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côté d'elle YÉgalité app<araît, spécifiée par une équerrc de maçon posée sur sa tète comme, sur un chignon un peigne, et par la main de justice qu'elle porte couchée sur son bi'as droit. On ne voit de son corps que la partie droite, et jusqu'à la ceinture seulement. La troisième figure est allongée tout entière, vers le bas et dans la direction diagonale de l'encadrement. Elle est vue de dos, les reins cambrés, le pied droit élevé vers le haut du cadre; la jambe droite à peine pliée apparaît tout entière et l'autre jambe au contraire, vue en raccourci, ne laisse voir que l'envers de la cheville et la plante du pied. De ses deux bras allongés, dont le droit seul est visible, elle entoure la gerbe de drapeaux qui monte vers elle. Elle ne porte aucun attribut, si ce n'est des brindilles de lierre, qui s'attachent parmi sa chevelure : c'est la Fralernité. Au-dessous d'elle, et épousant la courbe de son corps, une volumineuse gerbe de fleurs comble l'espace libre. Des enfants, tels des oiseaux dans un buisson, tachent à s'y suspendre, et paraissent entraînés par son poids. Sur la droite, la partie de la gerbe des drapeaux déjà bottelée, retombe en direction perpendiculaire, modulée par un jeu savant de plis. Du côté opposé, des drapeaux nouvellement apportés flottent encore et emplissent de leurs draperies l'espace qui sépare les figures du haut, la guirlande et les enfants du groupe des deux hommes s'étreignant.
La ligne générale qui relie ces deux groupes de figures, balance sa courbure, avec des inflexions de fumée soulevée par la brise et montant vers le ciel, elle part du haut du cadre avec le pied de la Fraternité, suit les ondulations de son corps penché, se développe dans les volutes des drapeaux flottants, vient rejoindre l'épaule de l'homme debout de toute sa hauteur et aboutit à sa jambe repliée en arrière. Elle traverse de part en part la composition, elle y inscrit une volute dont le talon de cet homme est la base et l'orteil de la Fraternité, la cime, elle complète la ligne d'ensemble, qui, partant du sommet et, évoluant à travers leurs plis habilement chiffonnés des drapeaux, la rejoint et l'équilibre.
Et ainsi le bas-relief forme, du sommet à la base, un tout homogène et inséparable. Tout là-haut, derrière la Liberté, V Egalité, la Fraternité, les rayons du soleil, sobrement indiqués, mettent une lumière d'aurore naissante, parmi la masse moutonnante des nuages, où s'appuient, et la Fraternité, et la guirlande de fleurs, et les enfants qui s'y jouent.
Et c'est bien, comme il l'avait voulu, un poème qu'il a écrit, par le mouvement et la forme, sur cette grande tablette de pierre et comme la transcription de ces vers du poète :
L'animal est heureux, l'enfant rit, l'oiseau monte, Tout respire l'amour, la force et la santé.
La perfection du « morceau » n'élonnera plus personne lorsqu'on saura jusqu'où Dalou a poussé l'excès de conscience. 11 a fait au sixième et en rondebosse complète des modèles des figures, dont le bas-relief ne montre naturellement qu'une face partielle. Les statuettes, en terre cuite de la Fralernilé et de Y Égalité, hautes de 33 centimètres sont encore là, achevées et poussées jusqu'au dernier degré du scrupule pour en affirmer le témoignage.
Le modèle en plâtre de ce bas-relief a été, avec l'autorisation de Dalou, — qui en a choisi la place et réglé l'encadrement — , placé à la mairie du X° arrondissement (faubourg Saint-Denis), quant au marbre il était resté au magasin d'Auteuil, inachevé par un détail accessoire, purement matériel.
Après la mort de Dalou, il a été décidé par le service des Beaux-Arts de la Ville de Paris, qu'il serait placé au Petit-Palais des Champs-Elysées, aussitôt que le travail de raccord, des deux blocs qui le composent aurait pu être exécuté par le praticien du maître, investi de sa plus entière confiance.