SEXE FÉMININ
TOTAL
La rade est médiocre, et le commerce, autrefois florissant, tend à décroître, ou du moins le chiffre des affaires traitées par les étrangers a diminué sensiblement. Autant que possible, les Japonais font actuellement leurs affaires eux-mêmes; peut-être voudraientils arriver ainsi pacifiquement au but tant désiré par eux lors des premières relations avec les étrangers, c'est-à-dire à leur expulsion . Yokohama se compose de trois groupes distincts : la ville japonaise, la ville européenne, la ville chinoise. Cette dernière est la plus populeuse; quant à la deuxième, elle présente l'apparence de tranquillité morne et sereine qui caractérise les nécropoles ou Versailles : la vie en a disparu. Elle est cependant reliée à Tokyo par une voie ferrée, la première de celles qui ont été construites au Japon.
Au sud de Yokohama, la côte s'accidente et présente de nombreux abris. Le plus important de ces ports naturels est Yokoska (2,800 hab.), où se trouve l'arsenal maritime, fondé par des Français. Au point de vue technique la position de cette ville est excellente, mais au point de vue militaire elle est mauvaise, car elle pourrait être, en cas de guerre, facilement prise à revers. L'arsenal est défendu du côté de la baie de Tokyo par des batteries qui paraissent
suffisantes; mais contre une attaque venant de l'ouest, il est sans protection.
Le Kannonsaki, qu'un peu plus au sud la côte projette vers Test, laisse entre lui et le cap de Futsu un passage de 7 kilomètres. Il est couronné de batteries trop élevées, destinées à croiser leurs feux avec ceux de Futsu et du fort mouillé dont il a été question précédemment. Quand ces différents ouvrages seront armés, l'entrée de la baie de Tokyo sera donc défendue, mais peut-être d'une manière un peu inefficace, à cause de la distance qui sépare le fort avancé de Futsu des ouvrages de Kannonsaki et de Sarushima, près de Yokoska; aussi est-il question depuis peu de fermer en partie l'entrée de la baie de Tokyo par une jetée.
La presqu'île de Yokoska, ou, plus exactement, de Miura, se termine au sud par la pointe de Misaki.
Sur la côte occidentale de cette presqu'île, le seul point à signaler est la petite ville de Kamakura, où le premier shogun Yoritomo avait établi le centre de son gouvernement vers la fin du xn* siècle. La ville n'a plus aucune importance; elle n'est célèbre que par le rôle qu'elle a joué dans le passé et par une statue colossale en bronze de Boudha. Il s'y trouve aussi un temple consacré à Hachiman et dont le trésor contient de nombreux objets ayant appartenu à des personnages historiques.
Près de là, un peu à l'ouest, en face de l'embouchure du Sakaigawa, se dresse la petite île célèbre d'Enoshima, consacrée à Benten.
Le Baniugawa (18 lieues) sort, sur les pentes nord-est du Fujisan, du petit lac de Yamanaka. Il coule d'abord vers le nord, puis à l'est, enfin au sud, contournant un petit pâté montagneux dont le point culminant est le sommet d'Oyama (1,325 m.). Sa vallée moyenne est utilisée par le Kôshiukaido, route carrossable dont il a été déjà question à plusieurs reprises.
Plusàl'ouest, le Sakawagawa(161ieues),dontles sources sont opposées à celles du Baniugawa, se jette dans la baie d'Odawara près de la ville du même nom. Sa vallée est remontée par la voie ferrée en construction qui doit relier Tokyo à Kyoto en longeant à peu près la vieille route du Tokaido ; mais cette ligne doit, pour éviter le massif d'Hakone, faire un assez grand détour vers le nord.
Odawara, ville commerçante de 12,700 habitants, est en communication directe avec Tokyo par le Tokaido. Plusàl'ouest, cette route franchit la chaîne subordonnée occidentale à la passe d'Hakone, où, sur une étendue de plus de sept lieues, elle n'est praticable qu'aux chevaux et aux piétons. La largeur serait suffisante
pour le charroi ; mais ses pentes et le large pavage barbare dont elle est recouverte en interdisent l'accès aux voitures.
A partir d'Odawara la côte se dirige vers le sud. C'est la presqu'île d'Idzu qui commence. Bien qu'elle dépende surtout, au point de vue orographique, du système du nord du Hondo, comme elle a été impressionnée par d'autres plissements, elle est très accidentée et même montagneuse.
Ses côtes ne présentent cependant que peu d'abris sûrs.
Signalons sur la côte est, au sud du cap Manazuru, la station thermale d'Atami ; plus bas la baie de Sotoura et surtout celle de Shimoda, qui est assez bonne.
La presqu'île se termine par la pointe d'Irosaki.
La côte ouest, dirigée exactement du nord au sud, présente au nord de l'Osesaki une large baie bien abritée, dans laquelle se jette le Kanogawa(12 lieues). Cette rivière sort de l'Amagisan, au centre même de la presqu'île, et coule suivant son axe, directement du sud au nord, puis se recourbe à angle droit pour gagner la mer. La direction de sa vallée supérieure est exactement prolongée par un de ses affluents de droite qui vient du nord, l'Onogawa.
Comme nous l'avons dit, le Tokaido franchit la chaîne subordonnée ouest à la célèbre passe d'Hakone, près du lac du même nom, qui par le Hayakawa, cours d'eau insignifiant et torrentueux, se déverse dans la baie d'Odawara au sud du Sakawagawa. Hakone, son lac et ses montagnes forment l'un des sites les plus célèbres du Hondo.
Nous avons dit, en parlant de Tokyo, comment cette ville n'était, à vrai dire, avant la restauration, que la capitale des domaines propres du shogun, de ceux qu'il faisait gérer par des fonctionnaires nommés par lui. Autour d'Edo même, sans compter ses possessions plus lointaines , le shogun possédait d'un bloc sept provinces dont l'ensemble était désigné sous le nom de Kwanto. Ce territoire était à la fois bien limité et protégé par un immense cirque de montagnes qui les entourait au loin.
Les différentes passes importantes par lesquelles on pouvait franchir ces lignes de hauteurs étaient gardées par des postes militaires. C'étaient, en partant du sud et en allant vers le nord :
Sur le Tokaido, le col d'Hakone;
— Kôshiukaido, — de Sasako ;
— Nakasendo, — d'Usui;
— Echigokaido, — Mikuni;
Sur l'Aidzukaido, le col de Sannô ; — TOshiukaido, — de Shirasaka.
À l'époque de la domination des shogun, ces passages étaient, en définitive, les seules portes importantes qui donnaient accès dans le Kwanto .
Iles d'Idzu. — Au sud-est de la presqu'île d'Idzu se trouvent groupées irrégulièrement, mais dans une zone de bas-fonds relatifs dépendant du système Assama-Fuji, le petit archipel connu sous le nom d'Idzu-no-shti-tô , c'est-à-dire « les sept îles d'Idzu »,
Ce groupe débute au nord par le plus important des îlots qui le composent, Oshima, l'île du Vriès des Européens; elle est surtout célèbre par son volcan en activité, le Miharayama (800 m.), dont les épaisses fumées le signalent au loin à l'attention des navigateurs.
Il est sujet à de nombreuses éruptions.
Au sud de cette île on trouve successivement celles de Toshima, Niishima, Shikineshima, Kôtsushima; puis, plus h l'est, celles de Miyakeshima et de Mikurashima, et enfin beaucoup au sud celle de Hachijojima.
Ce sont pour la plupart des rochers à peine habités.
Le Kanogawa, dont il a été question précédemment, se jette dans la baie de Suruga près de Numazu (10,600 hab.). De ce point la côte, longée de très près parle Tokaido, se dirige directement vers l'est jusqu'à l'embouchure du Fujikawa, désigné généralement dans son cours supérieur sous le nom de Fuefukigawa.
Cette rivière sort du massif du Temmokusan et décrit autour du massif de Fujisan un demi-cercle dont le diamètre, dirigé sensiblement du nord au sud, passe parle sommet de la célèbre montagne-
Sa vallée supérieure, utilisée par le Kôshiukaido, ouvre dans la chaîne Assama-Fuji le col très difficile de Sasako (1,500 m. d'alt.), entre le Temmokusan au nord et le Mitsuminesan au sud.
Sur le Fujikawa, les seuls points à signaler sont Kajikasawa, où commencent les fameux rapides qui portent à la mer en sept heures des bateaux légèrement chargés et de construction spéciale (distance, 19 lieues), puis Nambu. Le Fujikawa est particulièrement intéressant par ses affluents de droite.
Le premier qui mérite une mention est l'Arakawa, qui descend' du Kimbusan et passe à Kofu (15,500 hab.), ancienne capitale de la province de Kôshiu.
Du temps de Hideyoshi, à la fin du xvi e siècle, elle était gouvernée par le daimio Takeda-Shingen, sorte de Charles le Téméraire au petit pied, célèbre dans tout le Japon par ses talents militaires, son audace, son manque de scrupules et son ambition. Il iébuta en assassinant son père, ou plutôt en le faisant empoisonner; car il craignait de ne lui pas succéder; puis il s'occupa de /organisation de sa petite armée et commença aussitôt à guerroyer contre tous ses voisins, qu'il réduisit à merci. Il n'eut que ieux adversaires dignes de lui : Kenshin, le seigneur d'Echigo, qui le valait comme général et lui était supérieur par les qualités morales; et Hideyoshi, qui lutta surtout contre lui par la politique. Quand il mourut, sa succession revint à l'un de ses parents éloignés, sans valeur personnelle, et la province de Kôshiu fut, à la disparition de ce dernier, annexée en quelque sorte aux domaines des Tokugawa et gouvernée par des Hatamoto.
La population de Kôshiu est remarquable par son esprit d'initiative et l'indépendance de ses idées. Kofu est le centre d'une région qui commence h produire du vin de qualité encore assez médiocre.
A une lieue et demie environ au nord de Kajikasawa, le fleuve reçoit le Kamonashigawa, formé d'un faisceau de rivières issues de Tatsugadake. Elles coulent toutes sensiblement vers le sud dans la dépression qui prolonge au nord la vallée moyenne, du Fujikawa.
Le Kamonashigawa ouvre dans la chaîne de TAssama-Fuji, entre les villages de Sesawa et Karasawa, le col de Gôshôzan. Il est très bas, facilement accessible; c'est là que passe le Koshiukaido, achevant de faire communiquer le Tokaido et le Nakasendo à Suwa.
