ACTE II
Dans le cloître haut, chez Esteban. Une chambre aux murs jaunis ou sont fixées des /mages Saintes. Quelques pots à fleurs. Deux portes: l'une au fond s'ouvrant sur la cuisine; Vautre, la porte d'entrée, à droite, donnant sur la galerie du cloître. Deux fenêtres: l'une sur la galerie, et par où l'on aperçoit la cime des cyprès du verger intérieur; l'autre, à gauche, sur le dehors. Au fond un étroit escalier en colimaçon, ménagé dans le mur, et communiquant avec l'étage supérieur. Vieux meubles polis par l'usage; chaises, tables, prie-dieu... etc..
Allegro energico. J-=120
Au lever du rideau, Mariano. Përez, Pepe, d'autres p-ens du cloître groupés autour de Manuel, à diverses places dans la chambre, plusieurs assis près de la table.
Un peu moins vite
MANUEL
BgE [ fî j *: | i ^ IT g- ff hf f Ç — yaF —
.cla .
ves!...
Aux pro . lé .
tai .
r1 k - res de l'é .
Mê . me col . lier d'in - fa - man . te mi .
a Tempo
tal opprime le Tra.vail:
a Tempo
Tout aux uns,
rr-"-*
a Tempo allegro
l'n peu moins animé
Jue de vie é . touf . fée, Que de bon - heur per
a Tempo 1°
MANUEL, les calmant d'un geste
Mais.
zjhf-
bas
le Ca - pi
tal!
A ff
bas,
à bas!
ff.
bas,
à bas!
pasdevi.o . len - ce!
Un peu plus lent
Rien n'en sort qui ne soit mau-
Plus animé
fl 1
De fray .
er
le che .
min
vers la Ci . té
Fu-
tMt-t-
mf—
sf
dim.
p suivez
fco
Assez lent
c un ard'nt mysticisme
Pressez
un silence lourd et mécontent Assez lent
Prépa.rons l'a.venir:
PÉREZ, moqueur
r ' TV
Tf
Aecelerando
Très animé
bas le* exploiteurs!
A bas
les exploiteurs!
à bas,
bas,
à bas!
bas les exploiteurs!
\ bas
les exploiteurs!
à bas,
bas,
à bas!
Extrêmement animé.
Tumulte et brouhaha approbateur?
A ce moment, an clocher de la cathédrale, lents et graves tintements d'une clocho. Tous, excepté Mariant», Pepe et Pérez. s'arrêtent brusqueraen^cumnie pris en faut*1 Beaucoup moins vite
ressaisie par l'habinide et le respect héredit à mi-voix et se signant.
,TKNORS
D'un geste machinal ils se découvrent, ils s'inclinent, dans un grand silence
Seuls. Mariano et Pepe, par protestation, enfonceront leur chapeau et sassiéront d'un air de défi Perez, hésitant, resterait peut-être debout. De force. Manano l'oblige à s'asseoir et Pepe d'autorité, lui remet son chnpeau sur la tête. LA MAITRISE DE LA CATHÉDRALE Pot'O maestoso ""PR. et ENFANTS li o ff
Trmpo maestoso SOPR.el ENKANTS
poussant du coude
Estoban, entré dfpui
LTr
qiiplquflfl instants, au cours de la scène prcccdcn par son attitude centre un pareil scandale.
ESTEBAN, a Manuel
Aiiiuir
Tranquille
Pourquoi?..
Tranquille J=60 exprès
^j^mz
Sommes-nous donc à
Animez un peu
point d'aimer leurs chai . nés; J'avais be . soin de leur cri. er
Très iiniini'
V V n de leui
a Tempo moderato
tous.- " Comprenez donc enfin!
Vous ê.tesdes es . cla . ves! »
a Tempo moderato
ESTEBAN, après un haussèrent d'opauli.-?
.heur, En est-on plus heu . reux?..
très doux
Tout cafi.ni-ra
F' tf* *
MANUEL
lTn peu plus lent.
ces a . nar.chis-tes - là!
Un peu plus lent. #-=108
ESTEBAN, avec une mimique pos?imi*t
ESTEBAN, à Manuel
Assez vif.
Je des cends pourPHom . . ma . . ge
rail. , . Assez vif. W = 12fi
Et je re .
Wïïï t r^'
il sort. Par l'autre porte, entre Tomasn, qui, d'un refrard, s'assure d'ahnrd qu'Estehan
MANUEL, allant à Tomasa
TOMASA
l'n peu plus lent
Lent
L'a décidée en . fin.
