AFFAIRE DE L'ELECTION DE POLOGNE
arrivoit par la mort du roi de Pologne, que la concurrence dudit duc avec un prince frauçois ne donnât lieu à ceux qui ne veulent ni l'un ni l'autre de s'en prévaloir ou pour faire tomber la couronne à quelque tiers qui seroit également suspect a la France et au Danemark, ou peut-être même pour la déchirer par pièces, dont la principale, qui est la grande Pologne, seroit vraisemblablement te partage de la maison d'Autriche, ou de quelque autre prince entièrement dépendant d'elle, ce qu'il importe notablement d'empêcher. C'est pourquoi si ledit chevalier peut disposer le roi de Danemark de porter ledit duc de Liînebourg à abandonner sincèrement sa prétention, Sa Majesté s'en tiendra fort obligée audit roi. Sur quoi même il peut représenter que ledit duc ne fera pas en cela un grand sacrifice de ses intérêts, puisque sa pensée ne peut jamais avoir de bons succès, par l'opposition qu'il rencontrera en la reine de Pologne, dont on ne peut disconvenir que le crédit, par le moyen du grand nombre de ses amis et adhérents, ne s'étende au moins à exclure certainement de la couronne ceux qu'elle voudra '.
Ledit sieur chevalier examinera aussi quelles sont les véritables causes de la jalousie qui est entre la maison royale de Danemark et celle de Uolstcin-Gottorp, et si elle pourrait s'étouIFer par le moyen de quelque mariage, ou bien si les Suédois prennent quelque intérêt dans le diffé+end qui est entre ces deux maisons pour raison de la vieille forteresse de Passerai', et s'ils ne fomentent pas cette division afin d'en tirer des avantages dans les occasions.
Il est à propos que ledit sieur chevalier sache aussi en quel élal est la prétention du roi de Danemark sur la ville de Hambourg, et de quelle manière il vit avec l'Empereur ; comme aussi si le résident qu'il tient à Vienne y est seulement pour passer des offices communs ou des correspondances plus étroites; et pourquoi il lient dans les autres cours des minisires publics.