S'embranchant à Nirasaki, sur la route précédente, se détache un chemin qui met en relation directe par le col de Hirasawa le bassin de Kofu et celui du Ghikumagawa.
Le fleuve reçoit encore le Hayakawa, « rivière rapide », qui descend avec impétuosité d'une vallée extrêmement pittoresque et presque inaccessible ; c'est à son confluent que commencent véritablement les rapides célèbres du Fujikawa.
Contournant de très près le massif du Fuji, le fleuve n'a pas d'affluents de gauche.
Le Fujisan (3,792 m. d'alt.) est célèbre dans le monde entier et mérite sans conteste sa réputation ; c'est l'une des plus belles montagnes connues, admirable par sa régularité et la pureté de ses
formes. Elle est, à sa base, entourée, comme d'un chemin de ronde, par une série de dépressions où se sont formés de petits lacs, que quelquefois Ton peut voir briller du haut de la montagne. Le sommet du Fuji est visible de presque tout le Hondo central ; le panorama qu'on a de ce pic élevé devrait donc être merveilleux, mais à cet égard le touriste éprouve une déception; la différence de niveau est telle que, même par les plus belles journées et les plus pures, les reliefs disparaissent dans un brouillard léger qui estompe toutes les formes.
C'est par vanité qu'on fait l'ascension, d'ailleurs assez peu pénible, du Fujisan; mais c'est des régions basses et de loin qu'il faut le voir et l'admirer, l'hiver, profilant sur un ciel pur son cône blanc de neige, ou par un beau soir d'été détachant sa silhouette d'un bleu intense sur l'horizon empourpré. Heureux ceux qui ont pu voir le soleil se coucher exactement derrière la montagne sainte, qui paraît alors entourée d'une auréole de feu!
La côte, au delà de l'embouchure du Fujikawa, se dirige vers le sud-ouest; on y remarque d'abord, bien abrité, le petit port de Shimizu, et plus au sud l'embouchure de la petite rivière Abekawa, qui passe non loin de Shizuoka, chef-lieu de préfecture (33,700 hab.). Cette ville portait autrefois le nom de Sumpu ou Fuchiû. C'est là que Ieyas termina sa vie après avoir effectivement laissé le pouvoir à son fils.
L'Oigawa, dont on rencontre plus loin l'estuaire, vient directement du nord ; il prend sa source dans le massif du Kitadake et, dans son cours supérieur, parcourt une vallée pittoresque, mais peu habitée. On peut la considérer comme longeant à l'est, dans la partie inférieure de son cours, la chaîne de l'Assama.
La côte continue ensuite vers le sud jusqu'à la pointe d'Omaisaki, puis directement à l'ouest et sans inflexions jusqu'à l'embouchure du Tenriugawa, l'un des plus grands fleuves du Japon.
Nous avons eu déjà l'occasion, en étudiant l'orographie du Hondo central, de signaler l'intérêt particulier que présentait la vallée de ce fleuve, en ce sens que, prolongeant celle du Shinanogawa, elle marque bien l'espèce de dépression qui sépare la chaîne de l'Assama de celle du Tateyama.
Le Tenriugawa, dont la longueur dépasse 63 lieues, coule depuis son origine directement vers le sud, ne déviant un peu à l'ouest que pour franchir un chaînon transversal à 18 ou 20 lieues de son embouchure.
Il sort du lac Suwa (800 m. d'alt), qui lui-même est alimenté
par une série de ruisseaux dont les plus importants viennent de la chaîne de l'Assama, et particulièrement du Tateshimayama et du Yatsugadake. C'est sur les bords du lac, à Suwa même, que le Kôshiukaido se greffe sur le Nakasendo, lequel, venant du col d'Usui, franchît, avant d'atteindre Suwa, le col célèbre et difficile
deWada(l,650m.).
La vallée du Tenriugawa présente ce caractère remarquable, que sur aucun point de son bassin supérieur elle ne s'élargit. Elle forme un véritable couloir dans lequel aucun affluent important n'a pu se développer, aucune plaine un peu étendue se former, et aucune ville véritable grandir. Sa vallée supérieure, difficilement praticable, s'étend du lac Suwa à la cluse d'Aokuzure qui est à l'ouest du col de môme nom, par lequel elle franchit un chaînon du système est-ouest 12° sud (Tawara). Sa vallée inférieure s'étend de
Sud , Shinano
Nord
ce point à la mer. Le fleuve ne devient navigable qu'à partir de là, mais son courant y est extrêmement rapide, et après de fortes pluies les plus hardis bateliers n'osent tenter de le descendre. Sans être aussi célèbres que ceux du Fujikawa, les rapides du Tenriu sont peut-être plus dangereux et surtout plus émouvants.
Le bassin supérieur du fleuve qui nous occupe forme une sorte de haute terrasse soutenue à Test par la chaîne de l'Assama, à l'ouest par celle du Tateyama, au sud par le chaînon du système de Tawara, que nous avons signalé précédemment. Sur ce plateau, le Tenriu circule dans une dépression naturelle, il est vrai, mais dans laquelle il s'est creusé un lit très encaissé dominé de roches abruptes. Aussi son cours n'est-il, dans cette partie, long é par aucun grand chemin; les voies de communication qui utilisent la même dépression que lui circulent à deux lieues environ sur ses flancs à l'origine des ravins d'érosion. Au contraire, dans sa vallée infé-
Heure les routes longent ses rives. A peu près exactement nous retrouverons le môme fait dans la vallée duShinano.
Si donc nous faisons dans la vallée du Tenriugawa une coupe longitudinale suivant la méridienne, nous obtiendrons un profil qui présentera les caractères généraux indiqués dans le croquis ci-joint (fig. n° 7) : et, faisant de même une coupe de la vallée supérieure du même cours d'eau, on obtiendra un profil présentant les particularités suivantes (fig. n° 8).
Nous verrons plus loin, en étudiant le versant de la mer du Japon, comment le cours du Shinano ressemble à celui du Tenriu. Sa vallée supérieure se trouve, en effet, sur le même plateau raviné que le haut Tenriugawa, et cette sorte de terrasse est aussi limitée au nord par une escarpe symétrique de celle du sud, mais appartenant au système est-ouest 37° sud (système nord Biwa).
Ouest
j fr I/ée
du Kiso
Ces deux fleuves sortent donc, comme nous l'avons dit dans l'Étude orographique, d'une sorte de véritable plateau central. Remarquons en outre , pour corroborer par un fait les observations qui précèdent, que la région que nous venons ainsi de définir, de caractériser, formait une seule province, celle de Shinano, et ses limites suivaient exactement les crêtes des hauteurs qui forment la bordure du plateau.
Mais revenons au versant de l'océan Pacifique.
Le Tokaido, que nous avons trouvé à Odawara, à la passe d'Hakone, suit plus loin la côte de très près jusqu'à Shizuoka ; de là, se prolongeant dans la même direction, il s'éloigne par conséquent de la mer, franchit l'extrémité de la chaîne de l'Assama au col de Kanaya ; puis, après être passé par Hamamatsu (12,000 hab.), gagne la mer, qu'il longe exactement à partir de Maisaka. Près de là, le lac de Hamana communique avec la mer par une ouverture de 500 mètres, que la route franchit sur une série de ponts rustiques en bois et que la voie ferrée traversera sur des viaducs. Cette
ouverture, qui fait, en somme, du lac de Hamana une véritable baie, fut formée en 1499 à la suite d'un tremblement de terre qui, brisant la digue sablonneuse qui séparait le lac de la mer, ouvrit ainsi ce passage.
A partir de Shirasuka, la côte se prolonge exactement en ligne droite jusqu'à l'Irakosaki, qui termine la petite presqu'île peu habitée de Tawara. Elle n'est intéressante qu'au point de vue orographique, à cause de la netteté avec laquelle on y trouve la direction du plissement est-ouest 12° sud.
Entre la pointe de l'Irakosaki et l'extrémité orientale de l'île Tôshi s'étend une ouverture de moins de 3 lieues : c'est l'entrée de la baie d'Ise. Cet intervalle est divisé en deux par la petite île Kamishima.
Cette baie, la plus grande de celles qui creusent le Hondo, se compose de deux bassins; le plus oriental est limité au sud par la presqu'île de Tawara et à l'ouest par celle de Chita, dirigée sensiblement du nord au sud. L'autre, la baie d'Ise proprement dite, beaucoup plus vaste, communique avec le bassin précédent par le détroit de Shinoshima et avec l'Océan par celui de Kamishima. Le bassin oriental reçoit deux cours d'eau : à l'est le Toyokawa (17 lieues), que le Tokaido franchit à Toyobashi ou Toyohashi (7,500 hab.) ; au nord le Yahagigawa (28 lieues), qui vient du Suihiosan. Près de l'embouchure de chacun de ces cours d'eau se trouvent des mouillages assez médiocres et toujours ensablés; le delta du Yahagigawa se développe notamment avec une grande rapidité. Le Tokaido franchit ce petit fleuve à Okazaki (1,300 hab.)
Sur la côte orientale de la presqu'île de Chita, près du fond de la baie, se trouve la petite ville de Handa, dont le port récemment amélioré est actuellement dans de bonnes conditions. Il est relié par une voie ferrée à Nagoya et par un service régulier de steamers à Tokyo et Ozaka.
Le bassin occidental, c'est-à-dire la baie d'Ise proprement dite, reçoit un nombre considérable de cours d'eau. Il fait partie, avonsnous dit dans l'Étude orographique de cette région, ainsi d'ailleurs que le bassin oriental, de la dépression qui s'étend de la mer du Japon à l'océan Pacifique entre la chaîne du Tateyama et les hauteurs de l'alignement de Noto. Les cours d'eau les plus importants y viendront donc du nord.
Au fond de la baie, sur le Tokaido, se touve la ville d'Atsuta (15,500 hab.), qui est reliée à Nagoya, et plus au nord à Gifu, par une grande route carrossable.
Nagoya est une populeuse cité de 127,000 habitants, aujourd'hui chef-lieu de la préfecture d'Aichi et siège d'une importante garnison; c'était autrefois la résidenee et la place forte la plus solide des princes d'Owari, issus de Ieyas, et dont la famille était l'une des Gosanke (voirie Résumé historique). Le château peut être considéré comme le seul type complet de l'ancienne architecture militaire japonaise existant encore.
