I. Daniel, Loiiiae
DANIEL
Qu’avez-vous, Loui.se?
MADAME DE THOMEREL.
Moi ? Je vous aime. Asseyez-vous, Daniel, (ii reot prendr* une
chaiee. ) NOIl , là. (Daniel lui cmliraaee la m^.ln , et s’asaietl prèe d'elle.)
1) A N I K L , assis sur le canapé e
Je crois toujours rêver, quand je vous vois là, chez moi; je ne doute plus, lorsque vous montez à ma mansarde, lorsque vous entrez joyeuse où le soleil entre à peine. La femme qui ne craint pas de salir sa rohe desoie, qui pose sa bottine élégante sur les marches d’un escalier d’artiste, cette femme-là doit aimer réellement, car elle risipie plus que son honneur, — elle risque sa robe et .«a chaussure!
MADAME DE THOMEREL.
Mauvais signe, Daniel, votre amour fait de l'esprit.
DANIEL
Et pourquoi pas? Sachez-le, ma belle Louise, je vous aime d’abord à cause de votre beauté, la beauté est encore de l’esprit ; puis pour votre cœur : il sait faire l’aumône à propos, et ne réprend jamais ce qu’il a donné. Quand vous venez ici, je regarde au ciel; vous ôtes mon inspiration, mon génie!
HADAME.de THOMEREL.
Moi, je t’aime pour ton amour d’abord, pour ta grandeur ensuite. Oui, tu vois juste et lu vois loin avec tes yeux de poêle, l’uis, j’aime ton front rêveur, ton regard qui n’a que des sourires pour moi, ton cœur qui n’a que des baisers! Quand tu chantes, je sens mon être frissonner et je t’aime encore pour tout ce que j’éprouve. Tu as fait de moi ton égale! Oh I la belle existertee! Je me sentais déjà purifiée au contact de la jeunesse, de ta pureté et de ton amour! — J’ai fait un reve!
DANIEL
Un rêve, Louise, un rêve?
MADAME DE THOMEREL.
Daniel, écoute, écoule-moi! Ce que je demandais à Dieu depuis dix mois, depuis le jour où nous nous sommes rencontrés, c’était