‹ Dahomé, Niger: Tonareg; récit de voyageChapitre 33 sur 53 · J'avais payé le grain 2 francs l'hectolitre · texte numérisé non relu

J'avais payé le grain 2 francs l'hectolitre

2. Essayer de faire de l'hydrographie en temps de hautes eaux est peine perdue. Ainsi les frères Lander qui ont descendli avec \s crue les rapides de Boussa se sont si peu doutés de leurexistence qu'ils les ont placés presque entièrement an-dessus-die Btrassa.

Gela tient à ce qu'ils- avaient revionté au^fessus de BOussa amc basses eaux, ils y avaient trouvé le cours d\i> fleuve encombré de roches et de cascades : lorsqu'ils descendirent de Boussa à là mer, ils ne virent plus rien; il y avait 8 à 15 mètres d'eau pan*tout.

n/asmiB tenu à franchir lie terrain de paroenics! da Boijubakar.

« C'est que, non seulement le courant moyen s'est affaibli et le âeu>ye n'ofïre plus qu^une série de cascades séparées par des biefs d'eau, presque dormante, mais, même dans ces biefs, il nous faut SMivre dest sinuosités tîTès aceentuées pour tpouvefl-da- fond.

• FoBce est donc de pousser, de pousser beaucoup, pour avancer, en somme, assez lentement. C'est une désillusion pour mon personnel)», auquel, ducaut le code tasttvail de la^ montée, j'avais sans- cesse promis: les joies de la descente sur un fleuve rapide^ et profond.

c Pnofondeur et rapidité nif'oni surtout fait défaut, lonsque j'ai dû franchir à nouvean, à: Tiasue de Zindeir, les passe» où m'attendait Boubakar.

«tQue jîaie pu passer qiuand. même vous démontmna, monsieur le Ministre, avec plus d'ampleur encore^ la vérité: de ce que je vous affirmais à mon dépact, à savoir qiu'une troupe un peu vigilanten'a rien à craindre d'ennemis mal armés lorsqu!eHe circule sur un fleuve de l'importance du Niger-

c Je n'étais plus, en effet, comme en montant, suseep* table d'être enlevé par trahison. Je savais-, à n'en pas douter, que Boubakar ne pouvait me: pardonner, ni la mort de son fils, ni la perte des guerriers qu'il avait diacgés de: son embuscade du. 5.

€ Il lui avait été loisible^, de son côté, de rassembler pendant sept jours tioul. le personnel qui lui obéit. J'avais rencontré des cavaliers se rendant à. son appel avec leur contingent de feintassins et formait de' petits groupes échelounést sur plus de 40^ kilomètres.

€ Lui était préparé, moi j'étais pnévenu, chacun de nous deux allait donc pouvoir jouer serré en attendant le jouB oui lion abattrait les cartes.

< Ma crainte était surtout d'être attaqué par des pirogues; la batellerie Légère est, en. effet très développée

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dans toute la région et il était très facile à Boubakar de réunir cent cinquante embarcations. Entourés comme nous pouvions Fêtre par un essaim semblable, obligés de tirer tout en pagayant, nous n'aurions pu obtenir de notre feu aucun effet moral appréciable, et eussions certainement été enlevés.

€ Pour me garantir de mon mieux contre ce danger, je fis faire à mon personnel une série d'exercices préparatoires consistant à amarrer nos huit pirogues deux par deux et trois par trois de front, de façon que je n'eusse, en dehors de mon embarcation, à commander qu'à deux patrons au lieu de sept.

€ Ainsi jumelées, les pirogues n'avaient plus que de très faibles mouvements transversaux. Tandis qu'une pirogue isolée roule tellement qu'on peut à peine y tenir debout, la plate-forme constituée par trois embarcations était assez stable pour permettre de tirer. Un seul homme pouvait au besoin la diriger pendant que tous les autres devenaient disponibles pour combattre. Enfin, j'appris aux hommes à venir rapidement se grouper de façon que les huit pirogues ne formassent plus qu'un seul bloc.

€ Nous fabriquions des cartouches pour les fusils à piston de nos Dahoméens et pour nos fusils de chasse. Je répartissais nos paquets de chargeurs * entre les tireurs de mousqueton ; enfin, nous naviguions dans un ordre aussi serré que possible.

€ Toutes ces dispositions avaient aussi leur valeur pour le cas où l'ennemi nous attaquerait sans se mettre à l'eau, du haut des rives encaissant ou divisant le fleuve.

€ Ainsi préparés, nous arrivions à Zinder vers quatre heures du soir; la ville était littéralement bondée de Touareg en armes. Le roi m'envoyait dire cependant par son interprète et homme de confiance, qu'il m'of-

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