A l'ouest d'Atsuta se jette le Shonaigawa (22 lieues), et un peu plus loin, par trois embouchures, le Kisogawa, dont le delta est très étendu. Chacune des embouchures du fleuve porte un nom particulier ; ce sont, à partir de l'est, l'Ikadagawa, le Nabetagawa et enfin le Kisogawa.
Le fleuve (70 lieues), longé sur presque tout son parcours sur la rive gauche parle Nakasendo, route carrossable, sort de la région confuse qui sur le plateau de Shinano se trouve aux confins des bassins du Shinanogawa et du Tenriugawa. Il prend donc en quelque sorte sa source dans un bassin voisin, à l'est de la chaîne du Tateyama.
Deux de ses affluents d'origine ouvrent deux communications importantes, l'une par le Toriitoge avec le Shinano, qui est utilisée par le Nakasendo , l'autre par Nagawa avec la vallée supérieure de l'Azusagawa, affluent du Shinano ; le chemin qui suit cet affaissement franchit immédiatement la chaîne du Tateyama au col de Nomugi.
La vallée supérieure du Kisogawa est dirigée du nord au sud, inclinant un peu à l'ouest de telle façon que si le fleuve, suivant sa direction première, continuait à longer à l'est la chaîne du Tateyama, il devrait unir ses eaux à celles du Tenriu ; mais il est rejeté vers l'ouest par un chaînon volcanique qui s'oppose à son passage. Cependant le Tomagaritoge, à Test de Noegi, indique bien la direction de la dépression naturelle dans laquelle aurait dû couler le Kisogawa. Quoi qu'il en soit, le fleuve se replie complètement vers l'ouest.
Il franchit la chaîne du Tateyama par une cluse étroite, et le Nakasendo n'a pu être, vers Noegi, tracé le long du fleuve, qui coule violemment entre deux rives escarpées.
Après avoir reçu le Hidagawa à droite, le Kiso se prolonge vers l'ouest jusqu'à Kasamatsu (4,200 hab.), dans une région plate et sillonnée de cours d'eau ; il se replie ensuite vers le sud pour se jeter dans la baie d'Ise.
D'une façon générale, le Kisogawa est, sur la plus grande partie
de son cours, longé à gauche et de très près par les montagnes ; il n'a donc de ce côté aucun affluent. A droite, au contraire, ils sont nombreux et importants.
Le Hidagawa prend naissance , sous le nom de Massudagawa, au centre de la province de Hida, dans la chaîne du Tateyama, au sud du Norikuradake, où il ouvre le col important de Nomugi. La rivière coule d'abord vers l'ouest dans des rides dépendant du système nord Biwa. Dans cette première partie de son cours, sa vallée, qui est suivie par la route de Kanazawa, se recourbe ensuite vers le sud avant d'atteindre Funayama. La rivière coule ensuite sensiblement dans cette direction jusqu'à son confluent avec le Kisogawa. Le Hidagawa est longé jusqu'à Kanayama par une route carrossable, qui l'abandonne à partir de ce point pour se diriger sur Seki et de là sur Gifu.
Le Kisogawa reçoit ensuite à droite le Nagaragawa, qui sort, comme les autres affluents de droite du fleuve, des hauteurs du système nord Biwa. Cet affluent coule d'abord directement vers le sud; puis, à peu près à hauteur de Seki (3,800 hab.), autrefois célèbre par ses fabricants de sabres et où passe un de ses petits tributaires de gauche, il s'incline vers l'ouest et arrose Gifu (11,000 hab.), chef-lieu de la préfecture de même nom.
Sur une étendue de plus de huit lieues, son cours est parallèle et concentrique à celui du Hidagawa. Le Nagaragawa reçoit luimême à droite de nombreux affluents qui sortent du même système de hauteurs.
Gifu est en communication par une bonne route, au sud avec Nagoya, à l'ouest avec Kyoto, au nord avec Tokyo par le Nakasendo. Ces trois directions seront sans doute prochainement doublées par des voies ferrées.
L'Ibigawa est le dernier affluent de droite du Kisogawa ; il sort du Kamurikoshidake et ouvre dans la chaîne nord Biwa, bien caractérisée et importante à cet endroit, un assez mauvais passage qui le fait communiquer avec la vallée du Hinogawa.
Dans le cours de cette étude de détail nous avons eu maintes fois l'occasion de signaler sur notre passage le Tokaido et le Nakasendo. Ces routes communiquent par plusieurs transversales. Dans le bassin du Kiso, la plus importante réunit Gifu, sur le Nakasendo, à Kuwana, sur le Tokaido, près de l'embouchure du Kisogawa.
Les vallées inférieures du Shonaigawa, du Kisogawa et de leurs derniers affluents forment une région riche, admirablement arrosée, très bien cultivée. C'est une plaine d'alluvion formée par
les atterrissements des cours d'eau précédents et par excellence un pays de rizières ; la culture y atteint un degré de perfection remarquable. Cette contrée formait l'ancienne province d'Owari, qui, quoique peu étendue, était extrêmement riche. C'est encore elle qui fournit des porcelaines communes à tout le Japon et qui commence à en exporter en Europe pour des sommes considérables.
A l'ouest de l'embouchure du Kisogawa, la côte se dirige vers le sud et ne présente rien de remarquable jusqu'au Miegawa, à l'embouchure duquel se trouve Yokkaichi (9,700 hab.), qui est le port le plus sûr de la baie d'Ise. Citons plus au sud la ville importante de Tsu (23,000 hab.), autrefois capitale de la province d'Ise, aujourd'hui chef-lieu de la préfecture de Mie. La ville proprement dite est comprise entre l'embouchure de deux petits cours d'eau, au nord le Tôsegawa, au sud l'Iwatagawa, qui forme un port de jonques assez fréquenté.
Les cours d'eau se jetant dans cette partie du golfe sont d'ailleurs nombreux, mais de peu d'étendue; ils sortent de la chaîne occidentale de Noto, où ils ouvrent pour la plupart des passages très praticables.
Le Tokaido, que nous avons laissé à Kuwana, passe ensuite par Yokkaichi, puis incline vers l'ouest pour se diriger sur Kyoto, franchissant la chaîne occidentale de Noto près de Sakanoshita, au col de Suzuka ; il détache vers le sud de Yokkaichi une route qui se prolonge au delà de Tsu ; de ce dernier point part aussi une assez bonne voie carrossable qui va directement à Fushimi et Kyoto par Ueno.
Au sud de l'embouchure du Kumozugawa, la côte, assez accidentée, se dirige à peu près exactement vers l'est ; nous avons indiqué précédemment l'intérêt que présentait, au point de vue orographique, cet épanouissement de la presqu'île de Yamato dans la direction de la langue de terre de Tawara.
Deux cours d'eau caractérisent bien l'alignement auquel nous faisons allusion : le Kushidagawa et le Miyagawa.
Le Kushidagawa jette ses eaux dans la baie d'Ise par deux embouchures ; celle du sud porte le nom d'Inaki. Il prend naissance dans la chaîne occidentale de Noto et est remonté par un bon chemin qui la franchit au Sugitoge pour se prolonger ensuite à l'ouest dans la vallée du Yoshinogawa et gagner Wakayama sur le versant de la mer Intérieure. Cette route prolonge exactement l'axe de la presqu'île de Tawara.
Le Miyagawa sort, comme le fleuve précédent, de la chaîne occi-
dentale de Noto ; il coule parallèlement à lui et n'en est séparé que par une ride montagneuse déjà signalée. Il passe, près de son embouchure, à Yamada (22,500 hab.), qui est un important carrefour de routes. Cette ville se trouve en effet sur celle de Tsu à Toba (4,800 hab.) ; elle est en outre le point de départ d'un bon chemin qui se divise en deux branches, dont Tune remonte le Kushidagawa et l'autre le Miyagawa sur une partie de son cours.
A Test de l'embouchure du Miyagawa, la côte devient extrêmement accidentée, découpée et parsemée d'îles dont les plus importantes sont, à l'entrée de la baie d'Ise, celle de Toshi, et plus au sud, l'île Suga. Citons, à la hauteur de cette dernière, le port de Toba, qui est excellent. La côte, conservant son caractère découpé, se dirige ensuite d'une façon générale vers le sud jusqu'au Shiwonomisaki ; cependant au cap Mugi elle change brusquement de direction pour aller vers l'ouest. Dans cette partie il faut citer la baie d'Hamashima et le petit port du même nom, puis celle de Katsura, qui offre un assez bon abri.
Dans toute cette partie on trouve de nombreux replis assez bien protégés, où s'est développée une population considérable ; les bons mouillages y abondent. A partir du nord citons : la baie d'Owashi, au nord d'un renflement de la côte, et au sud le port et la ville de Kata. Ce renflement est dû à une ligne de hauteurs qui caupe transversalement la presqu'île et qui dépend du système de Tawara ; le sommet le plus important de ce chaînon est le Tamakiyama.
On trouve ensuite l'embouchure du Kumanogawa, qui prend ses sources sur le versant ouest de la chaîne occidentale de Noto au point où elle est croisée par le système de Tawara, dans le massif du Nakakamidake. Ce petit fleuve coule vers le sud, franchit par des passages pittoresques et difficiles la chaîne du Tamaki, puis, en se recourbant à angle droit, la chaîne occidentale de Noto, et enfin se jette à la mer près de Shingu (9,200 hab.), après un cours extrêmement tourmenté et difficile (35 lieues).
Ses affluents de gauche sont insignifiants, mais il reçoit à droite le Totsugawa, qui sort de la même ride montagneuse et qui a un assez grand développement. Ces deux cours d'eau ne sont remontés que par de mauvais chemins.
Au sud de l'embouchure du Kumano se trouve l'importante baie de Katsura, et plus bas le Kozagawa.
Entre l'île d'Oshima et la côte se trouve le très bon mouillage d'Oshimaura.
A partir du Shiwonomisaki , la côte, toujours montueuse et découpée, prend une direction générale nord-ouest. L'Atakagawa se jette à l'ouest de l'Atakazaki, qui abrite le petit port de Susami ; il vient du Wanadomoridake, de la chaîne du Tamakiyama ; citons encore, avant d'arriver auHiinosaki, le petit port de Tanabe, à l'abri du Setosaki, et plus au nord l'embouchure du Hidakagawa, qui prend naissance dans une des parties centrales de la chaîne Tamakiyama, décrit un arc de cercle et la longe ensuite jusqu'à son embouchure.
