‹ Dahomé, Niger: Tonareg; récit de voyageChapitre 16 sur 53 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

encore plus chaud que celui de l'Afrique du nord, et qui ont su trouver et les cépages et les modes de vinification les plus convenables pour ce climat.

Enfin, il faut noter encore une race de petits chevaux rustiques et endiablés, à laquelle nous avons fait souvent appel pour les besoins de la côte occidentale d'Afrique. Deux d'entre eux nous ont gaiement promenés au grand galop, aux environs de la ville, à travers les villas qui s'étagent au penchant deë collines. Les mules aussi sont très estimées et, relativement, bon marché.

Je n'ai pas voulu quitter Las Palmas, sans voir la cathédrale, qui a grand air, et les casernes. Chacun a ses plaisirs ; un artiste aurait probablement préféré un musée, moi je voulais voir des soldats espagnols. J'avais dans la tête à leur sujet une vieille, idée, idée fausse, naturellement. Je m'attendais à trouver des guerriers chaussés d'espadrilles, jambes nerveuses et nues, têtes chevelues, coiflures et justaucorps à la diable, quelque chose de sombre, de sauvage et d'irrégulier, presque d'indiscipliné. Eh bien, il faut en rabattre. Ils ont — ceux du moins que j'ai vus ont — une tenue superbe et régulière, parfaitement régulière, propre, élégante et soignée. L'allure est virile et dégagée, point du tout traînante et déhanchée comme celle de notre jeune soldat quand il n'est pas encore dégrossi, ni raide comme celle du Prussien bourré d'étoupes et de coups de poing. Ces hommes sont — à en juger de l'extérieur, bien entendu — des modèles de fantassins. Je n'ai jamais été mieux puni.

ÎXXXn ilfrTRODUCTION

/que par ce renversemenlidetoutes mes idées précon- «gues, de la ^grossière erreur que je m^étais forgée si gratuitement moi-même. à'ieur sujet.

^Rentrons à bord ipour quelques jours- encore avant fd'apercevoir sla véritable Afrique, l'Afrique noire. Nous passerons lauparavailt^ar^des^hauls-fonds, qui, *è hauteur de la ibaie «du Lévrier, -signàleiit :1e banc «d'Arguin. C'est, paraît-il, connue fFemre-Neuve, un.de ^oes lieux de rendez-vous, loù les ^poissonB, pour t des «raisons inexplicables — duimoinson ne me lesajpas expliquées, — se rassemblent en quantités innombrables. 'Un^compagriie-s^estfmiSme formée ^pourexploiïter cette richesse rnaturelle. lUnifrère de M. Borelli, 9ules, l'explorateur du ^euve ©mo «et des Somalis, est venu s'inetdller «ur «cette^côte, où ila^passé deux •saisons 'entières de poche.

Il faut véritablement être du bois dont était fabriqué *Saint-Jean le 'Styllte, pour vivire Binei des imois en »plein tropique, ; au milieu du Sdhara, sans autre élément autour de «oi que le sable du désert et l'eau- de fla mer. Aussi un tel homme mérite-Wl d'être cru^à Tégàl d'un -saint. Voici «ce qu'il dit : Il est parfàitermeiit vrai qUUhya sur le îbanc d'Arguin du ^poisson, 'ët'd'excelleilt poisson, à profusion, (©nde prend très •facilement, mais les'moyens^deconservationtemployés •n'ont donné, peut-^ôtre à cause ^de ila 'température excessive, que des «produits ^exportables de qualité •relativement inférieure. La morue, par exemple, tétait îbrunie, au Ueu de rester blanche comme à Terre- Weuve.

INTRODUCTION XXXIU

On voit que ce n*est pas une condamnation sans appel. Peut-être verrons-nous plus tard, aux pénibles et meurtrières expéditions à Terjre-Neuve et en Islande, succéder de plus faciles et aussi productives récoltes de poisson au Banc d'Arguin.

Mais j'ai hâte d'arriver à Dakar,

Avril 1896.

DAHOMÉ

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