MAIS
Le maïs est cultivé sur une grande échelle dans toute la coloaie ; il entre pour une grande part dans l'alimentation des indigènes.
Les récoltes sont, sauf rares exceptions, toujours abondantes, lorsque les sauterelles ne dévorent pas les plantations.
On cultive le maïs blanc, le maïs jaune et le maïs rouge vif, assez rare.
Les semis se font en mars, avril et octobre. Les récoltes ont lieu en juin, juillet, déconibre et janvier. Chaque tige, haute (le plus de six pieds, porte deux épis fort beaux, parfois même trois ou quatre.
PRODCCnONS DU DAHOMEY 381
En général le maïs se conserve mal et les insectes Tenva- Ussent rapidement ; cela tient sans doute à ce que la récolte se lait avant complète maturité. Pour l'exportation en Europe, il est donc préférable de le laisser sécher sur pied.
La valeur courante du maïs est de 4 à 5 francs les 100 kilo^ammes.
Autrefois les noirs distillaient succinctement le grain pour en tirer une eau-de-vie de qualité inférieure, mais ils préfèrent aujourd'hui consommer les alcools européens qui s'acquièrent à bon marché.
Mais on fait aussi du vin de maïs. Après avoir laissé fermenter les épis pendant quatre jours dans Veau, afin d'activer la sortie des germes, on jette les graines dans un mortier et Ton réduit le tout en ime pâte fine. Cette pâte, fortement étendue d'eau, est soumise à ime ébuUition de cinq à six heures. On laisse ensuite refroidir le liquide pendant deux jours et Ton obtient ainsi du vin de maïs, boisson piquante et rafraîchissante. Ce vin se conserve, au plus, une semaine et se transforme ensuite en vinaigre.
La culture du maïs Cuzco paraît très bien convenir au Dahomey et mérite d'être essayée. Cette céréale sert à l'aliroentation du bétail et des chevaux ; la féculerie ainsi que la distillerie l'utilisent.
MAMOC
C'est un arbuste de 1 à 3 mètres, dont les tubercules fournissent, après une préparation spéciale, une fécule comestible qui est une des bases de la nourriture indigène.
Sa racine est allongée, tuberculeuse, féculente, à suc l.'ûtcux vénéneux. La culture de cette plante est très simple. Après avoir préparé la terre, on coupe la tige du manioc par moi
ceaux de 20 centimètres environ, que Ton plante à la distance d'un pas les uns des autres.
C'est une culture qui donne à peu de frais d'excellents produits ; la plante est d'ailleurs très résistante, et les sauterelles qui dévorent quelquefois le maïs laissent toujours le manioc intact.
Les boutures se plantent en mars et avril ; la récolte a lieu en septembre.
La farine de manioc coûte actuellement 0 fr. iO le kilogramme.
Depuis quelques années la consommation du manioc est toujours croissante au détriment du maïs. En développant ce produit, il sera possible d'arriver, dans Tavenir, à l'exploiter commercialement sous forme de tapioca.