Après le Hiinosaki la côte se dirige vers le nord et présente les deux caps importants Miyasaki et Jogasaki.
La baie de Hirominato et la ville de Iusawa se trouvent au sud du premier ; un peu au nord se jette l'Aritagawa, qui vient de Test, en longeant au nord la chaîne du Tamakiyama. Symétriquement placée par rapport au Miyasaki se trouve la baie et la ville de Kuroe (6,300 hab.).
Plus au nord, sur la côte, à l'embouchure du Kinogawa, s'est développée la ville de Wakayama (56,000 hab.). Elle est actuellement le chef-lieu de la préfeclure de même nom, mais fut jadis la résidence des princes de Kiushiu, issus du huitième fils de Ieyas. La ville, autrefois très prospère, a décliné rapidement après la restauration ; mais elle commence à se relever. Elle est le centre d'un important commerce de coton.
Le Kinogawa ou Kiinogawa, qui porte le nom de Yoshinogawa dans sa vallée supérieure, vient de l'est-nord-est, prolongeant exactement le cours du Kushida ; il longe au sud la chaîne de l'Inunakiyama (alignement de Tawara).
Les seuls points à signaler sur son cours sont Shimoichi, Gojiô et Hashimoto, d'où part, se dirigeant vers le nord, une route carrossable.
La côte, basse et sablonneuse, se dirige ensuite sans inflexions vers le nord-est, jusqu'à Sakai (44,000 hab.), chef-lieu de la préfecture de même nom, près de l'embouchure du Yamatogawa. Cette ville est reliée à Ozaka par une voie ferrée.
Le Jogasaki n'est séparé de la pointe Oishizaki de l'île d'Awaji que par une ouverture de deux lieues environ, divisée en trois parties par les deux îlots de Tomagashima, près d'Awaji, et Chishima; c'est l'entrée dans la mer Intérieure par le golfe d'Ozaka.
Ce golfe, limité à Test et au nord par le Hondo, à l'ouest par l'Ile d'Awaji, forme un ensemble très bien caractérisé.
Le Yamatogawa, qui autrefois se jetait, dit-on, dans la rivière
d'Ozaka, n'a aucune importance; il serait à peine utile de le citer, si dans son bassin, qui est extrêmement peuplé, sur un petit affluent de droite, ne se trouvait la vieille ville de Nara (20,000 hab.). Elle a été la capitale du Japon pendant sept règnes, de 709 à 784, époque à laquelle l'empereur Kammu établit le centre de son gouvernement dans la province de Yamashiro, à Kyoto. Nara est en outre célèbre dans tout le Japon par les vieux souvenirs et les reliques précieuses que contiennent ses temples.
Si nous jetons maintenant un coup d'oeil d'ensemble sur la presqu'île de Yamato, dont nous venons de terminer la description, nous remarquerons qu'au point de vue orographique et hydrographique elle est particulièrement confuse, surtout au sud, à cause des différents plissements qui s'y sont croisés. Elle ne présente, du reste, aucun centre important ailleurs que sur la côte ; mais elle est extrêmement peuplée. Quant aux voies de communication, elle est entourée d'une sorte de voie à peu près carrossable, et ses côtes est et ouest ne sont mises en relation par des transversales qu'au sud de la chaîne Inanukiyama.
Au nord de cette ligne, les voies sont nombreuses et les communications faciles dans tous les sens.
Immédiatement au nord de l'embouchure du Yamatogawa commence le vaste delta de la rivière d'Ozaka, le Yodogawa ou Ujigawa, nom que porte le fleuve à sa sortie du lac Biwa.
Nous sommes ici au cœur du vieil empire du Japon ; c'est dans ces contrées que les conquérants venus du sud établirent le siège de leur puissance naissante.
Le lac Biwa (73 lieues de pourtour ; 100 m. d'alt.), d'où sort l'Ujigawa, est alimenté par de nombreux affluents, dont les plus importants prennent naissance au nord et à l'est dans les hauteurs de la chaîne occidentale de Noto *.
Au nord il reçoit l'Anekawa , qui ouvre dans la chaîne nord Biwa le col d'Itatori, qu'utilise la route de Fukui.
Longeant la rive orientale du lac, on trouve les points assez intéressants de Nagahama, d'où part le chemin de fer qui au nord va à Tsuruga et à l'est sur Gitu, par le col de Fujikawa ; de Hikone, où aboutit le Nakasendo, lequel vient de Gitu et franchit la chaîne
1. Biwa est le nom d'un instrument de musique chinois, dont la forme est vaguement rappelée par celle du lac.
occidentale de Noto au col d'Imasu. Près de là s'étend la plaine de Sekigahara, où leyas remporta une victoire définitive sur les partisans de Hideyori, fils de Hideyoshi. On rencontre plus au sud l'embouchure de l'Echigawa, qui passe par la ville de même nom; puis Hachiman, et plus bas enfin le triple débouché du Yokatagawa, dont le cours est suivi par le Tokaido.
Sut la rive occidentale, au nord, une petite rivière ouvre dans la chaîne un passage qu'utilise le chemin non carrossable qui met en communication, par Hikida, le bassin du lac Biwa et Tsuruga, sur la mer du Japon.
Le lac se déverse dans l'Ujigawa près d'Otsu, chef-lieu de la préfecture de Shiga. A sa sortie, le fleuve coule d'abord vers le sud, puis à l'ouest à partir de Fushimi, ancienne place forte, célèbre par les intrigues et les combats dont elle fut le théâtre après la mort de Taiko Sama, pendant que leyas luttait contre les partisans du fils de ce grand homme. C'est là aussi qu'au commencement des guerres de la restauration, se rencontrèrent pour la première fois dans un combat sérieux les troupes impériales et les partisans du shogun.
En amonfe de Fukita, TUjigawa se divise en un grand nombre de bras, dont les plus importants sont, à partir du nord : le Nakatsugawa, l'Ajikawa et le Kizugawa. C'est sur la branche septentrionale que se trouve Amagasaki (12,400 hab.), et sur la branche méridionale Ozaka, riche et populeuse cité de 300,000 habitants environ, bâtie sur les deux rives du Yodogawa.
En 1583, Hideyoshi résolut d'établir à Ozaka le siège de sa puissance, pensant qu'il pourrait de là dominer plus facilement les daimio du sud et de l'ouest. Il ordonna en conséquence la construction d'un château sur l'emplacement qu'occupaient autrefois les temples de la puissante secte de Shinshiu, laquelle avait résisté victorieusement à toutes les attaques de Nobunaga.
Les derniers restes des magnificences qui ornaient le palais de Hideyoshi ont disparu en 1868 dans l'incendie qu'allumèrent les défenseurs des Tokugawa, avant d'abandonner la forteresse. Il ne reste plus aujourd'hui que de puissantes murailles qui, quoique dénudées, sont encore très imposantes et des plus pittoresques.
Ozaka a un gouverneur spécial, comme Tokyo et Kyoto. C'est une des villes les plus populeuses du Japon; elle est ouverte au commerce étranger, mais son port, envahi par les sables, est devenu impraticable. Des travaux importants vont être prochainement entrepris pour le déblayer et l'améliorer.
La ville, occupée par une nombreuse garnison, possède en outre une fonderie de canons installée par des officiers français. Elle est le débouché naturel d'un bassin fertile, mais sujet à des inondations qui ravagent assez régulièrement cette région.
Près de Yodo, l'Ujigawa reçoit sur sa rive gauche le Kizugawa, qui sort du Takiyama, dans la chaîne occidentale de Noto. Cette dernière rivière ouvre par ses affluents de bons passages qui convergent à Ueno (12,400 hab.). C'est la première ville digne de mention à signaler sur son cours.
Les passages dont il vient d'être question sont :
1° Le col de Kamitsuge, par où passe un chemin carrossable qui va sur Yokkaichi, et qui, sur le versant oriental, se réunit à Seki avec la route remontant le Yokotagawa ;
2° Au sud du Takiyama, la route de Tsu.
Enfin , également de Ueno part vers le sud un bon chemin qui rejoint à Riumon celui qui longe le Kushidagawa et le Kinogawa. Sur cette dernière voie de communication s'embranche vers le nord une route qui va sur Nara, puis à l'ouest sur Ozaka.
Sur le cours inférieur du Kizugawa, aucun point important à signaler.
Nous laissons ici l'étude hydrographique du Hondo central en ce qui concerne le versant de l'océan Pacifique , pour remonter au nord et étudier dans la même partie de l'empire le versant de la mer du Japon.
Versant de la mer du Japon. — Nous avons abandonné la description du versant de la mer du Japon à l'embouchure de l'Arakawa. Plus bas, la côte, sablonneuse et sans relief, s'infléchit vers le sud-ouest, et successivement débouchent à peu de distance V Aganogawa et le Shinanogawa.
L'Aganogawa vient directement de l'est et sert de déversoir au beau lac d'Inawashiro. Ce lac, de près de 4 lieues carrées de superficie, est alimenté par une série de ruisseaux torrentueux qui descendent des hauteurs qui l'environnent. Parmi ces cours d'eau, un seul, le Sugawa, mérite une mention; il vient du nord, où il ouvre le col de Hihara ou Yatanitoge, par lequel passe la route de Wakamatsu à Yonesawa ; la rivière elle-même est remontée par un assez bon chemin qui se relie à la route précédente à Hihara, au pied du col.
L'Aganogawa sort du lac par un étroit canal sous le nom de Nichihashigawa. Dans cette partie de son cours, le fleuve est
encaissé, torrentueux ; son volume s'accroît rapidement, à cause surtout de l'importance des affluents qu'il reçoit à gauche, et c'est ainsi qu'il atteint et franchit par une cluse, entre Hokawa et Fukutori, la chaîne subordonnée ouest.
Cette cluse divise à proprement parler le bassin de l'Aganogawa en deux parties : le bassin supérieur à l'est et le bassin inférieur qui s'étend à l'ouest jusqu'à la mer.
