‹ Dahomé, Niger: Tonareg; récit de voyageChapitre 31 sur 53 · Fusil Lèbel · texte numérisé non relu

Fusil Lèbel

3. Ils étaient formée «n deus gFoupes, de la compacité et Ae llmportance d'une colonne de compagnie aux grandes manoeuvres, leurs boucliers en cuir placés jointivement et formant muraille au premier rang. Une cinquantaine d'irréguliers, armés tte javBlotB, «e 'tenaient en dehors du rang, dansant, hudant <et faisant des sauts ée carpes ou des sauts pédUeuK efioame des saltimbanques.

4. Arrivant au galop, le chef touareg campa son cheval À environ 50 mètres de nous et cria : « Allah, îlla Allah, ffloham-

med Rassoul Alla-Î^ssara • «<11 n*y a de ©ieu que iHea.

Mahomet .est son prophète; Nazaréen, mon père a détoidé (|u.'aujourd'hui tu reconnaîtrais le seul Dieu et que tu cesserais de vivre en chien et en kéffir. » Pendant qu'on me traduisait ce ptitil discours prononcé en petthl, 'le chef, peu confiant dans le succès «de son tndbassade ^ tle sa «omma^on, retournait ^ ma ttroo]^.

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leurs B(rnQ>es tombent à nos pieds sans avoir islessé personne.

* J'ouvre alors le feu. A la première liécharge, tous se jettoBt à terre, -se «couvrant 'de leurs botucliers de coiir, îafvec Tensemble d'une mano^vre concertée ^ puis ils cherchent à progresser dans cette attitude gênante. Obli^s de se disposer, vu d'étroitesse dîD champ ' d'attaque, 'Sar une .gicaniie profiondeur, ils offrent itm bilt très vulnérable. Au feout de ^ânq à six minutes, quelques forcenés rse lèvent encore pour danser sur leurs boucliers : mais peu à peu, les chefs, les guerriers cpai se signalent k courte portée po»r e*ntraî*»©r ies autre», tombent sous les coups des trois blancs, de Sédira «unrtoot, cpue j'y employais spécialement. Enfin, adirés visigt «ninutes de tir, les plus avancés Teculent et, dans une iDOQSculade générale, tous les fantassins dispacaissent. @uant aux cavaliers, TétFoitesse et Fâpreté du terrain »e leur permettaient d'agir qu'en odonne, le sort de fleurs (Camarades âne deisait pas laisser de les inipressionner, aussi furent-ils beauconpfphiB mous. Quelquesuns furent démontés, le» autres prirent la fuiite, à l'exeepilioQBi de leur oàef, qui viiït Lraiseotent, :tou4; seul, à Âa (fin, se feire tuer sur nous^.

d. (Les Toasoreg ne prenoent pas la position du combatiaiit aonché de la même manière que nous. Au lieu de s'agenxxuillôr, puis de s'accouder sur le sol, en allongeant tout le corps en avant, ils tombent brusquement à gauche en s'appuyan't sur leur bouclier et le rabattenit «ur eux.

A la distance où nous étions (50 mètres), cette masse d'hommes tombaint de côté, tes jatmbes en T>Biir, tious donna impression qire notre dé<!*mTge les avait ^tous twés.

Cette illusion, pour imbécile qu'eitte fût, car nous n'en <avi0fis pas touché quatre, fut pourtant ce qui nous sauTa, <ïar mes kommes Tassurés par le prodigieux efïèt de leur première sa'lve se mirent à tirer a^ec le plus grand sang-froid et la plus grande attention.

2. Ce '411s de Bonbakan* «était un >oli garçon, blanc oomme du laiit, aux attackes très Gnes : «on «bmcelet de poignard, que j'ai

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c Le terrain déblayé, nous nous félicitons tous du heureux hasard qui nous avait fait découvrir Tembuscade avant d*étre engagés dans les manœuvres de force nécessitées par le passage des roches. Nous avions évidemment obligé Fennemi à nous attaquer plus tôt qu'il ne Tavait d'abord décidé et cette circonstance qui l'avait forcé à livrer combat dans des conditions de terrain si défavorables, devait encore lui causer d'autres déboires. Les Touareg avaient en effet armé des pirogues pour transporter nos bagages après notre capture. Les bateliers, ignorant l'issue du combat, et croyant encore arriver en temps utile, apparurent en aval, au moment où, disséminés sur la rive, nous ramassions des armes et des boucliers. Ces malheureux, qui faisaient force de rames pour arriver sur nos embarcations, offraient, au milieu du fleuve, un but si visible et si vulnérable, qu'au bout de deux minutes, ceux qui n'étaient pas morts cherchèrent leur salut en sautant dans l'eau. Ils n'en furent pas moins, presque en totalité, tués ou pris.

