ACTE IV
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Aussi voyez avec quel art parfait votre chronique a tout pré|wiro et comhien est sa vante la mise en scène qui doit rendre sa petite infamie tout à fait vraisemblable? La jeune femme choisira-t-elle un homme de .son monde, son égal par la naissance? (s'a«eyant *ur le o»n»p< a (tïuciw.) Non. lîlle se sera éprise, un beau soir d’été, tandis que tout chantait dans la nature harmonieuse le poème inédit des nuits bleues et transparentes, d’un de ces enfants timides, respectueux, soupirants, que nos mères, dans leur vieux langage si naïvement expressif, appelaient, je crois, un maître à chanter, et sa raison se sera envolée sur les ailes rayonnantes d’une chanson amoureuse ! Qui s’avisera de rechercher la vérité de cette fable? Un musicien, c’est bien jæu! Une mansarde, c’est bien hauti
LE BARON
Personne n’y a cru, madame; maintenant, personne n’y croira.
MADAME DE TIIOMKREL.
Si j’étais complètement sincère, je vous dirais peut-être que je regrette qu’elle ne soit pas vraie, du moins quant au commencement! Notre essence est une soif de conn dtre, un besoin extrême d’impressions nouvelles que rien ne peut éteindre; ceux qui souffrent, ceux qu’on a rejetés dans l’ombro ont toujours droit à notre pitié, et la pitié d’une femme, c’est la moitié de l'amour, quand ce n’est pas l’amour tout entier. Après une pareille épreuve, celle dont vous [parlez ne serait-elle pas plus apte à comprendre ralfection sincère et réfléchie d’un cœur de sa race et plus digne de la partager? Les femmes attendent que le bonheur vienne à elles : cette femme l’a peut-être gagné! Mais oxeusez-moi, monsieur le baron; je vous ai interrompu à l’endroit le plus intéressant, et je no connais pas encore la niponse de votre héroïne.
LE BARON
Sa répon.se?
MADAME DE THOMEREL.
Oh! Je veux la vérité tout entière cette fois ! Et je vais vous donner l’exemple de cette franchise que j’attends de vous, (eu* m ièT< .) Cette femme s’appelait, si je ne me trompe, madame Louise de Thomeiv-l, est-ca cela? Vous voyez bien que vous pouvez parler.
LE B A R O N) i*AppuX«nt 4etrlèr« le cana^<' et tetft pr6s de Louise.
Et le nofla de celui qui n’a jannais douté d'elle, doi.4-je vous l’opprendre à mon tour? ne lavez-vous pas deviné? celui-là est à vos genoux, celui-là vous dem.mdo encore ; Voulez-vous êlrc ma femme ? Ohl ne répondez pas, ne répondez pas encore I Laissez-moi compter les minutes de cette heure fugitive qui restera comme l’heure la plus remplie, la plusiieureuse de ma vie ; laissez-moi encore cette indécision qui m’est douce , cette attente qui m’est clière, et que rien ne trouble le grand silence qui me pmle de vous !
MADAME DE THOlIBiIEL, M JtWAt ot traTCMant A droit%e.
Monsieur I
LE BARON) (léfrignaot 1 a jardinière au fond) à droite.
Tenez, Louise, voici la fleur qui naît où je suis né, dans le pays lointain des amours éternels, des atfwtions infinies! Elle fleurit pour les amoureux, et porte comme devise la devise de ceux qui s’aiment. Si vous croyez à mon dévouement, si vous acceptez mon nom, détachez-la et que co soit elle qui me porte votre réponse. Cette fleur, Louise, s’appelle: J\e m'oublies pas! (ii remontfl, madame de
Thomerel fait un mouTemeni comme pour parler. — U l'arrête.) J clttondrâl 1 j BttCTl* drai! ( Il tort par le fond.)