Dans son cours inférieur il ne reçoit pas d'affluents sérieux; il passe par Tsugawa et va directement à l'ouest jusqu'à son confluent avec le Hayadegawa ; là, se recourbant à angle droit, il gagne la mer en coulant au nord. Il est probable qu'à une époque peu reculée l'Aganogawa se jetait dans le Shinano en suivant sans doute la dépression utilisée maintenant par le canal qui réunit encore les deux cours d'eau, le Koaganogawa, « le petit Agano ».
La vallée de l' Agano est, sur toute son étendue, accidentée, ravinée ; les voies de communication ne se sont donc point établies naturellement sur ses bords ; elles y touchent par endroits, mais s'en éloignent souvent pour trouver des passages faciles.
Affluents. — Le premier affluent que le fleuve reçoit à gauche après sa sortie du lac est le Kurokawa, petit cours d'eau insignifiant, mais qui passe à Wakamatsu (20,000 hab.), la ville la plus importante du pays d'Aidzu. Elle était autrefois la résidence d'un puissant daimio dévoué aux Tokugawa, qui fut le dernier en 1868 à céder aux armées impériales. Enfermé dans le beau et solide château qu'il avait élevé et renforcé, il y résista à toutes les attaques avec une petite armée de samurai dévoués. Sa citadelle ne fut point enlevée de vive force; mais, apprenant la défection successive de ceux qui combattaient pour la même cause que lui, il se décida à capituler et fut d'abord exilé. Pourvu maintenant d'un emploi honoraire insignifiant, il continue à vivre dans le pays qu'il gouvernait jadis, au milieu d'une population énergique, fière de son histoire et qui peut-être ne songe pas sans regrets au passé et ne contemple pas sans amertume les restes du shiro qui faisait son orgueil. Le siège du château de Wakamatsu et celui du château de Kumamoto dans Kiushiu pendant l'insurrection de Satzuma comptent parmi les faits d'armes célèbres du Japon.
Wakamatsu, dont la richesse va périclitant, est au centre d'une vaste plaine d'alluvion, riche, bien cultivée et qui nourrit une population chevaline nombreuse et assez estimée. C'est un nœud de routes des plus importants. Elle est en effet reliée par des voies carrossables au nord avec Yonesawa, par le Hiharatoge ; au nord-
est avec Fukushima, par le col de Yokonuki ; au sud-est avec Shirakawa, par le Seishidotoge; au sud avec Nikko et Utsunomiya, par une route nouvellement construite qui franchit la chaîne centrale au col de San no, et enfin à l'ouest avec Niigata, par une voie également toute récente qui, au prix de travaux d'art considérables, met ces deux villes en communication directe. L'ancienne route passait parShibata, au nord. Grâce à ce réseau très complet et de création à peu près actuelle, grâce surtout à la ligne ferrée qui la réunira aux côtes de la mer du Japon et à celles de l'océan Pacifique, il est possible que Wakamatsu, devenant le centre des échanges entre les deux mers, reprenne de son ancienne importance.
Les deux affluents de gauche qui suivent le Kurokawa sont plus sérieux.
Ils prennent l'un et l'autre leur source dans la même région, coulent d'abord en sens inverse, puis tendent à se rejoindre, entourant comme d'un fossé le massif de l'Hakaseyama et ses dépendances. Le Tsurunumagawa a dans son bassin supérieur la petite ville de Tajima, où la route de Wakamatsu à Utsunomiya, qui remonte d'abord sa vallée, l'abandonne pour prendre celle d'un affluent de droite et gagner le col de Sanno.
Le Tadamigawa, qui vient du massif de l' Arasa wadake, sort du lac d'Osé (Osenuma). Sa haute vallée communique par un mauvais passage muletier d'abord avec la tête de son affluent de droite llnagawa, et par les affluents de droite de ce dernier cours d'eau avec le Tsurunumagawa.
La chaîne du système nord Biwa, dans laquelle ces rivières prennent naissance, est une véritable barrière qui a longtemps servi de limite aux peuplades autochtones, aux Aino luttant contre l'envahisseur du sud. Beaucoup de villages portent encore des noms rappelant les luttes soutenues dans les premiers siècles de notre ère.
Le Tadamigawa longe de très près à l'est une chaîne également importante, présentant un grand caractère d'unité et presque infranchissable; on peut la rattacher à la chaîne subordonnée ouest. Ses sommets les plus importants sont l'Otoridake et le Sumondake.
Le bassin supérieur de l'Aganogawa, est donc une véritable forteresse entourée de toutes parts de hautes chaînes de montagnes ; c'est ce qui explique l'importance de cette région et la résistance qu'elle a offerte aux troupes impériales pendant la guerre de la restauration.
Dans la partie inférieure de son cours, en traversant la plaine
formée à une période récente, le fleuve se grossit d'un assez grand nombre de cours d'eau peu intéressants, dont l'un vient à droite de Shibata (18,300 hab.), ville prospère où se trouve une petite garnison détachée de Sendai.
Il y a deux ans à peine, la seule voie de communication carrossable entre Wakamatsu et Niigata passait par Numatari, Shibata, Tsugawa, Hokawa et Nojiri.
Le Shinanogawa (90 à 100 lieues), dont il a été déjà question à plusieurs reprises à cause de l'importance de ses relations avec les autres régions du pays, est un des grands fleuves du Japon.
Son bassin se divise naturellement en deux parties. Le bassin supérieur prolonge, comme nous l'avons dit, celui du Tenriugawa sur le plateau de Shinano, tandis que le bassin inférieur se développe dans une direction presque parallèle à la côte.
Comme d'habitude, le fleuve qui se jette à la mer sous le nom de Shinano prend sur son parcours différentes dénominations , et près de sa source notamment, celle de Saigawa.
La vallée supérieure du Saigawa communique avec celle du Kiso par le Toriitoge, utilisé par le Nakasendo, lequel d'ailleurs ne fait que franchir la vallée qui nous occupe, puisque la grande route gagne aussitôt Suwa, mais en envoyant un embranchement carrossable dans la vallée du Sai. Celle-ci est fortement encaissée, déchiquetée^ nous retrouvons ici le caractère signalé plus haut pour le Tenriu : c'est que les voies de communication courent sur les flancs à une certaine distance du fleuve. Dans le bassin supérieur, sur les rives mêmes du cours d'eau, on ne trouve par conséquent aucune agglomération importante.
Le Saigawa coule directement au nord, mais Use heurte au Mushikurayama, est obligé de se replier à l'est, reprend aussitôt sa course dans sa direction première, rencontre vers Iyama le bourrelet du plateau de Shinano, le longe et, profitant enfin d'une brèche, le franchit à Teraishi par une cluse dans laquelle il forme des rapides assez violents.
Le cours inférieur du Shinanogawa est, au contraire, calme et sinueux ; ses bords ne sont plus ni largement ravinés ni escarpés, mais mollement accidentés ; aussi la route le suit de près et de nombreuses villes se sont développées sur ses bords. C'est ainsi que nous trouvons Tokamachi, Ojiya (6,500 hab.), Nagaoka (25,000 hab.), autrefois résidence d'un daimio ; puis Sanjo (8,000hab.), et enfin, à l'embouchure du fleuve, sur la rive gauche, Niigata (41,500 hab.), chef-lieu de la préfecture de même nom, port
ouvert au commerce étranger, mais peu fréquenté. Une barre interdit l'entrée du fleuve, et les navires doivent mouiller au large, sans abri, livrés aux caprices d'une mer souvent peu clémente. D'ailleurs Niigata n'a pas de colonie étrangère. En dehors des missionnaires il n'y avait, en 1886, qu'un seul résident européen. Niigata est célèbre dans tout le Japon par ses mœurs dissolues et la beauté de ses femmes. C'est, du reste, une ville extrêmement commerçante, que l'ouverture du chemin de fer en cours de construction ne fera que développer.
Affluents de droite. — Le premier à signaler est le Tagawa, qui passe à Matsumoto (14,500 hab.), ancienne capitale de la province de Shinano. C'est la ville la plus populeuse du plateau; elle n'est cependant le centre d'aucune division administrative ; le gouvernement, en portant à Nagano, au nord de la province, le chef-lieu de la préfecture, a voulu la punir de l'esprit d'indépendance de ses habitants et de l'attachement qu'elle témoigna à la cause des Tokugawa en 1868.
Plus bas, le Saigawa reçoit un affluent de la plus grande importance, qui double le volume de ses eaux : c'est le Chikumagawa. Il prend sa source entre les deux sommets du Mikuni et du Kokushi, et d'une façon générale coule vers le nord-ouest. Sa vallée supérieure jusqu'à Yahata, encaissée et très pittoresque, est formée par la chaîne Assama-Fuji à l'est, et par un chaînon dépendant du Tatsugadake.
A Yahata, où elle est croisée par le Nakasendo, la rivière se dégage un peu des montagnes ; mais, comme tous les cours d'eau du plateau de Shinano, elle coule dans un lit extrêmement encaissé. Le Chikuma passe ainsi à Komoro (6,000 hab.), près d'Ueda (6,000 hab.), et àMatsuhiro (8,000 hab.).
A partir de Komoro, sa vallée est longée sur la rive droite par une route carrossable qui se détache du Nakasendo près d'Oiwake, au débouché ouest du col d'Usui, et se réunit sur la rive gauche du Shinano à la route qui descend la vallée du Saigawa.
Le Chikuma ne reçoit à droite que des affluents sans importance; mais à gauche, descendant des hauteurs assez sérieuses qui séparent son bassin de celui du Saigawa et de celui du Tenriu, il est grossi de quelques cours d'eau, dont le plus intéressant est le Wadagawa, qui ouvre le col très élevé et difficile de Wada (1,650 m. d'alt.); celui-ci est obstrué par les neiges jusqu'à la fin d'avril, mais n'est cependant pas absolument impraticable pour les piétons. C'est le point le plus élevé du Nakasendo. Il fait commu-
niquer le bassin du Chikuma et celui du lac Suwa, c'est-à-dire du Tenriu.
Matsumoto est reliée directement à Komoro par un assez bon chemin muletier qui franchit le chaînon s'étendant entre le Saigawa et le Ghikumagawa au col de Hôfukuji.
Dans le bassin inférieur du Shinanogawa, citons parmi les affluents de droite le Kiyotsugawa, qui descend du Mikunitoge, et l'Iwonumagawa, qui vient du Shimizugoe.
