‹ Dalou, sa vie et son œuvreChapitre 10 sur 54 · TRAVAUX D'ORFÈVRERIE · texte numérisé non relu

TRAVAUX D'ORFÈVRERIE

Les modèles les plus divers, dont les figures étaient exécutées par Dalou, pour les frères Fannière s'appliquaient à toutes les formes de l'orfèvrerie artistique et, s'il faut en croire le témoignage des ornemanistes qui y ont collaboré, il s'en trouvait qui n'étaient point indignes de comparaison avec certains bijoux des plus belles époques de l'orfèvrerie ancienne. On est obligé de les croire sur

TlilHÈME EXÉCUTÉE CHEZ Fa.NMÈKE

^Lc gcuio et la sirène ne sont pas de Dalou).

parole, car après la mort du dernier survivant des Fannière leur maison d'orfèvrerie disparut et les modèles de tout ce qui la constituait fut vendu h l'encan ; les jiliotographies des pièces les plus intéressantes qui y avaient été fabriquées ont également sombré dans ce naufrage. Trois d'entre ces pièces sont restées connues : l'une est une grande pendule en lapis lazuli ayant la forme d'un vase sur les anses duquel sont assises deux femmes représentant l'une le Chant, l'autre la Musique, elles sont de Dalou. Un (jénie des Arts qui la surmonte est

de Lafrance. Elle avait été faite pour M^" Blanc la propriétaire des jeux de Monaco.

Une autre pendule, en lapis la/uli également en forme de vase comportait deux uniques figures faites par Dalou, elles sont analogues aux Jean Goujon du Louvre et symbolisent : celle de droite la Sculpture, celle de gauche la Peinture. Cette .peudule, dans son ensemble, est un objet de toute première beauté. Elle eut un succès exceptionnel à l'Exposition universelle de 18(57. La troisième et la plus importante de ces pièces est une trirème commandée par l'impératrice Eugénie, et par elle offerte à Eerdinand de Lesseps, à l'occasion de l'inauguration du canal de Suez. Cette trirème, œuvre de Eannière et du groupe de ses ornemanistes est supportée par des sirènes qui ne sont pas de Dalou, mais flanquée de femmes, allégories de la Méditerrannéc et de la mer Rouge qui sont de lui, de même qu'à la proue, une Victoire sonnant de la trompette.

Les figurines ornant les menus objets, flambeaux, bijoux, coupes, gobelets, banaps, et tant d'autres, des sortes les plus diverses, sont légion, tout spécimen en serait à jamais perdu si le hasard — à supposer que ce soit le hasaid seul — n'avait fait survivre le croquis original d'une monture d'éventail que Dalou avait eu l'intention de faire, et sans doute pour l'olTrir à sa jeune femme, si l'on en juge par le monogramme I. D. qui s'y trouve inscrit dans un cai-touche. Il y a plus, le croquis de l'éventail lui-même qui a été composé par Dalou. Le tout est dessiné à la plume sur papier calque et d'une indication plutôt sommaire; le manche comporte une petite figure de femme portant sur la tète un panier de fleurs et un écusson orné de deux petits amours. L'arrangement en est agréable. L'éventail lui-même comporte un sujet mythologique d'une composition assez vague, imitée de Boucher.

Les travaux d'orfèvrerie auxquels Dalou s'adonna de 18()() à 1870 lui constituaient le salaire fixe et assuré; il était parvenu à faire porter le prix à 2 francs à l'heure, tant pour lui- môme que pour ses camarades, ornemanistes ou sculpteurs, parmi lesquels, on compta, par intermittences Delaplanche et, occasionnellement, à ce qu'on m'a affirmé du moins, Rodin. Dalou ne se confina point exclusivement dans ces petits ouvrages où il eût fini par perdre la main aux œuvres de large envergure.

11 se trouva justement que dans la cour du 102 de la rue du Cherche-Midi, existaientles ateliers d'un grand décorateur M. Lefcbvre, Dalou y vint travailler, — toujours à tant de l'heure, — tantôt à un ouvrage, tantôt à un autre. Fallaitil une figure humaine ou quelque type d'animaux naturels ou chimériques, on demandait à Dalou de les faire. H les installait, la plupart du temps, à même

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