‹ Dame MélancolieChapitre 35 sur 41 · LASSITUDE · texte numérisé non relu

LASSITUDE

Le poète attristé des fins de crépuscule Est venu, tout songeur, s'asseoir au bord du môle. Ah! combien las, hélas! il est du crépuscule Le poète qui vint s'asseoir au bord du môle.

Dans les brumes du soir, l'horizon se recule Avec la transparence éparse du mirage, Et le rêve imprécis, dans son esprit recule Aux sources du passé comme un lointain mirage.

Une barque s'enfuit.

Et la barque qui dort sur cette mer si calme Ou verdit le reflet du jour agonisant.

Il la contemple fuir avec un regard calme, Un regard résigné, comme d'agonisant.

Elle semble voguer vers les pays d'aurore, OU jamais plus n'existera te souvenir-, Et le poète rêve à la nouvelle aurore Cii mourra le sanglot du dernier souvenir.

Une barque s'enfuit

Ah ! laisse-la s'enfuir, infortuné poète, Car, là-bas, c'est l'oubli néfaste pour le cœur Ah! laisse-la s'enfuir, infortuné poète, Mais garde le parfum du souvenir au cœur.

Une barque s'enfuit

— Sa —

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