Les routes venant du bassin du Tonegawà et qui passent par ces deux cols se réunissent à Muikamachi; elles atteignent le Niigaiakaido à Ojiya. C'est une petite ville prospère qui se trouve sur Tlwonumagawa ou Uitagawa.
Enfin nommons encore parmi les nombreux affluents de droite le Kariyatagawa et l'Isoarashigawa, qui se jette dans le Shinano à Sanjo. La plupart de ces cours d'eau ouvrent des communications directes entre le bas Shinano et le pays d'Aidzu.
Affluents de gauche. — Parmi les affluents de gauche, qui sont tous des torrents sans importance réelle, les plus intéressants sont:
L'Azusagawa, qui ouvre dans la chaîne du Tateyama le col de Nomugi(2,000m. d'alt.).
Le Takasegawa, dont une branche passe à Omachi (3,000 hab.), petite ville qui est au débouché de la passe presque infranchissable de Harinoki. La rivière d'Omachi a ses sources opposées à celles du petit fleuve côtier Himekawa, qui limite à l'est la chaîne du Tateyama et qui est suivi par une assez bonne route qui rejoint celle qui longe au nord la côte de la mer du Japon.
Le Naganogawa passe à Nagano (7,000 hab.), chef-lieu de la préfecture de même nom ; cette ville est surtout célèbre par son temple de Zenkoji, qui dépend de la secte de Monto ou Shinshiu.
Au sud de Niigata, la côte, d'abord basse et sablonneuse, se relève rapidement en prenant jusqu'à l'entrée du golfe de Toyama une direction générale nord-est sud-ouest. Elle est dominée et accidentée par les contreforts de hauteurs qui dépendent de deux systèmes différents.
D'abord au nord, entre Niigata et Kashiwasaki (14,000 hab.), par le prolongement de la chaîne de l'Assama, qui est limité à l'est par le Shinano et à l'ouest par la petite rivière de Kashiwasaki; puis au sud de ce cours d'eau la côte est longée par le chaînon important du système nord Biwa qui borde le plateau de Shinano.
Nous signalerons dans cette région l'Aragawa, qui passe à Takata
(27,000 hab.), et se jette dans la mer à Naoetsu (6,000 hab.). Sa vallée prolonge celle du Saigawa ; elle est suivie par une route qui se relie au Niigatakaido à Nagano. Si les travaux entrepris sont continués, Naoetsu sera prochainement en communication au moyen d'une voie ferrée, d'une part avec /Tokyo par Nagano et le col d'Usui, de l'autre avec Niigata.
Entre TAragawa et l'Himekawa, le chaînon nordBiwa s'épanouit pour former un épais massif à peu près impraticable, d'origine volcanique, ou du moins fortement modifié par d'anciennes éruptions, et dont les sommets importants sont le Yakeyama et le Takatsumayama.
L'Himekawa, opposé par ses sources à FOmachigawa, coule directement au nord ; il présente surtout un intérêt géographique en ce sens qu'il limite très exactement à l'est la chaîne du Tateyama.
La route qui longe la côte parcourt, à l'ouest de l'embouchure de ce petit fleuve, une région de plus en plus sauvage et abrupte, et là où finit sur la mer la chaîne du Tateyama les montagnes ne laissent qu'un étroit passage.
Nous avons dit comment cette chaîne de montagnes était double en quelque sorte ; c'est entre ces deux parties parallèles que coule le Kurobegawa, qui court, étroitement encaissé, entre les plus hautes et les plus belles montagnes du Japon, célèbres par leurs sites sauvages et grandioses. Sur une étendue de plus de vingt lieues, aucun village n'a pu grandir sur les bords du torrent. Cette vallée fournit des bois de luxe très recherchés.
A partir de l'embouchure du Kurobegawa, la côte se dirige franchement vers le sud, et décrit un demi-cercle concave très régulier dont le diamètre indique assez nettement la largeur de la dépression qui existe entre la chaîne du Tateyama et les alignements montagneux de Noto.
La côte est naturellement basse et peu mouvementée ; elle reçoit un grand nombre de cours d'eau, la plupart insignifiants.
Les plus intéressants sont cependant :
Le Jintsugawa, dont les sources sont opposées à celles du Hidagawa, dont il a été longuement question dans la description du versant de l'océan Pacifique. Ce fleuve, longé par une route carrossable, passe, près de ses sources, à Takayama (13,000 hab.), plus bas à Purukawa (3,000 hab.), et près de son embouchure à Toyama (30,000 hab.), chef-lieu de la préfecture de môme nom.
Toyama est le centre du commerce de la région ; elle est célèbre par le nombre vraiment étonnant de ses marchands et fabricants
de médecines et remèdes chinois. Pendant la belle saison, ces industriels se répandent par tout le Japon pour y débiter leurs produits, et l'hiver ils rentrent préparer les éléments d'une campagne nouvelle. C'est d'ailleurs une industrie qui disparaît rapidement, écrasée par des impôts disproportionnés.
La ville occupe , au fond du golfe qui porte son nom et qui est protégé à l'ouest par la presqu'île de Noto, une position symétrique de Tokyo au fond de sa baie protégée par la presqu'île de Kadzusa. Aussi donnait-on autrefois à Toyama le nom de « Petit Edo ».
Les deux villes ont eu un développement parallèle, mais naturellement beaucoup plus lent pour Toyama, qui est seulement le débouché naturel d'un bassin de petite étendue. Avec la puissante centralisation qui aspire vers Tokyo toutes les forces vives du pays, il est à présumer que Toyama, placée dans une position tout h fait excentrique, perdra de plus en plus de son importance.
Le Jintsugawa, qui dans sa vallée supérieure porte le nom de Miyagawa, ne reçoit pas d'affluents importants ; signalons cependant à droite le Takaharagawa, qui arrose la petite ville de Funatsu, et à gauche le Kotorigawa. Toyama est reliée par d'assez bonnes voies terrestres à Niigata au nord, à Kyoto au sud, et à l'ouest avec Nanao et Kanazawa.
A 4 lieues environ à l'ouest de l'embouchure du Jintsugawa se trouve celle de l'imizugawa, qui géographiquement fait partie du même bassin. Il prend ses sources sous le nom de Shirakawa dans la même région que le fleuve précédent, et coule directement au nord dans une vallée encaissée suivie par un mauvais chemin. Dans son cours supérieur il ne passe par aucune localité importante, mais non loin de son confluent avec le Yabegawa a grandi la cité populeuse de Takaoka (23,700 hab.), et près de son embouchure celle de Shinminato (19,000 hab.). A l'embouchure même de l'Imiztr se trouve la ville et le port de Fushiki, le meilleur, quoique fort médiocre, de tout le golfe; il est à vrai dire le port de Toyama. Un service régulier de bateaux à vapeur met Fushiki en relations, vers le nord, avec Naoetsu, Niigata, Akita, Hakodate, et vers le sud, avec Tsurugaet Nagasaki.
Peu après l'embouchure de l'Imizu, la côte se dirige vers le nord; elle s'accidente et devient profondément découpée ; c'est la rive orientale de la presqu'île de Noto.
Elle présente dans cette partie une large échancrure occupée par l'île de Noto, qui a donné son nom à la péninsule voisine.
Cette île, dirigée de l'est à l'ouest, divisant en deux l'échancrure
mentionnée plus haut, y forme en quelque sorte deux baies distinctes qui communiquent avec la mer, celle du sud de l'île par le détroit de Koguchi « petite bouche », celle du nord par celui d'Oguchi « grande bouche », et entre elles, à l'ouest, de l'île par le détroit de Mitsugakuchi. Chacune des baies subordonnées dont il vient d'être question a un bon port : celle du sud celui de Nanao (8,200 hab.) face au nord, et celle du nord celui de Nakai.
L'ensemble de ces baies et de ces ports constitue, au point de vue purement maritime, une série d'excellents abris et de refuges sûrs ; malheureusement, au point de vue commercial ils sont absolument inutilisables. Noto est dans une position tout à fait extérieure, en dehors de tout mouvement commercial, et ces ports qui ne peuvent servir de débouché qu'à l'une des provinces les plus pauvres de l'empire resteront par conséquent ce qu'ils sont, des ports de refuge et de pêche. Sur la côte orientale, aucun autre point à signaler, aucun cours d'eau intéressant.
Le nord de la presqu'île s'aligne dans une direction parallèle au système nord Biwa, et sur son prolongement se trouve l'îleSado,que nous étudierons plus loin. Sur la côte nord de la presqu'île, à l'embouchure du Hôshigawa, se trouve la petite ville deWajima(7,000hab.). C'est la plus importante de la côte. Celle-ci se recourbe ensuite à angle droit et se dirige vers le sud, sans sinuosités accentuées, longée de près par l'arête de la presqu'île. Nous ne citerons sur la côte occidentale que le Hakuigawa, qui est au débouché du petit lac de même nom.
Par suite de sa situation, la presqu'île de Noto est une des régions restées les plus en dehors du mouvement qui semble porter dans de nouvelles directions les idées générales du peuple. C'est une sorte de Bretagne. Les habitants, clairsemés, y sont très attachés à leurs vielles habitudes.
Les ports que nous avons signalés précédemment sur la côte orientale, et qui, placés ailleurs, pourraient avoir quelque importance militaire, sont à ce point de vue même à peu près inutilisables. 11 est peu probable qu'en cas de conflit naval les forces maritimes du Japon et d'une autre puissance se rencontrent dans ces parages éloignés de tous les points vitaux de l'empire.
La presqu'île n'est sillonnée que par des chemins mal entretenus, accessibles à des piétons ou à des animaux de bât, Ce n'est pas que les hauteurs assez modestes qui en occupent l'intérieur s'opposent à l'ouverture de bonnes routes, mais le besoin ne s'en fait pas sentir. Le port de Nanao est seul relié par une voie carrossable d'une part avec Toyama, de l'autre avec Kanazawa.
Au sud de l'embouchure du Hakuigawa, la côte se dirige vers le sud en inclinant un peu à l'ouest; elle est basse et sablonneuse jusqu'à l'Antôsaki.
