INTRODUCTION VU
à une compagnie à charte, cette maison de commerce organise généralement Tindustrie de Texf^orateur comme une machine à traiter à petits frais et à grand rendement. L'agence remet à son envoyé des liasses de traités tout imprimés, il n'aura qu'à signer pour son compte, et si la haute partie contractante adverse ne sait pas signer, à signer pour elle» Comme, en pays nègre, ce dernier cas se présente neuf fois sur dix, la signature d'un traité ne donne lieu à aucune lenteur, à aucune hésitation, et pratiquement, au retour, le voyageur rapporte des traités conclus avec tous les chefs des villages où il s'est arrêté. Il a poussé le plus souvent la condescendance ou l'effort jusqu'à entrer en conversation avec ces malheureux, et même à leur demander leur nom. Mais s'il a omis ce dernier détail, c'est un vice de forme qu'on serait mal venu de critiquer.
Le texte de ces traités varie peu, sauf toutefois dans le préambule. Ainsi on fait ressortir que la convention est passée, tantôt au nom de Dieu tout-puissant, tantôt au nom de la Sainte Trinité, ou au nom de la Reine, ou plus simplement : « afin d'améliorer la condition d'un peuple bien-aimé ». Quant au corps du traité, il est toujours le même : le roi nègre donne tout ce dont il dispose et même davantage, en revanche la Compagnie le prend sous sa protection, et lui garantit le reste — s'il est bien sage, et si d'ailleurs, l'éloignement des protégés permet à la protection de s'efiTectuer efficacement et avantageusement pour le protecteur.
^ni INTOODUCTIOK
De rensemble de ces traités il résulte que le territoire traversé pur l%nw^, «ur^une largeur yuriaUt é droite età gaucfaeile son itinëràire eritre^OO^et^OO kilomètres — suivant réiifaélle de la carte employée par les négociateurs, — ise trouveprivé de'tous'ses droits politiques naturels. Si le voyageur est au ^etrvice d'un État européen, sa patrie a acquis ainsi des droits politiques; s'il edt au service d'une compagnie, celleci va être pourvue d^une série de 'titres de propriété sur les hommes et sur les éhoses du pays exploré.
La règle qui s- est établie eiitre les cabinets -deuropéens eàt que ces droits sont presque absolus quand le voyageur est seiil à avoir 'traité.
La question devient moins simple, lorsque deux ou plusieurs traités différents ou contraires sont appottés en conTérence par les {ilénipôteiltiaires iiitéressés.
Ou bien il faut respecter la fiction d'un traité i librement conseiiti par iles deux parties, et alors c'est le dernier en date qui, suivant 'la logique et la Tègle g>-!népale, doit prévaloir; ou 'bien "on oubliera cette 'fiction et on en créera une autre : c^est que^traité vaut occupation, et que les droits étant nu premier occupant, ils doivent être en vertu du môme principe, au premiertraitant.
Enfin on a ^vUj'à la suite de voyages exécutés »par des Européens de nationalités diverses dans des pays * très rapprochés, rappoiTter des 'traités concernant des territoires qui s'emihevôtrent. C'est encore à la diplomatie à débrouiller Tédieveau' des droits qui peuvent en résulter.
IK^KiODUCmW IX
Dans tous les easles conséquences que 1^ lÉtate » européens tireiit jdu passogexd'un de leurs nationaux dans des territoire disponibles, tei^érées ou mni, *sont jnsqu^ici priées (en<eonsidémtion pariteurseon- <curpents eux-mênies. Elles i fournissent » un 'nouveau anode d'acquisition de territorres qui a, tpour lie rmoment, une certaine 'valeur pratiquent dontâl-convient de tenir compte.
G'est qu'en effet lie besoin d^^essaimer au dehors est une des nécessités des;Tiations tpii se développent. 'On n'a;pa6'besoin ttapprofondir Ffaiiatoire dei'Europe jdansles trois derniers sièclesi pour s'apercevoir i que les peuple&entrent(en(état<d/expansiDn' coloniale, aussitôt queieurs frontières, momenianémentiôxées.à la suite d'une guerre européenne ou pour toute autre cause, "ne leur permôtteilt 'phis «de 'chercher à s'agrandir aux dépens de leurs 'Vjokins. Après les traités de i8î^, c^est 'la ^France qui -s'épanche en Algérie, tandis * que les autres peuples ^«o^t en i proie : au travail deleur^nationalité naissailte. A »peine ces »n€ltranàlite soiit-elles constituées, quesTItâlie, l'Alle- > magne ^lle+mtême xiberchent au delà des ?mers des f territoires' notnreaux. Nous aussi, depuis qu'une» trêve nous oblige "àirespecterpouT'un'tempSjà l'égal d'uwe frontière 'naturelle, 'la 'ligne de poteaux. qui traverse le nord^eét de notre ^pays, nous avons -satisfait à 'Cette loi générale, -en prenant possession * de nos superbes donsdines de ' nndo*Ghine ^et des immenses territoires du "Soudan.
Mais vc^àt rAngléterre, qui «a ses ^frontières "eure-