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SUR L'AMOUR DE DIEU

Venite, exullemus Domino, jubilemus Deo salulari nostro.

Venez, unissons-nous à la céleste cour.

Et chantons avec elle un cantique d'amour. Puissent se répéter, du couchant à l'aurore. Les élans de mon cœur pour le Dieu que j'adore ! Source unique de vie, auteur de tous les biens. Il les renferme tous ; c'est de lui que je tiens Tant de dons précieux; les facultés d'une âme Sensible, intelligente, et brillant de la fl;»mnie Qu'allume dans mon cœur un Etre si parfait : Le connaître, l'aimer est son premier bienfait. Partout je l'aperçois, la moindre créature Me fait bénir en lui l'Auteur do la nature. J'admire sa sagesse, ainsi que sa bonté. Je vois régner partout les rapports, l'unité. Le monde est un concert dont mon âme ravie Saisit avec transport la touchante harmonie.

Seul, le centre ici-bas de ces rap];orts divers. L'homme, par sa raison, embrasse l'univers. Peut-il ne pas aimer cet objet adorable, Qui donne l'élre à tout, par qui tout est aimable ? llommeaveug!e,hommeingrat,sonde ton propre cœur, € Dieu seul, te dira-t-il, peut faire mon bonheur, f Après de nouveaux bien», sans cesse je soupire, « Nul bien particulier ne saurait me suffire; « Nul objet limité ne répond ù mes vœux : « Il me faut tout un Dieu pour que je sois heureux. »

Augustes monuments de nos grandeurs passées. Ces immenses désirs et ces hautes pensées Prouvent que je suis né pour un bien infini : 0 mon Père, ô mon Dieu ! que ton nom soit béni ! Tu m'as donc fait pour toi, pour toi, Etre immuable, Qui seul m'offre un bonheur parfait, invariable ; Animé, je le sens, par un souffle immortel, Tout mon bonheur n'est rien, s'il n'est pas éternel. Dans les objets créés, tout change, tout s'altère. Tout passe et je me vois étranger sur la terre. Nom, richesse, honneurs, l'instant m'a tout ravi.... Eu Dieu tout m'est rendu, si je suis tout à lui Jeunesse confiante, imprudenle et volage. Ivre des vains plaisirs qu'on poursuit à votre âge, De ces plaisirs trompeurs je ne suis point jaloux,

Et vos ris et vos jen.x passeront avec vous.

Grand Dieu ! s'il est un bien dont je prise les charmes,

S'il csi de vrais plaisirs, s'il est de douces larmes,

Tu nous les fais puiser au sein de l'amitié.

Ce sentiment si pur, si mal apprécié

Par celui qui n'aimant jamais que paur lui-même,

Ne voulant qu'être aimé, ne sait pas comme on aime ;

Maia lui-même après tout un véritable ami,

Ce don de la bonté peut m'ètre un jour ravi.

En vain est-il pour moi le trésor le plus rare ;

Il n'est rien ici-bas que la mort ne sépare.

Quelle ressource alors pour mon cœur éperdu!

Ah ! Dieu me resterait, quand j'aurais tout perdu;

Toi donc en qui je mets toute ma confiance,

Mon unique refuge et ma ferme espérance,

Si tu veux que j'éprouve un semblable malheur,

Par ta grâce, ô mon Dieu ! tempère ma douleur.

De ma soumission reçois l'entier hommage,

El qu'à jamais mon cœur soit à toi sans partage.

A quel titre il t'est dû ! combien il t'a coûté ; Tu m'as donné ton Fils, son sang m'a racheté. Ce Fils, mon Rédempteur, mon guide, mon modèle, Ami si généreux, ami le plus fidèle, Jaloux de mon bonheur, arbitre de mon sort. N'a vécu que pour nous, c'est pour nous qu'il est mort.

Oh ! de la charité quelle admirable école ! Sur nos autels encor tous les jours il s'immole. De sa propre substance il fait notre aliment ; S'abaisse jusqu'à nous, et n'en est que plus grand. De l'amour infini telle est la loi suprême ; Nous ayant faits pour lui , c'est en Dieu qu'il nous

aime.

Mon principe et ma fin, mon Sauveur et mon Dieu, Je te dois tout, de tout lu dois me tenir lieu. D'un père tel que toi, l'aimable Providence Veilla pour mon salut dès ma plus tendre enfance. Tu me vis chancelant et tu soutins mes pas ; Tu me vis infidèle et me tendis les bras. La pitié se mêlant à ta juste colère, Si tu me punissais, c'était toujours en père. Après tant de bpnlé, des cœurs reconnaissant»

Daigne accepter en moi le tribut et l'encens. Par ton Verbe toujours présent à ma mémoire, Je veux te rendre en tout louange, honneuret gloire, fju'attentif à le plaire à chaque inslanl du jour, De ma part respirer soit un acte d'amour.

Oh ! qui me donnera de mieux prouver encore. Ce que peut pour son Dieu le chrétien qui l'adore? Aidé de son secours et content de souffrir ; Il fait plus s'il le faut ; un chrétien sait mourir.

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