« Enfin, lorsque nous n'eûmes plus personne autour de nous, je fis remonter les pirogues pour franchir la chute. Après avoir disposé les chargements sur la rive, nous transportâmes les pirogues à bras, dans le grand bief où nous étions rendus tous, sains et saufs, à une heure et demie. Le soir même, nous arrivions ici, où la nouvelle de notre engagement nous avait précédés, et avait produit une profonde impression*.

ramaâiSé après la lutte, est trop petit pour qu'un homme puisse y engager le poignet ; je n'ai trouvé que des femmes qui fussent capables d'y passer la main.

1. J'ai eu en rentrant en France la très rare bonne fortune de trouver ce qu'on ne rencontre presque jamais dans ces sortes d'engagement, c'est un compte rendu de l'attaque des Touareg, version de Vennemi.

Le capitaine Destenave, venu par le Sénégal et le Soudan • ■*' jusqu'à Dori, se trouvait là dans l'intérieur des terres

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c Quelques remarques s^imposent au sujet de cette rencontre. D'abord, il est certain que si les Touareg, au lieu de manifester à peu près sur place, s'étaient élancés sur nous, comme leur magnifique courage permettait à leur chef de le tenter, ils nous auraient tous tués ou pris, sans perdre plus d'une dizaine des leurs.

€ Il ne faudrait donc pas craindre, dans une guerre d'Europe où des détachements de force aussi inégale se trouveraient en présence, de foncer sur l'ennemi.

€ Il faut ensuite tenir compte du caractère spécial aux troupes noires que nous employons : les Sénégalais ne séparent point l'idée de combat de celle de capture. Ils ne combattent pas pour tuer, mais pour prendre. Aussi, lorsque la débandade des Touareg se produisit, la moitié de mes laptots s'élancèrent à leur poursuite. Cette folie spéciale qui porte dix hommes à courir isolé-

à cinq ou six jours de marche de Zinder. Il apprit qu'un parti de blancs remontait le Niger au nord de Saye, et persuadé faute de renseignements que ce ne pouvaient être que des Allemands, il demanda au roi de Dori de le renseigner sur leurs faits et gestes.

On lui amena le propre forgeron de Boubakar qui avait pris part à rengagement et le lui raconta ainsi :

« Boubakar ayant envoyé des émissaires au blanc apprit par eux qu'il avait une quantité de bagages ou de marchandises et résolut de s'en emparer.

« Nous n'avions nullement l'intention de tuer le blanc, mais seulement de l'effrayer pour lui prendre ses bagages. Alors nous nous réunîmes un grand nombre de guerriers et de cavaliers près de l'endroit où il devait amener ses pirogues.

« Au lieu d'aller de l'autre côté du fleuve c'est justement sur notre rive qu'il débarqua. Alors nous nous avançâmes contre lui, bien décidés pourtant à ne pas lui faire de mal. Mais avec nos guerriers se trouvaient un certain nombre de jeunes gens, inconsidérés et qui obéissaient mal. Ceux-là n'écoutèrent rien et se mirent à jeter leurs javelots sur les hommes du blanc.

« Alors il se mit à tirer sur nous avec des fusils dont les balles nous ont poursuivis pendant cinq jours. — C'est ce qui t'explique qu'il a pu passer malgré nous. »

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raent aprèsr^ deux cem^ autires, a déjài été la eatts^r ^ la perte totale du détachemeat Gommandé? par M. ilestr s&gaet de vs^&seaa Auite'.

c H importe ée: prérmiir k retour de sembkiMes aecih denfis, soit par dfts inslrncttons, soit par une exaet& disoiplinfiî.

c J^ai p% heureusement, ret»mr ks quinze homiiies qni étaient de mon c6té, et, les< faisiant mettre à gesouK, les déteamriaer ainsi à poursuivre rénnemi- av^ee leâiss feux et. non ae^ee leurs jàinèes.

