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signifie exactement * lie principale »; mais les annales japonaises ne la distinguent par aucune dénomination spéciale. Elle était par essence le Nihon, le Nippon, la région du Soleil Levant; c'est elle en effet qui occupe la position la plus orientale parmi toutes les grandes îles qui composent l'empire.
Dans la description géologique succincte que nous avons donnée précédemment, nous avons expliqué comment, en se croisant, les plissements de la croûte terrestre avaient donné à cette terre une forme courbe présentant sa concavité au continent le plus proche, et comment elle avait été, au nord, plus particulièrement impressionnée par des plissements sensiblement nord-sud, tandis que le midi avait plutôt subi les effets du plissement est-ouest 37" sud.
Pour rendre plus claire la description du Hondo, nous le diviserons, arbitrairement d'ailleurs, en trois parties : Nord, Centre, Ouest.
La première, s'étendant du détroit de Tsugaru au parallèle de Sendai, sur la côte orientale, comprendra sur le versant occidental le bassin du Mogamigawa.
La deuxième, au sud de la précédente, ira jusqu'à l'étranglement qui se trouve entre le golfe d'Ozaka au sud et la baie de Tsuruga au nord.
La troisième comprendra le reste de l'île.
Cette division est justifiée en partie par la nécessité de ne pas promener le lecteur d'une extrémité à l'autre d'une terre très étendue dans le sens du méridien, et pour fixer son attention sur des régions présentant une certaine unité de structure et de climat (lig.n-5).
§ 1 er . — Description géographique du nord du Hondo.
OROGRAPHIE
Cette partie du Hondo est divisée, par une sorte de chaîne dorsale courant à peu près à égale distance entre le Grand Océan et la mer du Japon, en deux versants, qui se relèvent en arêtes parallèles secondaires entre la chaîne médiane et la mer.
Dans les sillons longitudinaux ainsi formés coulent des fleuves ou des rivières, qui franchissent les chaînes subordonnées par les affaissements qu'elles présentent, par des cluses, ou enfin qui se jettent directement dans la mer là où, les chaînes subordonnées étant interrompues, des golfes ont pu se former.
Cette chaîne centrale, que nous désignerons sous le nom de Médiane du nord du Hondo, commence au nord par un massif d'origine volcanique, dominé par l'Osoresan (865 m.), dont les dépendances couvrent l'étendue tout entière de la presqu'île de Yakeyama; celle-ci était autrefois séparée du Hondo, auquel elle est réunie maintenant à l'est par un large seuil n'ayant que quelques mètres d'altitude, émergé à une époque relativement récente. Cette presqu'île ferme en partie au nord la mer de Rikuoku , qui communique avec le détroit de Tsugaru, désigné quelquefois sous le nom de Matsumae, par un large chenal de près de deux lieues de largeur, le détroit de Hirakata.
La chaîne médiane, qui débute par un volcan, est jalonnée par des pics de même origine sur tout son parcours. Elle projette du sud vers le nord, dans la mer ou golfe de Rikuoku, le cap de Natsudomari, qui forme h Test le golfe de Nobechi et à l'ouest celui d'Aomori. A partir de ce cap, en se dirigeant vers le sud, cette chaîne est jalonnée par une série de pics d'origine volcanique, assez importants; ils sont situés le plus souvent, non pas sur Taxe même du plissement, mais un peu en dehors de l'alignement.
Du nord au sud on remarque ainsi : le Yatsukôtayama(l,852m.) ; puis, àl'est de l'alignement, le Heraitake (1,217 m.); l'ïnagawatake (1,095 m.), séparé du précédent par le col du Furukura (850 m.); le Nanashiguredake (1,233 m.), et le Ganshiusan (2,050 m.). 11 est réuni au Yatsukôtayama par une ligne de faîte d'une hauteur moyenne de 800 mètres environ, laquelle s'interrompt brusquement pour former la cuvette du lac Towada. C'est à proprement parler la dorsale de cette région.
Cette ligne se prolonge du reste plus au sud et s'épanouit, vers le 39° de latitude, en un massif dont le point culminant porte le nom de Komagatake de Mizusawa (1,568 m.). La chaîne s'affaisse ensuite à son altitude moyenne de 800 mètres, puis s'élève et s'épaissit de nouveau pour former le Sugawadake, et plus loin, entre Sendai et Yamagata, un massif important, dans lequel nous signalerons les sommets de Funagamine, Kojinyama, Shinsendake, Zowodake, Biyobudake (1,800 m.). Cette chaîne se continue vers le sud et se termine, au nord-est du lac d'Inawashiro, par le massif de l'Azuma (1,150 m.).
