INDUSTRIELLES ET CULTURES COMESTIBLES
Dans les forets inextricables du Dahomey, à la végétation luxuriante, à la brousse impénétrable, aux fourrés coupés de lianes tortueuses et sillonnées de sentiers conduisant aux villages voisins, on rencontre des arbres de toutes familles et de toutes grandeurs, parmi lesquels il faut citer encore :
Le baobab dont le diamètre du tronc atteint de gigantesques proportions ; la pulpe de son fruit séchée ressemble à de la farine et remplace la quinine dont elle n'a pas le goût désagréable. Elle est acidulée et rafraîchissante, aussi est-elle préférée pour combattre les lièvres paludéennes. Une infusion de sa feuille arrête la transpiration et sert de condiment
' dans lu nourriture ; le fromager ou bombax à laine, Irè
ombreux ; le ilrnfjonnier^ dont on extrait un purgatif ou u r astringent, selon que Ion y ajoute ou non un mélange d
vallisnérie.
Le rhHt\ le rocco; le tamarinier géant.
Le jacquier ou arbre à pain, dont il existe deux variétés 1 le fruit de Tune est rond et pèse un kilogramme, celui d
l'autre est oblong et atteint jusqu'à 8 kilogrammes. Cuit a four ou sous la cendre, la masse farineuse du fruit se mang comme du pain. Les libres de ce végétal offrent une grand résistance comme matière textile.
\J eucalyptus, i\\x\ atteint rapidement? à 8 mètres de hautei s'il est planté par bouture dans un endroit humide et légi rement ombnigé.
Divers acacias, dont le flamhoyant aux fleurs d'un roug vif, V acacia mellifera aux lleurs comestibles; le robiniei l'acacia gommier, etc. ; le raphia qui sert à faire des meubk légers et j)roduit une licpieur que les indigènes appeller le vin de Boudou ; c'est aussi une plante textile.
La sccuritlacH htruiipeduncubita avec les libres de Uujuell les indigènes font des tilets de pèche d'une résistance élor nanle; le (jnrdmin Jnvi.n tnumilis^ arbuste de 2 à 3 mètri (le hauteur, dont le nom vient <le ce (jue les indigènes placei ses rameaux au sommet de leurs cases pour conjurer 1 foudre.
l)cs r////(vV//v//.v.
Des (jniïnL'icfi,
Le sisscri' en huigiie dahoméi'nne , ar])uste dont le fru est mie baie de hi grosseur d'une olive et (|ui possède un pul[)c blanche et sucrée, très agréable à manger:
Le f/ornljo ou Li/ire ou I,rf/))i(\ clonl les ciipsules sont cor sommées dans l'iilimeiilalion et dont les libres servent à I fabrication des liens.
Le cochlospernmm angolcnse dont les filaments servent aussi aux indigènes à faire des liens.
La morinda citrifolia, petit arbre qui donne une teinture de couleur safran et dont le fruit, cuit sous la cendre, est employé contre la dysenterie, contre l'asthme et comme ver- . mifuge, etc.
La siniarouba^ arbre dont Técorce est employée en médecine.
A Tombre des forêts, croissent des euphorbes résinifères et des euphorbes ipécacuanha^ dont la racine est employée comme vomitif.
Des orchidées,
Des dracaenas,
Des papayers aux fruits très estimés rappelant un peu le melon ; les graines pimentées et astringentes offrent le goût de la capucine ; des cotonniers dont plusieurs variétés à Tétat sauvage sont utilisées dans l'industrie textile et comme médicament ; leurs graines oléagineuses servent à dés frictions et leurs feuilles émollientes sont employées fréquemment dans la thérapeutique.
La syniphonia (jlohulifera, dont la sève désinfectante remplace dans le pays notre acide phénique.
\.ochrocarpus africanus qui atteint jusqu'à 50 pieds de hauteur ; son fruit qui est mangé dans certains pays est considéré comme vénéneux dans d'autres.
La lophira alata dont l'huile sert à la toilette des femmes indigènes et aux préparations culinaires ; sa noix sculptée est un ornement recherché.
Les balisiers dont il existe plusieurs variétés et dont les graines peuvent servir de plomb de chasse en raison de leur dureté ; on en tire aussi une belle couleur pourpre ; le cactiernopal sur lequel pourrait vivre la cochenille si on voulait racclimaterau Dahomev.
