‹ Dahomey et dépendancesChapitre 1 sur 133 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Ai'Cüstin CIIAI.LAM kl. I^diteur Due Jacob. 17

2* (édition. — 1001

AVANT-PnOPOS

Qunujue lu conr/iirie tlti Dahomcij ne dafe f/tie t!c f/ar!rfiicn anneeSy ce /wï/.« ;i prit depuis Vttcnipnfion frnncaise un développement et une vitidité CTtruordinfiIrcs,

Ces résultats mervcllleur sont mtn seulement dus aux richesses naturelles du sol, ruais aussi .1 l'inlclVujenle. administt'iition des pays placés sous notre ju'oteetorat et surtout à V habileté et 4 l'activité de leur éminent Couverneur,

Xous avons donc pensé f/ue le Dahomey méritait une large part dans les ouvrages publiés à Voccasion de V Exposition Universelle, et nous nous sommes efforcés, ilans les pages gui vont suivre, iPintéresser le public à notre nouvelle Colonie et de faire apprécier à nos comjuitriotes tous les éléments de fortune de CCS contrées nouvellement ouvertes à nofr'e commerce.

Les rmetirs et coutumes bizarres, parfois même barbares, des diverses jieuplades gui les habitent, ont été relatées avec un soin fout particulier, car sous Vinpucncc de notre civilisation elles ne fendront gu’à sc modifier de plus en plus pour bientôt disparaître.

Pour notre rédaction, nous avons compulsé attentivement fous les documents publiés jusgu ici sur le Dahomeg , tant par nos missionnaires ci nos explorateurs gue par nos officiers ci

Mil

AVlNT-ruOPOS

nos nc(/ociiinls ’ nous avons utilisé aussi les rcnsei<jnenienls officiels mis à notre disposition par M. le fjouverneur Victor Ballot. Ce travail servira, nous l\\y)érons, les intérêts de la colonisation en attirant sur les riches territoires décrits de nombreux et entreprenants colons, de même t/u'il engagera le commerce français à s'occuper davantage de notre belle colonie du Dahomey,

M. Victor LIOTARD

Gouverneur du Dahomey et Dépendances.

Le '20 scplembrc 1900 M. Liolaril a élc désigné pour le gouverncmcnldu Dahomey et dépendances.

Après les périodes de conquête, de pacification et d'organisation, brillitinmcnl dirigées par le général Dodds et M. Uallot, l'importante tache d’assuiHîr le développement économique de la Colonie est confiée un homme qui a fait scs preuves en maintes circonstances. l,c champ d’action qui s’ouvre à l’activité du nouveau gouver-

ncur est considiV.nblc; rélablis^cmcnl de la voie ferrée exij;era la miî^e en valeur d'immenses territoires cl créera un très ^rand mouvement d'alfaires qu’il faudra diriger.

Le palmier h huile donnera toujours sa prodigieuse production, niais il sera nécessaire de faire autre chose.

M. IJotard connaît à merveille les cultures qui conviennent au Dahomey, et, sous son administration, le caoutchouc notamment, deviendra la seconde richesse de la Colonie.

Kxploruleur énergique, excellent administrnlcur et diplomate habile, M. Liolard a montré qu'il était tout cela depuis qu’il est entré dans la carrière coloniale ; le passé répond de l'avenir. L’œuvre accomplie par M. Liolard, en Afrique, est connue de tous; nous ne ferons que résumer les services du nouveau gouverneur du Dahomey.

M. Liolard, Victor-Théophile, est un enfant de nos colonies, né h Chandernagor, le 17 juillet I8Ô8.

Kn 1883, après de brillantes éludes, il débute comme pharmacien de la Marine et fait, en cette qualité, des séjours successifs à la Guadeloupe, à la Guyane, au Soudan français et au Gabon.

M. Liolard devint ensuite un des principaux collaborateurs de M. de Drazr^i qui l'envoya, en 1891, en mis>ion d'exploration sur rOubangui.