€ Le tir continua donc, ârappant daoïs le tas aussi bient les: pisufTSuivants cpie lèsÈ fiiyiardsw. L'adjudant Dous^ se mea&ra eneoj^ dana eette. circonstance ce que je le oonnads depuis neui ans. Se précipitant, avee: toute lai vigneuii et Tagilité dfitnt il. dispose^ ea avant même des^ laptorts mélangési auK.Touamg eb entraîniéâ pam leur fanatisme à une mort certaine, il leur fait face, frappe les uns, menace les autres et finit par les ramener à leur rang, restant ainsi pendant plusieurs minutes au milieu, même de Uennemi, et sous notre propre feu.

< Sa conduite pendant ces derniers jours, œa deh«irs{ même du combat, mériterait d'être signalée. J'étaismalade d'une dysenterie à accès qui, d'origine évidemment paludéenne, me prenait surtout le matin. L'adjudant devait alors nie remplfeieer diams les palabres avea les Touareg. Certain, comme il l'était, que toutes leurs invitations n'étaient que des guets-apens, il n'y allait pas moins sans arme, ni escorte, et il a dû leur inspirer à tous cette salutaire pensée* que, moi mxirt, ils tixiuveraient encore à qui parfer.

€ Tout le personnel s'est d^ailTeurs, à part la fugue de& laptots, très bien compoirté. Sédira a été remarquable d)e 9ang-fW>id et de précisibw. Les Dahoméens^ sont toujours les admirables soldats qu'a révélés leur défense, au point de vue de la conduite, de l'a tenue, de la discipline, de l'endurance et du eouraga personofil.

c hjs capport que je vous en ai Ml aw anjet des sspides de Bousea^a dH vous édifier à'^e^or sujet.

c Armés d'um fusil riidieule- poifp notre temp&, ilë diéehiraient la cartoudia eomuïe les grenadiers de l'an. VlII, pépétanli à ekaque* déehçirge en guise d^ veÊraim : « Fusils finançais y a<]bomçHt v^; ce qni est vrçii', c'est que les tireurs valaient mieux que les fusils *.

< J'ai trouvé ici l'erganfsatioiK sociale dont j'ai déjà eu l'honneur de vous- enlk^etenar : le chef de Ziwder est un Poullo dégénéré. Il est d'ailleurs san» autorité sur ses concitoyens sonnera yes,, qui constituent la masse de la population.

• Tous nou& ap|K>rtenÉ à* Fesrvsi des Tf^es de toute nature, et j'ai, dès maintenant, ce qui me serait nécessaire pour descendre sans tarder jusqu'à la côte. J'écris au commandant de Tombouctou pour l'informer de* ce fait^ hié faire connaître que je n'ai plus d'intérêt à remonter jusqu^à son poste, et (jue je me contente dte poursuivre encore quelques jours pour accentuer l'effet moral, produit pas notre succès d'hier. Je l'informe en omtre de la> trahison de Boubakar.

« Bien que M. lé colonel Jofifre m'ait dit avoir reçu la soumission des gens de Gogo et q^ue, par conséquent,

1. Les gros fusils à piston, dennaisnt im tin fort lent, mais en revanche Us abattaient leur homme. Les 200 coiups qui ont été tirés par les Dahoméens ont jeté bas plus de monde que le» dëOê- cartouches tirées par les laptots- afveo leurs armes perfectionnées^

La balle du dernier modèle, qui tcansperce tout ce qu'elle frappe, ne produit pas sur le oonÙMbttant le môme effet de cojnmotion foudroyante que le gros projectile de la campagne de Grimée et dltalie.

L'homme est blessé, blessé mortellenient parfois,, il n'eu continue pas moins, pour peu qu'il ait de nerf, à combattre ou à marcher en avant ou en arrière.

Le relevé de ces effets du tir a été communiqué à M. le docteiMT Delocme, professeur de blessures de guerre, au Val-de- (kâce..

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il n'existe plus au-dessus d'ici de ville importante qui ne nous connaisse, j'estime qu'il m'est moralement impossible de commencer à redescendre le lendemain même du jour où j'ai rencontré les Touareg. Il est certain que ceux-ci se prévaudraient de mon mouvement de descente pour déclarer à tous qu'ils me l'ont imposé.

