‹ Daniel Lambert drame en cinq actes en proseChapitre 109 sur 117 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Ne croyez pas qu’il s’agisse aujourd’hui d’une simple fantaisie, d’un de ces caprices qui ne vivent qu’un matin. Il y a longtemps que ma résolution est prise, il y a longtemps déjà que le jour et l’heure de ce départ sont fixés.

DANIEL

Et vous partez sans regrets?

MADELEINE

Je pars heureuse, Daniel. . ,

DANIEL

Heureuse I

MADELEINE

Lorsque je vous ai revu, il y a trois mois, vous vous en souvenez, Daniel, un grand découragement, né d’une grande douleur, vous laissait seul et tout eu larmes. L’amour, c’est souvent une femme en habits de fête, qui a un sourire aux ordres de tous les plaisirs, qui veut des bonheurs sans fin et des chansons éternelles. Il lui faut les musiques retentissantes, les rayonnements infinis, les violences passionnées de l'enthousiasme: lejouroù tout ce bruit cesse, où ces splendeurs s’éteignent, où le calme se fait, ce jourlà, l’amOur devient ombre et disparaît. L’amitié, Daniel, c’est une sœur de charité qui veille au chevet des blessés et des mourants, de ceux que l’amour a frappés, de ceux que l’amour tue! — L’amour, en fuyant, avait laissé votre porte entr’ouverte, Daniel, l’amitié est entrée. 11 était parti, je suis venue. Ma tâche commençait. .Mais aussi, j’ai eu ma récompense; j’ai été la confidente de votre labeur de chaque jour, j’ai vu grandir votre œuvre, car, si l’amour use, énerve et épuise, c’est un des privilèges de l’amitié de rendre le courage et la force. Nous avons réussi, tous les deux, ainsi ligués, au delà de ce que nous pouvions espérer l’un et l’autre. Ma lâche est finie. Je puis partir (MooToment] et je parsl (rann* aortie.)

DANIEL, U retenant, areo émotion^ aprè« nn coort »ilenea.

Regardez ce portrait, Madeleine! c’est le portrait de ma mère. Si ses yeux pouvaient s’animer, ils s’animeraient pour vous sourire; si scs mains pouvaient se détacher, elles se détacheraient pour vous bénir! Moi, qui n’en ai pas le droit, je m’agenouille devant vous et je vous remercie ! (u tombe aux («noax d« lladeletna.)

MADELEINE) au comble de iVmotion.

Relevez-vous, Daniel.

DANIEL, ror la polat da patlar.

Madeleinç..,

M ADELEINE) sTec efflNÛ*

Adieu! adieu! Donnez-moi vos <Ieux mains; et adieu encore, Daniel, adieu pour toujours!

DANIEL) eherchant à la retenira

Madeleine ! Madeleine I (on frappe.)

MADELEINE, t’arrdUDi.

Quel est ce bruit?

DANIEL

Flambier sans doute. Non, il n’aurait pas frappé. ITn importun.

(indiquini la cbambra à droita au premier plaa.) ElltreZ là. Je SuiS à VOUS. ( Madeleioe entre dans la chambre à droita an prenaiar plan. — Danlal sa diriga rare la porta du fond à droita et i'uurre.)

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