Le cossoué qui donne une sorte de gomme laque.
h'alisin dolopouc des indigènes, arbre amer, sorte de quinquina; les bananicrSy de plusieurs espèces, qui donnent la banane-figue, la banane ordinaire, la banane-pomme, la banane rouge, la banane de San-Thomc, la meilleure de toutes, et la banane-cochon qui ne se mange que cuite.
Comme arbres fruitiers le Dahomey possède aussi les manguiers ou mangots non greffés qui poussent sans culture, les citronniers et les orangers avec les fruits desquels on fait xine liqueur assez agréable.
Les goyaviers^ les cocotiers^ les corossoliers^ les pommiers acajou, aux fruits acides; à leur base se trouve une amande en forme de haricot qui se mange rôtie, car crue le suc caustique qu'elle contient fait enfler douloureusement les lèvres et la langue. Ce suc carie en outre les dents qu'il fait tomber ; ses taches sont indélébiles et il peut remplacer Tencre.
h'avocatier ou poirier-ai'ocat, dont le fruit est très bon si on sait raccommoder.
Le figuier il Inde aux fruits de médiocre qualité.
Le muscndier, dont le fruit gros comme un pois est utilisé comme muscade.
Ijananns sauvngo très abondant, mais peu savoureux, fibreux et sec.
Le nr/lier^ les prunici\'i do plugc. dans les buissons de la cote ; ils donnent des petits fruits violets sans «j^oiit ni saveur.
Les seules plantes comestibles cultivées par les indigènes dans les elairières ou autour de leurs habitations pour les besoins seuls de lein* alimentation sont : le maïs, le manioc^ le chou-colza, li(/nanu\ la jtalalc douce qui a le goût d'une pomme de t(.*rre légèrement suerée, le inillct ou tnil ou sorgho^ le panicaut, la canne à sucre, \ arachide ou pistache de terre vulgairement appelée cacaliuette, et le haricot n(ûr.
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sur les marchés anglais, le /'t'not;; . 1 i- '.f *i :**•;'• m •.-•«-??-
1 oscille (/e Gw//i(»V, plante tonique ii:»Tr/^-r t' ri^n-.i-Jiis-ïÉUit*.
le ]imenli7 et plusieurs espèces d-r m..- "-..c til v »u""ii:t*^i
<livers éléments à Talimentation : î- -.:•'■" j.ii: j-^ î-uu*.
semblables au poivre, sont aussi «rriij'l .-- r-» .■l'n.-rij': :• niLlmi-ac.
I)espe///.î oif/nons.
Le /aro. etc.
Les autres plantes que Ion tr''»u\':r *:r-. ■:- ii I»-è*:ii:axe7 ^^^^ '.V Hibiscus abelnioscbus qui pr-nluit un JTis p^^rfome. remplai^ant le musc animal, et réputé l'antidote de la morsure ^^ la cobra di capello.
Le cissampelos vauffelu est un diurétique très etiicace. c'est ^^e petite plante assez commune dans les lieux ombragés.
^tirgemone à (leurs jaunes qui, séchées et pulvérisées. senent de vomitif.
Le chéUfJoinc u fleurs jaunes, dont le suc caustique sert à la aeslruclion des verrues.
*-a Jtommp-cHnnelle qui sert à faire des cataplasmes pour guérir les lumi-urs.
La iunnine de croroflUe dont on fait des infusions pour 1;^
toux.
^-^- ChrfiWjl qui *.-st un antispasmodiqu»r. ^^ 'i^uvafj^'xiH 'Tf'rfn einplovée pour so.;;^!;^.' -*'^ •,;/. -i ' •^•^ "' 'jy 0 '' fi '-/ rojjfiLit jtf. 7} t iip h 1/ lin q u: . y*- i>
lante, sert d'astringent ; la cratoera religiosa dont on fait séjourner la tige dans une huile qui sert à frictionner les parties atteintes de douleurs ou de rhumatismes.
Le bois de campèche^ Y indigo^ assez commim dans les Popos. Vorseille peu répandue et très recherchée pour la teinture indigène ; V hibiscus splcndens, aux (leurs jaunes ou rouges, qui, frottées sur les chaussures, produisent par leur jus un vernis noir et luisant qui remplace le cirage.
