‹ Dangers de l'anesthésie mixte: Accidents tertiaires après l'éthérisation ou la chloroformisation, précédée de l'injection atropo-morphiniqueChapitre 23 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L’injection sous-cutanée de la solution atropomorphinique (1 centigramme de morphine et 1 milligramme d’atropine généralement) employée dans anesthésie mixte avant l’éthérisation ou la chloroformisation peut provoquer des accidents post-opératoires plus ou moins graves. Le plus souvent il s’agira d’une prolongation de l’anesthésie après l'opération. Cette continuation de l’anesthésie observée chez un assez grand nombre de malades transportés dans leur lit, peut, chez quelques sujets, devenir alarmante ainsi que nous en avons relaté deux observations du service de M. le professeur Poncet et ainsi qu'ont bien voulu nous le signaler MM. Laroyenne et Condamin.

En pareil cas, les malades probablement trop fortement intoxiqués ont paru devoir succomber, et cela pendant deux et trois heures, sil’on n’avait eu recours aux manœuvres habituelles pour lutter contre les accidents pulmo-

rt naires. Dans quelques cas (observations de Reynier et de Terrier) les malades ont succombé.

L’injection atropomorphinique, si utile expérimentale ment et aussi, pensons-nous, dans la chirurgie opératoire, pour conjurer les syncopes primitive et secondaire, réflexes, ne met donc pas à l’abri de la syncope tertiaire ou toxique.

Chez l’homme, dans certaines conditions que nous con-naissons mal, elle en favorise même, comme nous venons de le voir, la production. Ge sont dès conditions particu lières de susceptibilité dont une au moins peut être prévue et diagnostiquée : l’insuffisance de la fonction rénale, qui empêche l'élimination des alcaloïdes injectés et augmente par suite leur toxité. C'est peut-être à cette raison qu'il faut rapporter le cas de Terrier. Nous avons vainement recherché une explication dans les modifications toxiques qu'aurait pu subir l'injection atropomor= phinique dissoute dans l’eau de laurier-cerise.

Restant sur le terrain clinique, nous avons tout lieu de croire avec M. le professeur Poncet, qu’en fait de toxicité relative de telle ou telle substance il faut être très réservé surtout chez l’homme et tenir grand compte de l’individualité. Si l’on songe aux trois poisons administrés dans une anesthésie mixte (chloroforme ou éther, atropine et morphine)on est en droit dorénavant, comme l’enseigne du reste l’observation clinique, de redouter leur association. Au point de vue pratique, nous serons réservé dans nos conclusions. Devons-nous proscrire l’anesthésie mixte (atropine et morphine) que nous avons vu si souvent employer ?

Nous ne nous reconnaissons point qualité pour trancher

AG es débat. Nous tenons en effet à faire remarquer que ces syncopes primitive et secondaire dans l’éthérisation et la chloroformisation simples, syncopes plutôt cardiaques sont de beaucoup les plus dangereuses, car on n’a sur elles aucun recours. Ce sont précisément ces accidents graves qui sont, tout au moins daus les laboratoires, à peu près sûrement conjurés par l'injection atropomorphinique préalable. Quant à la syncope tertiaire, à laquelle prédispose assurément l’anesthésie mixte, ainsi qu’en témoignent nos observations elle offre bien aussi ses dangers, mais en les prenant à temps, on peut plus ou moins facilement l’enrayer par les moyens que nous avons indiqués.

-- Il sera donc prudent quand on aura recours à l’anesthésie mixte de bien insister au préalable sur l’état de la fonction rénale et de surveiller le malade après l'opération tout au moins les premières heures qui suivront lintervention chirurgicale.

Nous tenons à faire remarquer qu’en tenant compte de ces accidents relativement éloignés de l’anesthésie mixte, accidents d’une interprétation insuffisante, M. le professeur Poncet a cru devoir, dans son service, abandonner ce mode d’anesthésie pour s’en tenir à l’éthérisation simple.

Vu, bon à imprimer :

LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, PONCET Vu, bon à imprimer POUR LE DOYEN, L'ASSESSEUR, A. GAYET Vu, bon et permis d'imprimer :

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