MINISTÈRE DANOIS 9S
maître, autant qu'il lui est possible, à s'unir étroitement avec le roi d'Angleterre et avec les États Généraux.
Le sieur Jcssen au contraire témoigne un désir extrême de voir le rétablissement d'une parfaite intelligence entre Sa Maesté et le roi de Danemark. Le comte de Reventlau, jaloux du crédit du sieur Plesscn, se joint au sieur Jessen, et le sieur de lonrepaus s'est servi utilement de ces deux ministres pour aire échouer plusieurs fois les projets du sieur Plessen. Ce lernier veut présentement alarmer son maître au sujet de l'aliance qui se propose a Stockholm entre Sa Majesté et le roi de •aède. Le roi de Danemark prend aisément ombrage de tous es avantages de la Suède. Mais si cette alliance se conclut, le raïté fera voir qu'aucune puissance ne doit en avoir de jalousie, i'intention du Roi est seulement d'assurer le maintien des erniers traités de paix, et Sa Majesté est prête à entrer avec ous les princes qui voudront le conserver dans les mêmes engagemens qu'elle propose à la Suède.
Il y a Heu de croire que !e Roi sera éclairé du succès de
cette négociation avant que le comte de ChamMIy soit a Copen-
lague; mais, si elle n'est pas encore iinie de manière ou d'autre,
1 pourra s'en expliquer au roi de Danemark, suivant la con-
Boissance que Sa Majesté lui donne de ses intentions. Si ce
irince témoigne qu'il désirerait de traiter avec Elle sur le
même pied, le sieur de Chamilly se chargera seulement d'en
rendre compte à Sa Majesté; il ajoutera qu'il est persuadé
tu'Elle écoutera avec plaisir toutes les propositions qui auront
mr but le maintien de la trunquillité générale ; mais si les
istres de Danemark lui font quelque proposition de payer
anciens subsides, il fera connoîtru que, le traité de 1691
t absolument fini, il n'est plus question de rien demander
exécution de ce traité. Enfin s'ils insinuent qu'en faisant
nouveau traité il seroit à souhaiter que le Roi voulût pro-
ettre des subsides au roi leur maître, le comte de Chamilly
voir que les traités que l'on pouvoit proposer présentement
'avoient pour objet que le maintien de la paix, qu'ils n'en-
;eroient ni à lever des troupes ni à entrer en action, qu'ainsi
paiement des subsides seroit absolument inutile, et ne peut