€ Les gens de Boubakar vont et viennent autour de Zinder et entrent même en ville où ils sont réellement maîtres de tout et de tous *.

i. Ces allées et venues de Touareg dans la ville n'étaient pas sans m^inquiéter.

Le soir de mon arrivée, accueilli en vainqueur et en libérateur, je pouvais faire à Zinder tout ce que je voulais, mais je commis la faute — ainsi que je le sus plus tard — de ne pas punir tout de suite ceux des gens de Zinder qui avaient assisté Boubakar dans son coup de main contre moi.

Cette impunité enhardit certains d'entre eux au point qu'on toléra petit à petit l'accès dans la ville de quelques Touareg.

Divers incidents me montrèrent quelles inOuences ils y avaient conservées.

Pendant la nuit qui suivit notre arrivée, le roi m'envoya dire de me bien garder, car il répondait de ses sujets et non des autres. Il avait donné l'ordre que personne ne passât par notre camp après le coucher du soleil et peu après que le crieur public eut fait connaître cet avis, j'étais prévenu que quiconque se présenterait serait un ennemi.

Vers minuit, un de mes factionnaires tira un coup de feu sur un homme qui, s'avançant le long de la berge, avait voulu s'introduire près de nos prisonniers.

A la pointe du jour on m'informait qu'on venait de retrouver le cadavre de ce noir. C'était un des enfants du roi.

Pendant que je courais chez ce dernier pour lui dire combien j'étais désolé, on apprenait que ce jeune homme, ignorant ou méprisant les instructions de son père, avait quitté la maison au milieu de la nuit pour un rendez-vous galant et, afin d'éviter d'être rencontré, avait pris par le terrain vague où nous étions campés. — Le roi me dit simplement : •> Dieu me l'a donné, il me le reprend. C'est sa faute et non la tienne. »

Aussitôt rentré je réunis les laptots et leur exprimai mon mécontentement de cette méprise : sans doute il était prescrit de tirer sur quiconque voulait forcer le camp; mais il fallait

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c Je continuerai donc à remonter jusqu'à ce que je n'en rencontre plus aucun et qu'il soit notoire pour tous, Touareg, Foulbés et Sonnerayes, que j'ai traversé le territoire soumis à Boubakar sans qu'il lui ait été possible de s'y opposer efficacement. Lorsque cette démonstration sera faite, et alors seulement, je commencerai à descendre, et me dirigerai sur Ouari, branche occidentale du delta du Niger.

c En vous notifiant dès maintenant par télégramme l'intention où je suis d'arriver à la mer par le rio Forcados, j'ai pour but de vous permettre d'envoyer audevant de moi, le cas échéant, une embarcation ou un bâtiment battant notre pavillon. Il se peut en effet qu'à la suite d'incidents de toute nature (qui se reproduiront

être aveugle pour confondre avec un Touareg ce noir inoffensif. Ce n'était point parce que, la veille, nous avions dû tirer des coups de fusif, une raison pour massacrer les gens paisibles.

Cette semonce terminée, ils se dispersaient lorsqu'un nouvel et affligeant spectacle s'offrit à nous. Un beau mulet arrivait dans notre campement porteur d'une blessure horrible. Il était littéralement fendu d'un coup de sabre depuis l'épaule jusqu'à la queue. Pensant que c'était là un nouveau méfait de mes hommes, je les rappelle à la hâte et, leur reprochant amèrement une pareille brutalité, je leur donne cinq minutes pour m'en livrer l'auteur.

A leur mine déconfite et ahurie, je vis qu'ils n'y comprenaient goutte. Le délai n'était pas écoulé que Boubakar Mody venait à moi et d'un ton pénétré : « Commandant, c'est pas laptot qui faire ça ; n'a pas moyen laptot faire comme ça. » — En même temps un nommé El Hadj Ali, qui me servait d'interprète, et un Peuhl, factotum du roi, arrivaient près de moi et me racontaient l'incident suivant :

« Un Touareg vient de se présenter sur la place, il a dit qu'il n'était pas content de voir que nous te traitions en ami, et il a terminé son discours en donnant un grand coup de sabre à un mulet qui passait et en disant : « Voilà comme nous ferons à « Mandan et à tous ceux qui sont ses amis. »

« Et vous l'avez laissé partir?... — Sans doute, il était trop furieux et aurait fait mal à ceux qui l'auraient approché. »

