‹ Daniel Lambert drame en cinq actes en proseChapitre 49 sur 117 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LE BARON

Et pourra finir comme un drame, si vous ne me venez pas en aide. Depuis ce jour J’aime madame de Thomercl de toutes les forces de mon âme , et je sens que sans elle la vie est impossible pour moi. /■

MADELEINE

Que m’appronez-vous là ?

LE BARON

La vérité, madame. Bien des fois j’aurais pu avouer à madame de Thomerel l’amour qu’elle m’avait inspiré ; mais j’ai toujours craint ce que vos compatriotes ne craignent jamais ; — le ridicule. J’aurais rougi, j’aurais balbutié, et j’ai préféré me taire. Il faut une certaine habitude que je n’ai pas, pour être passionné siuis passer pour un fou, et sincère sans paraître exagéré.

MADELEINE

Voulez-vous donc que je parle pour vous?

Non , mais je viens vous supplier d’amener madame de Thomerel à ce bal que je donne en son honneur.

MADELEINE

En son honneur? Vous n’êtes pas gracieux, baron !

LE BARON

Pardonnez-moi, madame, si...

MADELEINE

Je plaisante. Mais ce que vous me demandez là est difficille ; vous avez vu comme elle m’a accueillie, il n’y a qu’un instant.

LE BARON

Ce départ est sérieux ?

MADELEINE, itsc Anesse.

Vous en doutez 'encore ?

LE BARON

Vous la retiendrez ! ,

* MADELEINE

C’est une petite nature très-volontaire! capricieuse et entêtée

comme une jolie femme, et avouez, baron, que vous n’avez pas fait grand’chose pour la retenir.

LE BARON

Le pouvaifr-Je ?

Madeleine, ü*écarUnt à gauche.

Non sans doute; mais, d’un autre côté, elle ne peut compatir à un amour qu’elle ignore.

LE BARON

D’autant plus qu’elle n’y compatirait sans doute pas, si elle le connaissait.

MADELEINE

Qu’en savez-vous?

LE BARON, s'approchant TiToœent do la comtasao.

Sauriez-vous le contraire?

MADEL EINE.

Je ne dis pas cela!

LE BARON

Oh ! je vous en supplie, madame la comtesse, ayez pitié de moi ! Je suis un pauvre fou, sans imagination, sans volonté. Que dois je faire pour empêcher ce départ, pour la retenir?

Je ne sais.

LE BARON

Si elle part, je me tue.

MADELEINE. n

Bien ! bien ! je cède la parole à votre pistolet.

Parfez, parlez, madame, je vous obéirai?

MADELEINE

Savez-vous, baron, que vous n’èles qu’un enfant! Et quel conseil puis-je vous donner? Je no suis pas dans votre cœur, moi 1 Dites-lui de chasser votre timidité et d'alïronter l’ennemi en face. Les femmes ne confondent jamais l’amour sincère qui balbutie avec l’amour joué qui est beau parleur. Louise vient demain, et la seule chose queje puisse faire pour vous, c’est de vous dire qu’elle sera ici à deux heures.

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