Le nasturtium humifiscum qui se mange comme le cresson et qui est en certains endroits Tunique nourriture du bétail.
La cardamine ou langue de vache que les Européens mangent crue et les noirs cuite.
Le tamier^ très commun.
Le papyrus qui existe en grande quantité sur le bord des lagunes de TEst.
Le sésame, plante herbacée dont les graines fournissent une huile employée surtout dans la fabrication des savons.
La fève de Calabar^ dont le port ressemble à celui du haricot et dont la gousse atteint jus(ju'à 17 centimètres de longueur ; c'est une plante vénéneuse très énergicjue, que les médecins utilisent pour faire contracter la pupille, pour combattre le tétanos et j;-uérir certaines névralgies.
Comme ileurs, on trouve, suivant les régions :
La scabieusc,
La viiUisnérir à spirale et la nwrcnr, très nombreuses dans les marécages.
La ment lie sauvaf/c^
Plusieurs i^iricfcs de mimosas,
La ntauve commune, très a])()ndanle, dont la racine est prise par les indigènes en infusion pour combattre la fièvre.
Les ueiiupliars jaune^ bleu ou blatu\
Le Ifffus, dont la racine crue est mangée par les pécheurs.
Le lierre grimpant^
Les coquelicots^
La renoncule (T Afrique que Ton fait brûler pour tuer les moustiques,
La clématite^ dont le suc caustique sert de remède contre les maux de dents,
La verveine à bouquets^
La bruyère arborescente et la bruyère éclatante^
V! herbe de Guinée, forte comme notre paille éi haute de deux mètres et plus,
h^acanthc molle^ assez commune,
V! amarante géante, très fréquente dans le nord,
La grande pervenche,
Le laurier d'Inde,
Le laurier-cannelle, ' Le laurier- rose,
Uacorus ou jonc odorant ou encore lis des marais, dont le rhizome est utilisé en parfumerie.
Les bignones ou bignonia, plantes grimpantes aux belles fleurs diversement nuancées,
Le myosotis, la pâquerette, la bourrache, si appréciée pour les affections pectorales,
Enfin, pour terminer, \ ivraie, Y herbe puante, des mousses, des lichens, des champignons, etc.
On voit, par ce qui précède, que la flore du Dahomey est très riche et très variée, surtout dans l'intérieur du pays où la végétation est très dense. Mais cette flore est encore susceptible d'être augmentée par Tacclimatation d'une grande partie de nos cultures.
Ainsi dans le sud du Bénin, autour des villes habitées depuis longtemps par les Européens, se trouvent quelques jardins contenant la plupart des légumes d'Europe.
On a de même déjà importé avec succès dans la colonie le quinquina et la rhubarbe et d'autres essais sont tentés constamment par les chambres d'agriculture instituées dans chaque localité importante du Dahomey.
Faune.
Les territoires du Bénin sont très riches en animaux de toute espèce, surtout dans UAiord du Dahomey, mais la faune ne comprend qu'un petit nombre d'espèces danj^^ereuses. Los animaux que l'on y rencontre sont principalement les suivants :
MAMMIKKHKS
Simiens. — Il existe plusieurs variétés de sin«;es dont le cynocépluile, le inaiulrille, le nKicatpie, le sinj^^e à barbe, le sinj^e noir à tête l^huiolie, le sinise à l()n«^s poils noirs et le sinj^e <^ris cendré au([uel on a donné le surnom de moine.
L\inh'i.ssicrs. — Le chacal (jui atteint une assez grande taille, le chat sauvage ou chat-tigre, la civette qui fournit le musc, le léopard, le lynx, l'hyène et l'once ou genette do Guinée.
PucUydcnncs. — L'élé[)hant ([ui disparaît de plus en plus pour se réfugier dans l'extrême nord; Ihippopotamc très rare
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aujourd'hui dans les lagunes du Bénin ; le sanglier de petite taille, très commun.
Ruminants, — Plusieurs espèces d*antilopes, qui vivent plutôt sur le littoral que dans l'intérieur, et la gazelle abondent sur le plateau de Sahoué, dans le pays des Eoués ; le buffle inconnu sur la côte existe peut-être dans l'extrême nord.
Chéiroptères, — La chauve-souris ordinaire, la roussette qui couvre le pays par milliers et ]dont les arbres sont parfois chargés de leurs grappes entrelacées, le vampire assez commun.