Cette mission, en dehors de son but primitif, a surtout consisté A établir rinduence française fortement combattue par les belges qui avaient envahi nos territoires au nord du M'Bomou. Le résultat politique de la mission fut le traité du 11 ao6t, réglant définitive* ment nos frontières au cours du M’Bomou, jusqu'à scs sources.

I.a meme année, M. Liolard est nomme Commissaire du Gouvernement sur rOubangui, puis Gouverneur de d* classe et chargé d’occuper cireclivement les tciriloircs situés au nord du M'Bonou.

L'Oubangtii organisé, M. Liolard put songer à mettre à exécution le grand projet qu'il avait conçu depuis longtemps : de l’Atlantique à la Mer Bouge.

11 se mil courageusement à reeuvre pour en assurer la réussite et préparer la marche des français vers le Bar-el-Ghazal et le Nil, dans le but de relier notre colonie du Congo à la côte de Somalis.

Prenant le M’Bonou commobase, M. Liolard entre dans le Bar-

LE DAHOMEY

cI-Gha/al, presque seul, employant les moyens les plus pncifiqucs el, }^race ù son énergie et à sa patience, parvient à s’installer à Dem-Zilwr, à 1 .500 kilomètres de Hanj'ui el à 700 kilomètres seulement de Faehoda.

A Ücm-Ziber, M. I.iotard, par son seul ascendant moral, conquiert el s’attache les Dinkns, considérés jusqu’alors comme irré- <luctil)les; il tca^mc rapidement les sympathies des sultans, ses voisins, cl son inducncc s’étend sur toutes les réfjions environnantes. Le moment est venu de continuer la marche en avant, mais le Commissaire du Gouvernement dans le Haul-Oubangut ne dispose que de très modestes ressources, et de plus forts cireclifs sont nécessaires pour mener ù bien l’exécution de son projet. C'est seulement en 1806 qu’il obtient un renfort de dcuxccnls tirailleurs, commandés par le capitaine Marchand.

Avant l'arrivée de la colonne Marchand, destinée à franchir l’espace qui sépare Dem-Ziber du .Nil, M. Idotard, aide de l’Administrateur Bobichon, son dévoué collaborateur, réunit Bnngui près de quatre mille charges, une noltillc de deux cents pirogues et de très nombreux porteurs.

Quand Marchand le rejoint, en I8‘J7, M. I.iotard le fait partir par les voies lluvialcs jusqu’à Tnmboura, sur le Soueh.

C'est dans ce poste, créé en 1896 par M. Liotard, qu’il fait parvenir, par M. Bobichon, cl remet <Icrmillvcmcnl à .Marchand les innombrables charges de la colonne, sa noUilIc, composée de chalands cl du U Faidherbe ».

Marchand se met aloi*s en roule et, après les péripéties que l’on connaît, arrive ù Fachoda le 10 juillet 1898.

M. Liotard qui voit le succès de sa mission et la réussite de son projet assures, se décide alors à rentrer en France après un séjour de cinq ans dans l'Oubangui.

M. I.iotard est Gouverneur de 3* classe cl Onicicr de la I.égion d'honneur depuis 1898.

LE DAHOMEY

CIIAPITllE PREMIER

GÉOGUAPHIE DU DAHOMEY

5(JMMAIRi:

La Côlc dos Esclaves cl le Dahomey. — Situation g<^ograj)hiquc du Dahomey el limites. — .Vspecl de la côte. — La barre. — Dassajjc de la barre. — Le wharf de Kotrmuu. — Physionomie générale du pays.

— I.es lagunes cl leur formation. — Hydrographie. — Orographie.

— Géologie. — Roules el voies <lc communication. — Chemins de for. — Lignes télégraphiques. — Climatologie. — Saisons. — Tcmj>é* ralure. — i^luies. — Vents. — L'harmattan. — Tornades. — .Maladies du pays. — Le ver de Guinée. — La puce cliiquc. — Population,

— Villes principales du Dahojuey. — Postes militaires.

La Côte des Esclaves et le Dahomey.

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