De nombreux témoins me confirmèrent la scène, elle n'en resta

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tant que la Boyal Niger n^aiiEa pas été mifie à laraisoa), les autorités qui la représenijeat entre Lokodja et la mer me reçoivent aflses froôdemenL

€ Je suis outillé pour me dispenser de leur concours : mais je serais humilié, et partie de cette humiliation, retomberait sur mon pays, si, parvaiu à la côte, j'étais obligé d'avoir recours à leurs bons offîces pour gagnen la haute mer.

c L'état d'esprit ô)e la Compagnie s«ra d'ailleurs connu en France avant que je puisse- lé soupçonner. Cet éia* d'esprit dépendant de nos relations diplomatiques avec PAngleterre, vous l'apprécierez bien mieux que je ne serai en état dte le faire moi-môme' sur les lieux. Si les agents anglais jugemt^ pPus^ digne de faire contre mau^

pas moins inconcevable pour- nous, et oir ne peut guère- si'inra»giner un étranger venant sur une plaee public^ue, dans un«; grande ville, se livrer à une pareille boucherie, proférer dte tellaS' menaces à l'adresse dfes habitants et se retirant? impuni.

Le soir du deuxième jour un autre incident se produisit.

J'étais allé chez le roi demander un échange de pirogiws, et j© me trouvais depuis trois quarts d'heure tout seul cher lui avec* Suleyman et El Hadj Ali, lorsque Suleyman qui regardait dans' la cour me dît : « Commandant^ il y a plus de cent cinquante; hommes en armes dans la cour par où nous sommes entuési • Gomme, depuis notre arrivée, aucun Sonneraye ne^ se promenait plus avec sa lance, il ne fkllait pas douter du caractère touareg et menaçant de cette manifestation.

M'adressant au roi, je lui reprochai sévèrement de permettre i des gens de son entourage de suivre les modes touaregi Ainsi un jeune homme qpi était parmi les assistants avait un poignard engagé dans son bracelet. « Est-ce un Sonneraye ou un Ibuareg? Si c*est un Sonneraye — comme tu le dis, — ne sent-il pas qu^ii' me fait un affront en portant son arnïe comme le font des gens qui m'ont attaqué il y a trois jours? Va donc, Suleyman, et enlève*lui son poignard, et si j'en rencontre d'autres en cette= tenue, j» ne me contenterai pas de leur enlever leur arme! »

Suleyman se rendait auprès du jeune courtisan, éperdti, et procédait à son désarmement : ce fut très long, car les poignards de bracelet sont ajustés très serrés. Pendant ce temps je oontih nuais mes récriminations : « Croye&vous que je tolérerai pitis

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vaise fortune bonne figure, et manifestent leur résignation en m'accueillant comme il convient, il n'y aura plus lieu (Je prendre la précaution dont je viens de parler.

€ Veuillez agréer, etc. »

longtemps que vous restiez le visage voilé, comme les Touareg? Vous vous imaginez peut-être suivre la loi du Prophète-. C'est tout le contraire. Il a voulu, que; la. femme fût voilée parce qu'elle est la perdition du genre Humain, mais Phomme doit parler à visage découvert; seuls les Touareg se cachent parce qu'ils veulent mentir et ont peur d'être reconnus. Osez-vous faire- ctraHne^eux devant moif»

On traduisait ces mots,, lorsque, impatienté de la lenteur de Suleyman, je me levai brusquement, bousculai' ceux: qui me séparaient de l'homme au poignard et lui arrachai sans précaution son arme que je remis à Suleyman.

Otiaiid' je me retournai, tous les voilés étaient tombés, les hommes se tenaient devant moi, face nue.

Sëdlra accourait à ce moment, tout essoufflé, venant dir camp :: * Mon capitaine, il y a plus de quinze cents hommes armés dan» les rues d^ci au camp. »

Il n'y avait pas un instant k perdVe pour- profiter de nos avantages. MTe tournant vers^ le roi; je lui dis : •« A présent que tu t'es montré a moi le visage découvert, viien» m'accompagner k ma maison pour montrer à tau peuplé' que toi et te» serviteurs vous ne vous cachez plus comme des Touareg. »

Vingt minutes après nous étions tous de' retour au camp : Nous n'avions pas rencontré, ni dans* lia cour dhroi, ni dans le» rues, un seul lancier.

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