L'Assanagawa sert de déversoir au lac Kawakita. Plus bas débouche le Saigawa, petit cours d'eau insignifiant, mais qu'il faut citer parce qu'il passe à Kanazawa (104,000 hab.), chef-lieu de la préfecture d'Ishikawa, ancienne résidence et place forte des princes de Kaga, de la famille Maeda, qui est la plus riche du Japon. Leshiro (château) est très beau et comparable presque à celui de Nagoya. Pendant la guerre de la restauration, la conduite du clan de Kaga manqua un peu de netteté ; il mit quelques troupes au service de l'empereur et vit sans trop d'irritation ses samurai aller par bandes soutenir la cause des Tokugawa. Pour ces raisons, les hommes de cette province n'occupent encore que des situations modestes dans les diverses administrations, mais ils sont le nombre, et dans quelques années ils joueront sans doute un rôle important dans la direction des affaires publiques et dans l'armée.
Le Tetorigawa sort de l'Hakusan, l'un des sommets de la chaîne orientale de Noto. 11 coule d'abord du nord au sud dans une sorte de couloir compris entre ces hauteurs et celles parallèles de l'alignement occidental de Noto, qui sont particulièrement accentuées. Ce petit fleuve n'arrose aucun point important; à partir de Tsurugi (3,000 hab.), il se recourbe à angle droit pour gagner la mer, contournant l'extrémité nord du chaînon ouest de Noto.
Le Tetorigawa est, à partir de ce point, mis en communication par de nombreux canaux avec le Saigawa (de Kanazawa) et avec la mer. C'est une région fertile, populeuse et bien cultivée.
Plus au sud, bien que basse, la côte est dominée par l'épanouissement montagneux signalé plus haut, mais entre sa base et la mer quelques lacs ont cependant pu se former ; le plus important est celui de Komatsu, au sud de la ville de môme nom (10,000 hab.).
Une route carrossable longe le pied des hauteurs à une lieue environ de la côte ; elle vient de Toyama par Takaoka (23, 700 hab.), Tsubata (2,500 hab.), où elle se réunit à celle qui conduit à Nanao.
Immédiatement au sud du cap Antô se jette le Hinogawa, qui vient du sud en longeant à l'est les hauteurs occidentales de Noto. Ses sources sont opposées à celles de l'Anegawa, l'un des tributaires du lac Biwa, et ouvre avec lui le col d'Itatori, utilisé par la route de Sakai, qui n'est pas carrossable au passage des montagnes; elle longe le cours du Hinogawa. Cette vallée est extrêmement peuplée, mais ne présente d'agglomération importante qu'à son
embouchure sur la rive droite, où se trouve un bon mouillage et où grandit la petite ville de Sakai (9,000 hab.).
Des nombreux affluents de ce cours d'eau nous ne citerons à droite que l'Asukagawa. Près du confluent de cette rivière et du Hinogawa se trouve la ville de Fukui (40,000 hab.), chef-lieu de la préfecture de même nom, autrefois résidence et place forte des princes d'Echizen.
Cet affluent et le suivant du même côté, le Kuzuriugawa, qui est plus important, présentent ce caractère particulier que leurs vallées supérieures, dirigées du nord au sud suivant les chaînons du système Noto, les franchissent en se recourbant à l'ouest; leurs vallées décrivent donc des courbes parallèles. Dans celle du Kuzuriugawa citons Ono (9,000 hab.).
Au sud de l'Antôsaki, la côte, d'abord couverte de dunes, s'accidente bientôt et présente, au cap Echizen, de magnifiques falaises. De ce point elle change de direction vers le sud-est, s'inclinant pour former la côte orientale de la baie de Tsuruga.
C'est l'une des meilleures du Japon, à cause de son étendue, de la profondeur de ses eaux et de l'abri complet qu'elle peut donner à de nombreux vaisseaux.
Elle présente en outre cet avantage qu'elle est près du centre même de l'empire; au point de vue militaire surtout elle est très importante. La ville de Tsuruga (15,000 hab.), qui donne son nom à la baie, en occupe le fond; elle est appelée à se développer assez Rapidement quand la voie ferrée qui la relie actuellement à Nagahama sera prolongée jusqu'à Kyoto. Tous les produits du versant occidental du Hondo y afflueront alors, pour être ensuite transportés rapidement à Ozaka, Kyoto et Kobe.
Le chemin de fer de Tsuruga à Nagahama franchit la chaîne DordBiwa par une suite de tunnels assez étendus.
Aucun ouvrage de fortification ne défend encore la baie de Tsuruga, qu'il serait cependant aisé de protéger.
D'après les observations qui précèdent, on voit l'intérêt qu'aurait un ennemi à mettre vivement la main sur cette ville et à occuper le plus vite possible les hauteurs qui la séparent du lac Biwa. Étant donné la situation actuelle et la répartition des troupes, cette opération ne présenterait pas de trop grandes difficultés.
Nous arrêterons ici la description du Hondo central.
Le reste de l'île sera examiné dans le 'paragraphe suivant ; mais remontons d'abord un peu vers le nord sur le parallèle de Niigata, pour étudier Sadoshima.
Ile de Sado. — Au point de vue orographique, File de Sado, Tune des grandes îles secondaires du Japon proprement dit, se compose de deux chaînons parallèles qui dépendent peut-être du système nord Biwa, alignement de Noto nord. Entre ces deux chaînons la mer découpe la côte et y forme deux golfes assez profonds opposés par le sommet, tandis que les extrémités des crêtes parallèles projettent dans la mer des caps très accentués.
C'est ainsi que le chaînon le plus occidental se termine au nord par le cap Hajiki et au sud par celui de Kasuga, tandis que le chaînon le plus oriental se termine au nord par le cap Nurugi et au sud par le Sawasaki.
Les sommets les plus saillants du chaînon occidental sont le Kongosan et le Kimpokusan, tandis que le Kanasayama domine le chaînon oriental, qui est moins accentué.
Au point de vue hydrographique, l'île ne présente naturellement que des cours d'eau insignifiants. Le plus intéressant est le Kokufugawa, qui coule entre les deux chaînes parallèles et débouche dans le golfe du sud.
Le meilleur port de l'île est, au fond du golfe du nord, Ebisuminato (3,400 hab.). Il est assez bien abrité, et c'est là que pendant les gros temps les navires mouillés au large de Niigata vont chercher un refuge. Ebisuminato est un port ouvert au commerce européen depuis 1869 (traité avec l'Autriche). Les transactions y sont nulles cependant, et c'est uniquement à cause des mauvaises conditions dans lesquelles se trouve la rade de Niigata que les étrangers ont été admis à Ebisu.
Le golfe du sud ne présente pas de refuge aussi sûr : le meilleur est celui de Sawane; il est assez mal abrité, mais utilisé cependant quand les vents interdisent l'entrée de celui d'Ebisu.
La ville la plus importante de l'île est située sur la côte occidentale, vers le sud. Aikawa (12,700 hab.) est le centre d'une région aurifère qui , exploitée depuis plus de trois siècles par les indigènes, est maintenant outillée à l'européenne ; cependant les bénéfices compensent à peine les frais d'installation , d'entretien et de main d'œuvre.
Ogi (2,600 hab.), au sud du chaînon oriental, est un petit port assez florissant.
Les habitants de Sado, peu nombreux, très pauvres malgré l'or que contient le sol qu'ils foulent aux pieds, sont doux et hospitaliers; les missions catholiques y font d'assez nombreux prosélytes.
En deux mots, et pour résumer quelques faits importants relatifs au Hondo central, nous dirons qu'au point de vue orographique les caractéristiques de cette région sont :
1° Le plateau de Shinano et sa ceinture de hautes montagnes, formant comme une immense citadelle au centre du Hondo ;
2° Gomme un fort détaché au nord-est, le massif de Nikko ;
3° Au sud-est le Fujisan, qui se dresse comme une sentinelle avancée.
Nous ne reviendrons pas sur les voies de communication, au sujet desquelles nous avons longuement insisté.
Dans une guerre nationale sérieuse, nous pensons que c'est dans le terrain que nous venons d'étudier, dans le plateau central du Hondo, que les armées japonaises pourraient, si le sort des armes les trahissaitt au début, se reformer dans ces forteresses naturelles pour tenter de nouveau la fortune. C'est là vraiment qu'est, au point de vue militaire, le centre du Hondo ; il faudrait le sillonner de routes et de chemins de fer. C'est le cœur de l'empire, disons-nous, mais il est à craindre qu'avec le système de centralisation à outrance qui est actuellement en vigueur, le sort de Tokyo ne fixe en cas de guerre celui du Japon.
On a voulu étouffer l'esprit de particularisme des provinces : on y est parvenu, assez médiocrement d'ailleurs, au détriment de la vitalité réelle du pays. Les novateurs ont trop pensé aux ennemis du dedans, pas assez à ceux du dehors, qui sont les seuls dangereux.
§ 3. — Le Hondo occidental.
OROGRAPHIE
Dans toute la partie du Hondo qui a été étudiée jusqu'ici, les montagnes les plus importantes dépendaient surtout du système de plissement sud-nord 10° est.
Dans le Hondo occidental, au contraire, ce système n'a eu que des effets secondaires, et les deux directions de hauteurs qui caractérisent cette région dépendent :
i* Du système est-ouest 12° sud : système de Tawara ;
.2° Du système est-ouest 37° sud : système nord Biwa.
"Système est-ouest 12° sud. — L'alignement montagneux qui à l'ouest du lac Biwa se développe dans le Hondo occidental jusqu'au méridien des lies Oki , en dessinant la côte sur la mer du Japon, dépend de ce système.
Cette chaîne, qui se compose de trois fragments, ne court pas d'ailleurs h égale distance entre les deux mers ; elle est plus rapprochée de la côte nord. Elle débute à Test par le massif Mikuniyama-Ghiiyama et se prolonge vers l'ouest en forçant l'Iuragawa (Wachigawa dans son cours supérieur) à faire le coude de Fukuchiyama. Au delà de la rivière elle se continue ensuite par un chaînon qui présente un grand caractère d'unité et dont les sommets importants sont : le Mikunigadake d'ikuno, le groupe Ikedayama-Naginosen. A l'ouest, la chaîne présente un affaissement d'où sortent la plupart des cours d'eau qui contribuent à former le Higashiôgawa, « grande rivière de l'Est », qui se jette dans la mer Intérieure; puis elle reprend sa direction première et se prolonge sans interruption jusqu'au Gôgawa, en se relevant aux sommets de Mikuni de Misaka, d'Azumayama et de Kotohikiyama.
