ACTE DEUXIÈME {05 CASIMIR
Me voici !
ELLEN, qui n'a pas cessé de causer avec Turier.
N'est-ce pas, Arabelle?...
ARABELLE
Quoi donc?...
ELLEN
Que M. Turler a une voix délicieuse?
ARABELLE
Oh!
TURLER, modestement.
Charmante, tout au plus.
ARABELLE, à Esther.
Oh! délicieuse! ma chère... M. Turler nous a chanté avant-hier un petit air hongrois ou napolitain, je ne sais plus!...
TURLER.
La Rodeska?...
ARABELLE
Oui!... non! je crois que c'est tyroUen. Celui-ci, tenez!
Elle court au piano suivie de sa sœur, d'Esther, et de M. Turler, et joue une Havanaise.
TURLER.
Ah! très bien!... oui, c'est havanais !
ARABELLE, à EHen.
Oui, c'est cela, havanais!
Elle continue à Jouer en sourdin»
m DANIEL ROCÏIAT
lUDAC IIE, redescendant ù droite avec Fai-gis après avoir dicté ses nom et prénoms au greffier et étonné de ce tableau.
Gela manque peut-être un peu de solennité!...
FARGIS
Quand tu verras une femme prendre le mariage civil au sérieux!... A la mairie, elle rit; à l'église elle pleure!
BIDACHE
Et pourquoi?
FARGIS
C'est que le mariage civil est tout de raison et le religieux tout de sentiment; l'un est le mariage mâle, et l'autre... le contraire... C'est pour cela qu'ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre!
BIDACHE, haussant l'épaule.
Allons donc !
DANIEL, à Turler qui écoute Arabelle.
Monsieur Turler... quand vous voudrez?
Arabelle cesse de jouer.
TURLER, gracieusement.
Je suis tout à vous !
Il descend et tire son écharpe rouge et jaune, d'un petit carton oU elle est serrée.
MISTRESS POWERS, à qui un domestique est venu demander les ordres pendant ce temps-là.
Monsieur Turler !
TURLER.
Madame?