‹ DanemarkChapitre 101 sur 147 · UG RESULTATS DE LA GUERRE DU NORD · texte numérisé non relu

UG RESULTATS DE LA GUERRE DU NORD

sible de le faire pondant la durée de la guerre, Su Majesté a peu que ce moment étoit le plus convenable pour remplacer, par la nomination d'un ministre caractérisé, la perte que Sa Majmrtll a faîte du feu sieur comte de Plélo. Elle a jugé ne pouvoir faire un meilleur choix pour remplir les fonctions de son Envoyé extraordinaire près le roi de Danemark que de la personne du sieur de Chavigny, dont Elle a, avec succès. éprouvé les talents dans plusieurs commissions importantes qu'Elle lui a confiées successivement, et Elle est persuadée que, dans la nouvelle fonction dont Elle l'honore, il continuera de bien mériter d'Elle.

L'intention de Sa Majesté est donc qu'il parle sans retardement pour se rendre auprès du roi de Danemark et qu'en remettant à ce prince les lettrée de créance de Sa Majesté pour lui et la reine de Danemark, il commence les fonctions de son ministère par assurer l'un et l'autre de toute l'amitié de Sa Majesté.

Quoique le sieur de Chavigny doive paroître n'être chargé d'aucune sorte de négociation, mais seulement du soin d'entretenir la bonne intelligence entre les deux cours, il est cependant nécessaire qu'il soit instruit de la situation présente des affaires du Nord et des principes de cette même situation, afin qu'il puisse d'aulant mieux, dans les occasions qui s'en présenteront, remplir les intentions et exécuter les ordres de Sa Majesté.

Les principes et les événements de la dernière guerre, qu'on peut appeler guerre du Nord, quoique son feu se soit communiqué dans d'autres parties de l'Europe, ont nécessairement changé la face des affaires. Jusque-là, on pouvoît croire que h Suède et le Danemark, oubliant leurs anciennes jalousies, étoient capables de se réunir pour arrêter les entreprises qui pouvoient donner atteinte à la liberté du Nord, et que chacune de ces deux couronnes saurait faire des efforts et prendre des partis courageux ; mais l'expérience a fait connoître que la plus saine politique cédoil quelquefois aux circonstances particulières et intérieures des cours.

Les Moscovites ont voulu faire la loi à la Pologne,

DIFFICULTÉS DE LA DBRNIÈRE NÉGOCIATION 447 annoncé par là ce qu'ils étaient capables d'entreprendre en d'autres occasions pareilles. Cette image, toute frappante qu'elle étoil par elle-même, jointe aux otfrcs faites au nom de Sa Majesté, n'a pas suffi pour remuer les deux puissances du Nord, et, sans parler des efforts inutiles qui ont été faits en Suéde, où un ministère qui a paru livré à des intérêts particuliers a fait échouer toutes les propositions, les choses en Danemark ont été réduites au point qu'où a dû, pour ainsi dire, regarder comme un bonheur que le Danemark n'ait pas fait, an préjudice des intérêts du Roi, tout le mal qu'il pouvoit faire. Sa Majesté avoit cependant lieu de se flatter qu'après en avoir usé avec le Danemark aussi bien qu'Ellc l'avoil fait lors du traité conclu en son nom en 1126' par le chevalier de Camilly, cette cour, susceptible de quelque reconnoîssance, et n'ayant d'ailleurs nul intérêt de déplaire à Sa Majesté, se préteroit à ce qu'Elle pouvoit désirer raisonnablement. Le Danemark éloil alors considérablement armé, et Sa Majesté regardoil cette position comme convenable et propre à en imposer. Elle avoit même consenti à accorder au Danemark un prolongement de six mois de subsides pour l'engager à rester armé et à ne point faire de réforme, en attendant que l'on pût mener à une conclusion la négociation entamée par le canal du feu comte de Plélo, dont on a donné connoissanec au sieur de Chavigny.

La préférence que le Danemark donna, dans ce moment-la, uux offres et aux propositions de la cour de Vienne développa pnlièrement le principe de toutes les difficultés qu'avoit essuyées la négociation du comte de Plélo, et tout ce qu'on put obtenir de la cour de Danemark fut l'assurance qu'elle ne feroil pas autre chose pour l'empereur que de lui fournir le contin- ^l'ijt de troupes qui avoîl été stipulé, et qui n'excédoil pas fi.OOO hommes. On prétendit même en Danemark que le traité qu'on y venoit de conclure avec l'Empereur ne devoit pas nous onipêeliiT de tenir la promesse que nous avions faite d'un prolongement de subsides, et l'on a, depuis, renouvelé plusieurs fois des instances pour en obtenir le paiement.

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