Nous arrêterons ici la description de la chaîne médiane pour étudier jusqu'à la même latitude les chaînes subordonnées est et ouest et le système hydrographique du nord du Hondo.
Chaîne subordonnée est. — La région dominée par la chaîne subordonnée orientale est admirablement déterminée. Dans cette partie de l'île, elle est limitée à l'ouest par la grande dépression dans laquelle coulent : d'une part, vers le sud, parallèlement au système de plissement dominant, le Kitakamigawa , qui se jette dans la baie d'Ishimaki ou Ishinomaki; et vers le nord, sur le prolongement du fleuve précédent, une branche du Jobojigawa, affluent du Mabuchigawa. A l'est, cette région est bornée par la mer-
Le système orographique de cette partie du Hondo, de forme fusiforme, présente ce caractère, extrêmement rare au Japon, qu'on n'y trouve aucune trace d'actions volcaniques directes. Les roches y sont particulièrement schisteuses. La ligne qui joint entre eux les points culminants y est nettement orientée dans une direction parallèle à celle de l'axe du plissement nord, mais il n'y a pas de chaîne continue. Ses massifs, qui sont d'importance moyenne, paraissent isolés les uns des autres et sont séparés par des vallées d'érosion assez profondément découpées , dans lesquelles coulent les petits cours d'eau se jetant d'une part dans l'océan Pacifique, de l'autre dans le Kitakamigawa.
Le massif le plus important, placé à peu près au centre de figure de la région, est dominé par le pic de Hayachine, qui atteint 2,000 mètres. De ce point, les sommets importants de la chaîne vont diminuant vers le nord et vers le sud. Vers le nord, elle se redresse au Taneichiyama, et atteint 740 mètres d'altitude. Vers le sud, son prolongement forme la presqu'île de Tôshima, extrêmement découpée, déchiquetée, aux abords couverts d'îles, de récifs et de roches pittoresques, mais qui protège mal la large baie d'Ishinomaku
Chaîne subordonnée ouest. — Beaucoup moins bien déterminée que la précédente, considérablement modifiée aussi par l'action des eaux, fragmentée, elle a été en outre profondément transformée par les phénomènes volcaniques, et ses sommets importants sont, comme pour la chaîne centrale, des volcans éteints.
Au nord, c'est elle qui projette dans le détroit de Tsugaru la pointe de Tappizaki et qui prolonge les: massifs montagneux d'Ezo.
Au sud, elle se compose essentiellement, dans la partie du Hondo que nous considérons, de massifs assez importants, séparés les uns des autres par le cours inférieur de rivières qui prennent le plus souvent naissance dans la chaîne centrale.
En partant du nord, nous signalerons le massif de riwakiyama (1,594 m.), célèbre dans toute la région à cause de la pureté de sa forme, qu'on peut comparer à celle du Fujisan. Cette vague ressemblance lui a valu le surnom de Fuji du Nord ou Fuji de Tsugaru, du vieux nom de la province où il se trouve. Plus au sud, sur une transversale, se trouve le Komagadake d'Odate, puis le Moriyoshisan (1,757 m.), dominant un massif riche en mines de cuivre, dont le centre est à Ani; le Taiheizan, le Ghiokaizan (2,200 m.), le Gassan (1,755 m.), flanqué à Test du Hayama; l'Asahidake (1,924 m.), le Washisuyama et l'Idesan (1,400 m.).
La chaîne centrale, qui est si remarquablement limitée à Test par la longue vallée longitudinale dans laquelle coule le Kitakamigawa, se trouve, à cause des actions volcaniques qui ont modifié le relief de la partie ouest, beaucoup moins bien dégagée de ce côté de ses montagnes subordonnées. Cependant la route qui remonte directement de Yamagata jusqu'à Hirosaki (ou Hiromae) et Aomori dans une direction parallèle à la côte, indique bien à l'ouest de la chaîne centrale une sorte de dépression longitudinale symétrique de celle de l'est. Elle est moins bien déterminée que celle-ci, il est vrai, mais est encore assez nette, si l'on considère les directions nord-sud des vallées supérieures de la plupart des rivières, qui traversent ensuite par d'étroites coupures la chaîne subordonnée ouest, pour se jeter dans la mer du Japon normalement à la côte.