Lent
.vu . e, Si douloureux et si ma . la . de, Que ma dé tresse eut pLtié de lu
Elle avait peur, d'abord... Son cœur, maintenant sera-,.
Plus vite Tempo lento
Animé
.-fin, sur la ter . re,
Un peu de bon . heur! Animé
Entrée d'Esteban
Manuel, assis, feuillette un livre; Esteban sest
égmleimnt a--i^. et, les Ira- croises, fume sa pipe. T h-;i \n ei vient, soccup.ini du ménage
ESTEBAN
Lent
psalmodiant à nri-vnjx. machinalement
tjqeff^f
TOMASA, échangeant avec Manuel un signe d'intelligence
Manuel, arec une indulgence bourru
Pè . re qui ë . tes aux deux, que vo.tre nom soit sane.ti - fi . é; que vo.tre
règnearri . ve; que votrevolon.tésoitfai.te Sur later.re comme au ciel.
Don. nez-nous aujourd'hui notre paindeehaque jour; Pardon.nez-nous nosof.
io3
. fen.ses comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont of-fensés ; ne nous laissez pas succom.
.ber à latentati.on;.
maisdéli.vrez-nousdumal Ain. si soit-
ESTEBAN r-
avec une intention marque
IOb
ESTEBAN. d'un Ion rude.
Sagrariu entre silencieusement, introduite par Tomas
MANUEL
Kstelian se retourne. Sagrarin, sans ne parole, s'agenouille devant son iière.
FNteban avec nu f;este, tous deux, vers la jeune fille TOMASA
io7
Sagrario est vêtue de noir, pauvrement, belle encore, flétri par la misère et le chagrin.
Elle rf?te à g-enoux, baissant la tête et toujours muette, navrant symbole de lassitude et de souffrance. Par un instinctif mouvement d'émotion paternelle, Esteban s'est penché sur elle... so raidissant contre sa pitié, il s'écarte do quelques pas, détourne les yeux.
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J. Lj ^
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TOMASA, ramenant
vers
Sagrario
le regard d'Esteban.
Re . gar . de!..
Oui,
c'est bien
Pp
|j/U| , > > > t L t | ; - A .. j - IIÛV^Î"
el
-*• - le;
C'est bien ta
fil -
le...
tf~~~ ^
ro8
Modère
Te souvient - il en-cor d'une en. fant rose et Mon - de,
Modéré. *=58
Un a-bricot descigarra.les Qui jouait là, vi.ve, ri.cu . .se, Au.
Cpnrralrs de Vf du Ta?e: <■
rjfers ou ja t dirsil'ajrrt'ment qui se tr uitive des abricots renommés.
a Tempo
-ci, Nous la nommions la"perje du cloi . tre:"Si lumineuse de san-té,
swh ^rrri .^~th 4 à i
Comme il semblait qu'el.le fût ne' . e pour le bon . heur!
Sanglots muets do Safir
Ce bonheur dont tu par . les, Cestelle, entends-tu bien, qui n'en as pas vou-
f dim. mnlln
- re, Pour un ca-prire elle a tout ou-bli.é.
J'ai meilleu re mé . moi re: Je n'ou.blie pas sa
S<»u> lo peste qui la chasse, Sagrario s cm relevée; avec cette résignation dans le désespoir qu'amène l'accablement d'une longue souffrance, elle a fait, lente, machinale, quelques pas vers la porte. Mais Tomasa l'arrête, la retient dans ses bras, où Sagrario cachera son visage et ses larmes.
MANUEL
0 jj jt ,
Es -
tu
i'JL *± U—J.' ~-J.
mf ho-
rresc.
ntrant Satrr
Toute faute s'expi . e.
. sus, qui fut des nô- très, Di - sait: "Re.lè.ve - toi!
■^ — - m » -rm
crcsc.
^ dim.
enfin devant Sagrario.
ESTEBAN
Geste la- â<- Sacrar
*)'■ - | ■• ,■ ,• * * •- ■ * ' I «■ jji ,< / * f Hl^r
Parle enfin... défends-toi...
Tcn excu
. se?
- — 'sV— ^-=—
-r ■♦ PP
nS
SAGRARIO, sans relever la léte, à voix basse.
Geste violc-nt d'Esteban.
Beaucoup plus animé
TOMASA
Beaucoup plus anime
Oui, l'A . mour.
