‹ DanemarkChapitre 35 sur 147 · MARQUIS PE VILLARS · texte numérisé non relu

MARQUIS PE VILLARS

Le roi de Danemark a représenté que les grands préparatifs de la Suède pour faire passer un corps d'armée en Allemagne l'obligea à tenir une flotte prèle ; les Suédois, en se joignant aux troupes d^ Brunswick Lii ne bourg et aux autres princes du parti de l'empereur peuvent en effet attaquer le Danemark et l'électeur de Brandebourg Sa Majesté a donc consenti que le Danemark combattit les Suédois BU *• mer s'ils veulent passer en Allemagne, et même sur terre, soit ave* l'électeur de Brandebourg soit seuls; et elle a promis le paienicn des subsides extraordinaires. Hartangis a fait pour cela un trait* particulier, mais où il y a des lacunes. Sa Majesté l'a cependant r tifié. C'est à Villars d'écarter les difficultés d'exécution.

Détourner le roi de Danemark de son projet d'envoyer mettre l feu u la flotte suédoise dans Carlskrona. Ne pas favoriser non nlu son autre projet d'attaquer le pays de Brème et de porter l'électeur de ltrandebourg à envahir la l'oméranie suédoise. Un tel succès, assu rément possible, pourrait avoir des suites contraires aux Entérèft i Sa Majesté. Dire au roi de Danemark qu'il importe de se concerter. Projet d'articles communiqué à Villars en même temps qu'a Rêbcnac à Berlin. Sa Majesté ne refusant pat* de payer les subside* extraordinaires, les ministres danois seront peut-être moins pressés d'entrer en action. De plus, on arme vingt-quatre vaisseaux eu Hollande.

Dire aux ministres du roi de Danemark les efforts qu'a faits Sa Majesté pour détourner les Hollandais, poussés par le prince d'Orange, de secourir la Suède, pour obtenir un secours de la part de l'Angle- (ern en faveur du Danemark. Sa Majesté armerait elle-même une escadre s'il y avait le temps d'arriver.

Il ne faut pas que les Danois, dans les circonstances présentes, attaquent légèrement la Suède, et obligent ainsi les Hollandais de venir vite «son secours, et la maison de Brunswick de réunir les forces des cercles de Basse-Saxe et de Westphalie pour attaquer en même temps le Danemark et le Brandebourg. Il faut mettre d'abord le duc de Hanovre hors d'étal de nuire, lui qui s'est engagé a défendre le paya de Brème, et qui a des engagements avec l'Autricbe, la Suède, et les États Généraux. Ne pas se laisser tromper par ses propositions.

Si l'électeur de Brandebourg était menacé par les princes alliés de l'empereur, Sa Majeslê attirerait contre Elle-même, par ses puissantes diversions, l'Autriche et ses alliés.

La Suède a fait dire que, si la France voulait lui garantir ses possessionsd'Allemagne, elle entrerait volontiers dans l'alliance que Sa Majesté a faite avec le Danemark et le Brandebourg: Villars insinuera au Danemark que cela pourrait lui faciliter certaines conquêtes... Secret

MARQUIS DE V1LLARS, 1683-1688 43

nécessaire sui' tout ceci. Il importe à Sa Majesté que le cas d'action commence contre la maison de [frunswick plutôt que contre la Suède.

MÉMOIRE DU HOr POUR 5K11VIK D INSTRUCTION AU SIEUR MARQUIS DE TOURS, LIEUTENANT CÉNÉKAL DES ARMÉES DI SA MAJESTE, CI-DE- VANT SON AMUASSADËUR ORDINAI11E EN ESPAGNE, ET s'ïN ALLANT l'HÉSENTEMENT EN DANEMARK EN LA MÊME QUALITÉ DASIBASSAUEUR ORDINAIRE DE SA MAJESTÉ, 6 MAI 1683 '.

Le sieur de Marlangis ayant achevé le temps ordinaire des ambassades, et l'étroite alliance qui est présentement entre Sa Majesté ri le roi de Danemark rendant aujourd'hui cel emploi

plus important et plus considérable qu'aucune autre négociation. Elle a résolu de le remplir d'une personne qui, outre le zèle et l'affection pour son service, ail aussi toute la prudence et toute Ul dextérité nécessaires pour exécuter à l'entière satisfaction de Sa Majesté les ordres qu'Elle lui donnera, et entretenir toujours une parfaite intelligence entre Elle et le roi de Danemark. C'est pour cet effet qu'Elle a jeté les yeux sur le sieur ma H] m- de Vîllars, lieutenant général des armées de Sa Majesté et ci-devant son ambassadeur en Espagne, étant bien persuadée par les preuves qu'il a données de sa capacité dans celle ambassade qu'il s'acquittera 1res bien de l'emploi qu'Elle lui confie à présent.

Et comme il n'y n pas mi moment de temps à perdre pour prendre avec le roi de Danemark les mesures nécessaires pour affermir la paix de l'Empire, et s'opposer fortement aux desseins de ceux qui la veulent troubler, ledit sieur de Villars partira incessamment, et, sans attendre son équipage, se rendra le plus diligemment qu'il lui sera possible à Hambourg, où

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