi votre petite de sept ans pourroit faire le quatrième. Il faudroit que votre Monsieur écrivit à Lyon à ceux qui sont chargés de la jeune personne, de voir Madame P. et de la prier d’amener la fille à son père. Je n’ai pas besoin de vous dire de lui recommander d'écrire avec la plus grande prudence pour ne pas compromettre ni la personne à qui il écrira, ni Madame P. J’ai une si grande frayeur de faire de la peine à mes amis et à mes parents que je me prive absolument de leur écrire, aimant mieux qu'ils se passent de nos nouvelles que de les exposer à aller en prison. On a arrêté à Lyon plusieurs personnes pour avoir recu des lettres de Suisse, même des lettres de commerce. D’après cela, si j’étois le père de votre petite protégée, je chercherois quelqu'un qui allât à Lyon: je lui donnerois verbalement la commission de voir ceux qui sont chargés de la petite, de leur dire d’aller chez Madame P., dont voici l'adresse ( . . . . . ). J’aimerois beaucoup mieux cela que d'écrire, car toutes les lettres sont décachetées, et les personnes qui y sont nommées sont toujours exposées, peu ou beaucoup. Si vous ne trouvez pas d'occasion, donnez-moi le nom de la petite, l’adresse de ceux qui en ont soin et un billet du père portant ces mots, sans autres et sans signature: /e vous prie de remettre au porteur le solde de ce que vous me devez. Je souligne ces mots, que je voudrois de l’écriture du père. Je remettrois ce billet et les adresses à la première personne sûre que je saurois partir pour Lyon ; mais, comme cela n’est pas aisé à trouver, cherchez toujours de votre côté; depuis un mois
J'en cherche une inutilement. :. -.. . :»
De la même à la même, peu après ; de Constance.
« Que je vous remercie, ma bonne amie! vous m'avez bien rendu service de ne pas faire ma volonté. Vous avez deviné juste. Toinette est mon frère et Catherine est sa femme. Comme le temps presse, je vais vite vous dire la réponse que je vous prie de faire à Catherine Sernou, qui est ma sœur. Je suspens mes remerciments, mais vous connoissez mon cœur. Je vous prie donc de lui écrire:
1° Que Jeanne Corbier est fort bien dans ses petites affaires, qu’elle sera charmée de faire ménage avec elle et ses bonnes amies Madelon, Toinette et Catherine, qu’elle a de quoi les occuper toutes, qu’elle les prie, si elles passent à Aïx, de loger chez la citoyenne Vidal qui est une mère de famille intéressante, d’ailleurs on est fort bien chez elle; plusieurs personnes, entre autres Auguste, cousin de Jeanne Corbier, en chantent les louanges.
20 Les marchandises sont arrivées à bon port; on en a reçu des remerciments. Si Toinette et Catherine sa sœur continuent à travailler comme cela, on sera content d’elles.
30 Le galant de Toinette a bien travaillé pour elle; il a vu son amie Corbier et l’a priée de lui dire qu’il a une jolie fortune qu’il veut partager avec elle. Sa bonne amie Annette a dit à Corbier qu’elle n’en seroit pas jalouse.
Voilà, ma chère sœur, l’essentiel. Ajoutez à cela tout le patriotisme que vous croirez convenable, vous vous y entendez mieux que moi. Tout en disant que j'ai de l’ouvrage pour Magdelon, qui est maman, etc., je vous prie d’ajouter qu'il seroit peut-être possible d’en trouver pour quelqu'autre, outre celles que j’ai nommées, et puis demandez des nouvelles de la voisine veuve, de ses filles et de leurs maris.
Si vous avez avis qu'ils arrivent, faites-nous passer les lettres de suite. Il faudra qu’ils s'adressent à M. Reynard, chez