De quoi fut - il donc
a Tempo animai o
Dont lhy- po -cri . te lâ.che - . té Per. se . eu. te l'A.mour,
Un peu plus lent
Toi qui mas recueilli,
Un peu plus lent
Toi qui m'as sauvé,
Toi qui m'es un pè - re, Cet.te place au foy er, ce pain quetuuit
don . nés,
A ton cn.t'ant ma . lade, et sans pain, et qui Cédez
l'Aie, bouleverse par une
'motion cr<. lisante, Estelj f\ 1 Pressez
rn ni
cèd''
pas
encore.
AJors, je n'ai plus quà partir..
Quand on chas, se l'en fant, rester, moi? De quel droit9
VoJersapla . ce?
Non'... Sagrari.o,
Plus lent. #- = 84
ESTEBAN. dan. >,., brusque sanglot, à sa fil!
Esteban, affaissé mit une cbai-e. pleure, tandis que Manuel lui serre la main, Sa£rario a penr.ux, Très passionne. « = 63
baisant l'autre main. Tmiiasa, bourrue et radieuse essuie des larmes de joie.
Plus lent
TOMASA, a K-tel.au. 7
Tomasa, d une mine attendrie,
confirme à Sagrario qu etlc ne doit pas les accompagner et, comme un peste de la jeune fille lui
Rail.
Lu,
Vl'P
jjJ
Imd 1
| 7fi
Ti'es lent
MANUEL, contemplant Saprariu avec uni; ntl lui - inên
faisant quelques pas vers cil
Manuel se rapproche encore et Tir i- - d'elle.
Poeo rail.
a Xemno
Pocn rail.
Don-ne-moi ta main...
a Tempo
Elle est pâle, et vei . . née de pâ.les rou-tes bleues.
Jui mè lient dou . ce ment jus.qaa ton cœur ma
SAGRARIO
MANUEL
C'est un li - en, qui n'est pas sans dou.ceur, En.tre nos deuxnji.
Poco animato
Rail.
a Tempo
Qu'une rumeur, trèsloin, au fend d'un grand si - len.ee...
à Tempo. #=50 Rail. tris expressif
En at-tendant,
je travailJe.rai...
MANUEL ^ K K K k
Tu ne n&r.ti.ras point?
a Tempo
coin seu-lement, près de la fe . ne - tre, Pour y cou . dre le
pas
On ne m'entendra pas. Je'.coute. rai d'i.ci la messe et les
fi - . ces; J'au - rai pour eom.pagnons le rnurmu - re de
Modère
SAGRARIO
On ou.blie tou.te pei . ne, Cebtunvoy . âge au Pa . ra
doux... corn, me la mort.
MANUEL, à lui -ma
ans un élan passionne.
/ ( — ,)j' ^j'j')p- PjJ a m a \ m> ff T If ff — 1
Puis. quel. le doit ve .
la mort
i -ne.vi .
table Et pournous
si pro -
If*
erenc.
chai. . ne, A . vant que nos deux cœurs s'ar . rê tentpour jamais,
Ah! si du moins l'un près de Tau . tre, Ne fût-ce qu'un jour,
SAGRARIO. se reculai
Ils pouvaient battre en . sem - ble!
Appassionato
Nous n'avons pas le droit de je-ter en pâ ture A lasouffran.ee
De pauvres è. très, nés de nous, Dès leber.ceau marques du
- mour, plus cons- tant et plus doux, Blanc comme notreenfan.ee,
Très lent. *=50
Profond de.tre bi pur, Souvent mu. et, pourqueles â mes Plus tendrement se
si que ve'.curent. Jadis, Les fLan . ces de la Sainte Légen . de.
SAGRARIO
le
Dont jai con.nu
la
vie dans un
i . vre d i - ma .
ges:
-/jJ
par un sou.dain mi . ra . cle,
Xo-tre Da . me s;
fl j*g m. n &
El. le descend trois mar . . ches;
Et de sa voix si Suivez
ten -
dre:
Quit-tez les
a-mour.s de la
ter .
re: Un s
Duffle à
M [y fy
VP
Andantino tranquillo
lys danscha.que
Suivez
main...
Andantino tranquillo. •• = 54
donc,
moine au mous .
tier,
Non
ne
sous
le
\-n>\> j rj =i
soir,
Ils s'
'ii.dor.maient
tous
deux;
Et cha.que
iLv\ — H — ? h • —
-- — kï
mu - eob eu deux beaux an -
h Tempo
Et lentement leurs mains s unisse
Tendrement, chastement, ils
restent ainsi, muets,
ans bnug-er, dans
le soi
r tombant .
poco crc&c
rfim.
il 4 rn ; — -y-
Le Rideau Ijaisse lentement.
Fi« <ft; 5?' ,4<"f<