Insectivores. — Le hérisson qui détruit les serpents et surtout la cobra di capello ou naja, le porc-épic.
Rongeurs, — Le rat de toutes les tailles jusqu'à l'énorme rat palmiste qui est grand comme un lapin ; un rat musqué que Ton mange en salmis, l'écureuil, Tagouti très abondant; le lapin inconnu sur le littoral, mais très prolifique dans le nord où il vit dans des clapiers ; des taupes, belettes, musaraignes et des loirs.
Edentés. — Le fourmillier ou tamanoir.
Cétacés, — Le lamantin se rencontre dans les lagunes ; sa chair est très estimée.
ANIMAUX DOMKSTIQUES
Les animaux domestiques sont des réductions des espèces similaires d'Europe :
Dans le Bas-Dahomey le bœuf est de petite race, maigre et anémique, sauf dans quelques régions à pâturages où il prend un certain embonpoint. Sa chair est bonne. Il n'est pas soumis au joug. Le cheval très rare a la taille d'un gros bourricot algérien ; on ne le rencontre que dans le nord d'Abomey et dans le Yorouba. Il provient du Soudan, mais il dégénère vite dans le Bas-Dahomey, dont la nourriture ne lui convient pas.
Dans les régions du Niger les chevaux ont la taille des chevaux du Sud oranais et ne sont pas inférieurs à ceux-ci.
L'âne ne se rencontre que dans le nord du pays, à partir du 9°, où il sert de bête de somme aux musulmans.
Le chien indigène rappelle le chien kabyle. Il n'est ni fidèle, ni caressant; il est mangé par les noirs en plusieurs points de la côte.
Les chiens d'Europe ne s-acclimatent pas au pays et y vivent fort peu de temps.
Le chat, plus grand que celui d'Europe, se vend en cage sur les marchés comme de la volaille. C'est un comestible estimé des gens du pays.
La chèvre est taillée en basset, sa chair est dure et coriace. On ne mange que les chevreaux.
Le mouton est couvert de poils au lieu de laine, il est d'un blanc sale. Pour un poids maximum de 25 kilog. il donne à peine 10 kilos de viande, mais sa chair est bonne.
Le porc il peau noire est très commun ; sa chair est assez indigeste mais a généralement bon goût.
OISKAUX SAUVACiKS
Oiseaux de proie. — L'aigle à tète l)lanche ^ aigle pécheur fréquente la région des lagunes ; dans l'intérieur on trouve Témerillon, l'épervier, le faucon, le vautour ou buzard-dindon qui nettoie les villes du Dahomey de toutes leurs immondices. Les indigènes respectent ces balayeurs publics à cause des services qu'ils en reçoivent et ils infligent des peines à ceux qui les tuent.
Passereaux. — On cite dans leur nombre une grande variété de bengalis, des bergeronnettes, le capocier, petit oiseau des buissons, le colibri, le pinc-pinc, un des rares
oiseaux chanteurs ; le corbeau, les mar tins-pêcheurs, le merle métallique, ainsi nommé à cause de sa teinte d'acier bleuie; les gendarmes, espèce de moineaux qui vivent en troupes nombreuses dans les palmiers où leurs nids sont suspendus par centaines.
Grimpeurs. — On connaît le perroquet gris ou jaco, la perruche versicolore, vulgairement appelée marabout, la perruche inséparable et deux ou trois genres de pics.
Gallinacés, — La caille, le pigeon ramier, la perdrix grise et rouge, la tourterelle ordinaire et à collier, la pintade sauvage.
Échassiers. — La bécasse, rare sur le littoral, au contraire de la bécassine qui habite le voisinage des lagunes ; l'ibis, le courlis, qui vit dans les régions marécageuses où le sable couvre la vase ; la poule d'eau ou jacana se trouve dans les lagunes couvertes de végétation à fleur d'eau ; la grue couronnée se rencontre dans la région Est du Dahomey ; la grue cendrée, plus rare, se trouve plus au nord; le héron pourpré, le héron aigrette et le héron crabier.
Palmipèdes. — La mouette marine et la mouette à trois doigts fréquentent le littoral et les lagunes voisines de la mer; Tanhinga se voit dans les lagunes, et plusieurs variétés de canards sauvages.