LE TASSANT
Hélas ! je vais très loin, sous la lune d'opale.
— Dans les sapins ailiers siffle le vent du Nord, Mais l'ouragan qui gronde, ou la triste rafale, Ne m'arrêtent jamais, ami : « Je suis la Mort ! »
Poèmes Légendaires
Sois pur et le Graal t'abreuvera.
(Richard Wagner.)
LE SAINT-GRAAI
Prélude de Lohengrin.
A travers l'Ether pur, la blanche théorie Des séraphins, descend sur l'esquif argenté Des nuages, portant — mystique allégorie — Le sang du Christ, gardé dans un vase enchanté,
Ils planent dans le ciel, — musique aérienne, — Mélodique concert des ailes de saphir, Symphonie égalant la harpe éolienne Dans un rliytme plus doux que celui du Zéphyr.
L'Un porte dans ses mains, aux blancheurs cycnéales, Le Saint-Graal béni, — symbole des vertus, — Et, dans un appel clair comme un coup de cymbales, Vient le poser aux pieds des chevaliers d'Artus.
Les trente chevaliers, devant cette relique Se prosternent, pieux, le cœur reconnaissant Remerciant Jésus et chantent un cantique Qui vibre dans l'azur, fier et retentissant.
Alors, très lentement, remontent dans l'espace Célestes messagers, les anges du Graal, Planant toujours plus haut, plus haut, puis tout s'efface Aux yeux de Lohengrin, le fils de Parsifal.