‹ DAMIENS Étude de psycho-pathologie historiqueChapitre 21 sur 27 · RATES · texte numérisé non relu

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l'huile bouillante, de la poix-résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble, et ensuite son corps tiré et démembré à quatre chevaux et ses membres et corps consumés au feu, réduits en cendres, et ses cendres jetées au vent : déclare tous ses biens, meubles et immeubles en quelques lieux qu’iis soient situés, confisqués au Roi ; ordonne que la maison où il est né sera démolie, celui à qui elle appartient préalablement indemnisé, sans que sur le fonds de ladite maison puisse être fait autre bâtiment. Fait en Parlement, la Grand’ Chambre assemblée, le vingt-six mars mil sept cent cinquante sept.

Signé: RICHARD.

Le 28 mars, à 8 heures du matin, on dit l'arrêt au condamné, puis on le transporte dans la chambre de la question, où il subit un dernier interrogatoire.

À genoux, la main mise sur d’evangile, il fait serment de dire la vérité.

Il accuse vivement l’Archevêque de Paris d’être responsable de son attentat. Il s’en repent beaucoup et espère que le bon Dieu lui pardonnera. Il n’a pas de complices.

On applique la question des brodequins (c'était des sortes de planchettes que l’on serrait avec des cordes autour des jambes, on enfonçait ensuite à la hauteur des genoux et des chevilles des coins que l’on chassait à coups de maillet).

Les cordes sont serrées avec plus de vigueur que jamais. Damiens paraît s’'évanouir. Le médecin et

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le chirurgien reconnaissent que lévanouissement n’est pas réel. On donne un peu d’eau à boire au condamné qui veut qu’on y ajoute du vin en disant: « Il faut ici de da force. »

On enfonce le premier coin. amiens accuse un nommé Gautier de lui avoir fait concevoir son projet. Celui-ci lui aurait dit de nombreuses fois que si quelqu'un voulait frapper le roi cela arrangerait toutes les affaires et que ce serait une action méri-

toire.

Après le cinquième coin :

Il a crû faire une œuvre méritoire pour de ciel. IL a entendu des prêtres dans le palais qui de disaient.

Après le huitième et dernier coin. C’est la faiblesse de son esprit qui est cause de son crime.

La torture durant depuis une heure et demie, le médecin et le chirurgien avertissent qu’on ne peut continuer plus longtemps sans crainte d’accident. Damiens est placé sur un matelas. Sur sa demande, M. le curé de Saint-Paul vient s’entretenir avec lui près d’une heure.

Ensuite, un tombereau l’emmène à Notre-Dame pour y faire amende honorable. Pendant la cérémonie, Damiens paraît assez repentant.

De Notre-Dame on le conduit sur la place de Grève.

Des forces de police importantes sont réparties dans Paris. Les Gardes Françaises sur la rive gauche et les Suisses sur la rive droite. On en a

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posté sur toutes les places. Les établissements des jésuites sont fortement gardés.

Une affluence considérable est sur le’ pareours du convoi. Sur la place de Grève, il y a du monde jusque sur les toits et même sur des cheminées.

Au milieu de la place se trouve « une table de bois très épaisse, plantée de six gros poteaux. Le criminel doit être couché sur cette table, et être attaché avec des plaques de fer qui lui passeront sur le ventre, sur l’estomac et entre les cuisses, de façon qu'il n’y aura que les quatre membres libres pour le jeu de l’écartelage et le tronc ne pourra être ébranlé.

Le tout est entouré d’une palissade avec une issue pour laisser passer le criminel et une communication avec l'Hôtel de Ville. »

Avant le supplice, Damiens demande à être entendu par MM. les Commissaires de la Cour. On le transporte à l'Hôtel de Ville dans une couverture.

Il demande pardon à M. l’Archevêque des pareles injurieuses qu’il a proférées contre lui.

Il déclare que sa femme et sa fille sont innocentes et les recommande à la charité de MM. les Commissaires. ! |

Il affirme une dernière fois qu'il n’y à ni complot, ni complices.

Damiens est ensuite reconduit sur la place. On le fait attendre assez longtemps devant l’échafaud,

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parce que l’exécuteur n’a pas préparé tout ce qu’il faut.

Damiens contemple avec fermeté l’affluence qui l’environne. |

A cinq heures on le hisse sur l’échafaud; on le lie, des cercles de fer le contiennent au dessous des bras et au dessus des cuisses.

On commence par lui brûler la main droite, armée du couteau, avec un feu de soufre. La douleur lui fait posser un cri terrible puis il regarde sa main sans rien dire.

On tenaille les bras, les cuisses et les mammelles. À chaque tenaillement on l’entend hurler. Ses cris cessent aussitôt après.

Ensuite on jette sur chaque plaie, à l’exception des mamelles, l'huile, le plomb fondu et la poixrésine qui produisent le même effet que les supplices précédents.

Enfin on procède à la ligature des bras, des jamet des cuisses pour opérer l’écartèlement. Cette préparation, très longue et très douloureuse, arrache de nouveaux cris au patient, qui se considère avec une Curiosité singulière.

Les chevaux étant attachés les tirades sont réitérées pendant longtemps. Le patient pousse des cris affreux. L'extension des membres est incroyable mais le démembrement ne se produit pas. Le SUpPplice durant depuis plus d’une heure, on demande aux commissaires l’autorisation de donner un coup de tranchoir aux articulations. Cette opération ter-

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