Le fragment oriental de cette chaîne est traversé en son milieu, à l'ouest du massif Mikuni-Ghiisan, par la route carrossable qui, remontant la vallée du Wachigawa, va de Kyoto à Obama, sur la mer du Japon, en passant par Sonobe et le col de Tsurugaoka» Dans cette partie, ce fragment est croisé à l'ouest du lac Biwa par un chaînon du système sud-nord 10° est, qui forme la berge occidentale de cette nappe d'eau.
Malgré son grand caractère d'unité, la partie centrale de la chaîne qui nous occupe offre cependant quelques passages dont les plus importants sont :
1° A l'ouest du Mikunigadake d'ikuno, le col d'ikuno, assez praticable, ouvert d'une part par l'Ichikawa, qui coule vers le sud, et de l'autre par l'Asagogawa, qui, en sens inverse, coule exactement vers le nord.
2° A Test du Naginosenyama, les deux cols de Sakane et de Kurowo, ouverts du côté du sud par les affluents du Higashiôgawa, et au nord par ceux du Sendaigawa.
Le fragment occidental, très abrupt, très tourmenté, est cependant traversé par de nombreux passages, peu praticables il est vrai, qui, venant du sud, rayonnent à partir de la petite ville de Miyoshi t située sur le Gôgawa. Ils remontent les hautes vallées des affluents de droite de ce fleuve, puis, après avoir franchi les montagnes, convergent sur le versant septentrional vers Matsue et Kizuki. La vallée même du Gôgawa, extrêmement encaissée, n'est suivie par aucun chemin.
La chaîne que nous venons d'examiner a été coupée par d'autres plissements qui ont eu des influences plus ou moins marquées ;
ainsi dans la deuxième section, au Mikunidake d'ikuno, elle est croisée par un chaînon important du système du nord du Hondo. Sur la mer du Japon il forme la presqu'île de Mineyama, laquelle se termine au Kiogasaki; le Mitakeyama en est le sommet le plus intéressant.
Au sud du Mikunidake d'ikuno, ce chaînon a moins d'importance; il forme les hauteurs de la rive gauche de l'Ichikawa.
Dans la troisième section, fragment occidental, l'Okutaniyama «st relié par une ligne de hauteurs très nette au sommet du Daisen (1,650 m.), volcan éteint dont la masse très imposante étend ses dernières pentes jusqu'à la mer du Japon.
On voit donc en résumé que la ligne qui joint les sommets les plus importants est fort sinueuse, ce qui provient de l'action des «aux et de celle des volcans ; il faut par conséquent une observation assez attentive pour retrouver dans la dorsale de cette partie du Uondo les traces de l'alignement est-ouest 12° sud.
Au contraire, cette direction saute aux yeux quand on examine les cartes géologiques de cette région, et sur le terrain même quand on étudie les hauteurs qui accidentent cette partie du Hondo au sud de la dorsale.
Celles-ci sont toutes parallèles entre elles et à l'alignement de Tawara ; certaines même présentent une netteté de lignes et une pureté de direction qui rappelle, en France, au nord des grandes Pyrénées, le chaînon si intéressant des « petites Pyrénées ».
Le premier chaînon , la première ride subordonnée , s'étend de Sonobe à Miyoshi sur une étendue correspondant à trois degrés de longitude. Sa partie orientale forme deux chaînons parallèles laissant entre eux une sorte de couloir utilisé par la rivière de Sasayama, le Kugakawa.
La chaîne subordonnée sud ne reprend ensuite avec un certain caractère de continuité qu'à, partir de Yamazaki sur l'Ibagawa; il forme alors, en allant vers l'ouest, les hauteurs de Hattojiyama, celles de Daiwosan, Ohirayama, celle de Keisokusan, et plus au sud le Senyosan et le Hoshinokoyama.
Au sud de ce premier chaînon, de la chaîne subordonnée méridionale, il en existe d'autres parallèles, mais moins bien déterminées, quoique par endroits on en trouve des fragments très nets, par exemple au nord de Kobe, le groupe de l'Okkôsan, puis à l'ouest dans la province de Bingo, les rides parallèles, Senyôsan- Dakeyama et Hubeyama-Yojoyama.
La chaîne subordonnée sud et les autres fragments parallèles,
mais plus méridionaux, dont nous venons de parler sont loin déformer des lignes de hauteurs continues. Ces alignements soni traversés en maints endroits par les cours d'eau qui prennent naissance dans la dorsale et se jettent dans la mer Intérieure. Ils déterminent cependant les directions premières de beaucoup de ce& rivières ou de leurs affluents, qui longent ces chaînons pour trouver une brèche ou un affaissement qui leur permette de gagner la mer.
En résumé donc, dans toute la région comprise entre le lac Biwa et le méridien des îles Oki, des communications naturelles existent dans la direction est-ouest ; les habitants se sont bornés à les. améliorer.
Sans produire donc des hauteurs comparables à celles que nous avons trouvées dans le Hondo central, le système de plissement est-ouest 12° sud a eu dans cette partie du Hondo occidental une importance prépondérante.
Quand nous étudierons Shikoku, nous y trouverons des traces extrêmement intéressantes du même système.
Système est-ouest 37° sud. — Ce sont les hauteurs de ce système que nous avons désignées précédemment sous le nom d& «nord Biwa», qui ont modelé dune façon remarquable l'extrémité occidentale du Hondo.
On se rappelle que dans le Hondo central nous avons trouvé: trois alignements montagneux qui en faisaient partie :
1° Chaîne nord Biwa — massif de Nikko;
2° Hauteurs du bas Shinano ;
3° Alignement Noto nord — Sado.
C'est ce dernier alignement qui, prolongé vers le sud-ouest, donner la direction générale des hauteurs dont les dernières pentes au nord dessinent la côte du Hondo depuis le méridien des îles Oki jusqu'au détroit de Simonoseki. Au sud, des chaînes de même direction ou forment les couloirs que suivent les cours d'eau ou alignent certaines parties de la côte méridionale.
L'alignement Sado-Noto nord, croise celui du système est-ouest 12° sud dans le massif de Kotohiki, sur la rive droite du Gôgawa.
A l'ouest de ces cours d'eau, la chaîne débute par un massif important, le Shizuyama, dont un contrefort qui se dirige vers le* nord force la rivière à faire le coude de Hamabara. Elle prend ensuite un grand caractère d'unité , se relève aux sommets de Samukiri, Tadokoroyama, Yauneyama, Takiyama,'Onigajoyama, et à partir de ce point paraît changer de direction vers le sud ; mais-
elle s'affaisse en décrivant une courbe qui forme au nord le bassin supérieur du Takatsugawa.
Dans cette section, la chaîne n'est traversée par des chemins de quelque importance qu'en trois points :
1° A Test du Tadokoroyama, par le col de Kametani ;
2° A l'ouest de la même montagne, par le col d'Otsuka;
3° Par le médiocre passage Onigajotoge, à Test du sommet du même nom, Onigajoyama.
Cette partie de l'alignement est d'ailleurs très bien limitée au nord par la côte et au sud par la dépression dans laquelle coulent en sens inverse, en convergeant vers le même point, d'une part le Takiyamagawa, qui vient de l'est, et, de l'autre, l'Onigajogawa, qui vient de l'ouest. Ces deux rivières sont des affluents de l'Otagawa, qui se jette à Hiroshima dans la mer Intérieure.
La dépression dans laquelle coulent les deux petits cours d'eau précédents est prolongée plus à l'ouest par la vallée supérieure de l'Iwakunigawa, dont un petit affluent de droite ouvre le col de Maikaichi, qui met en communication Iwakuni et la vallée du Takatsugawa.
A l'ouest du bassin supérieur de ce cours d'eau, la chaîne, moins élevée cependant, se prolonge dans sa direction première depuis le Tokusagamine jusqu'au nord de Yamaguchi. Là, elle s'épanouit pour couvrir de ses ramifications l'extrémité du Hondo, en y formant de nombreux caps et des baies profondes.
Enfin, dominant l'extrémité occidentale du Hondo , se dresse le massif assez important d'Omineyama.
Hauteurs subordonnées est-ouest 37° sud. — Nous avons dit qu'au sud de la chaîne principale se développaient parallèlement des rides dépendant du même système.
La première et la plus intéressante à signaler s'étend du Gôgawa, qui marque assez exactement la région où les hauteurs changent de direction, jusqu'à la mer Intérieure. Cette ride forme les hauteurs qui dominent la rive gauche du Yoshidagawa, affluent du Gôgawa. On la retrouve ensuite allongeant ses chaînons parallèles entre l'Otagawa et l'Iwakunigawa d'une part, tandis que, plus au sud, elle domine la côte à l'ouest de Hiroshima et oriente dans la même direction la charmante île d'Itsukushima, l'un des points du Japon célèbres par leurs paysages.
A l'ouest de l'Iwakuni, les hauteurs subordonnées atteignent la côte en face de Kasadoshima ; leur direction est bien déterminée au sud par le Shimadagawa.
Les hauteurs de Takanosuyama, qui alignent leurs crêtes à Test de Hiroshima, dépendent du même système.
Nous trouvons d'ailleurs ici ce que nous avons signalé dans la section précédente du Hondo occidental, c'est-à-dire des lignes de hauteurs que nous ne tenterons pas de rattacher sérieusement à un système à cause de leur peu d'importance. C'est d'abord, à partir du Tokusagamine, un chaînon assez intéressant sensiblement orienté nord-sud 30° est (dépendant peut-être du système Assama-Fuji-Bônin), qui limite à l'ouest le bassin du Takatsugawa et se termine sur la mer du Japon au Koyamamisaki. Il est assez exactement longé par le cours du Takatsugawa.
Au nord du Tokusagamine se trouve le col de Tsuwano, qui est utilisé par un bon chemin. Gomme vers le sud-est, ce chaînon semble se prolonger et projeter dans la mer Intérieure le promontoire aigu de Murotsu. On pourrait commodément le désigner sous le nom d'alignement Koyama-Murotsu.
Nous avons déjà dit comment, à l'ouest de Yamaguchi, la dorsale s'épanouissait, croisée par un chaînon, dépendant peut-être du système du nord du Hondo, qui vers l'ouest a particulièrement impressionné l'île de Kiushiu. Dans le Hondo il provoque un renflement de la côte au nord et l'aligne vers le sud jusqu'au Kandasaki,