PRIBRE POUR CEUX QUI SONT PRIVES DE CE BONHEUR
Dieu, Dieu des armees, ecoute done ma priere,
Prete Voreille, Dieu de Jacob.
Toi qui nous sers de bouclier, 6 Dieu, regarde
Et considere le sort de ton Oint.
Vraiment, un jour passe dans tes parvis en vaut mille. .
Je prefere me tenir sur le seuil de la maison de Dieu
Plutot que de sejoumer dans la tente des^impies. Dieu, notre Dieu, est pour nous comme le soleil et il nous sert
Dieu accorde grace et gloire, [de bouclier.
II ne refuse aucune faveur a qui se conduit bien. Dieu des armees,
Qu'il est heureux celui qui place en toi sa confiance!
Explication du psaume
Le psaume considere successivement ceux qui sejournent habituellement aupres du sanctuaire de Dieu (a) ; ceux qui peuvent s'y rendre
(i) Traduction paraphrases, assez conjecturale.
(a) Sur le sens de 1'expression : Dieu des armees employee ici, cf; p. 176, n. i.
TROISlfeME PARTIE. PS. LXXXHI IQ9
de temps k autre en pelerinage; ceux enfin auxquels est meme refuse ce dernier bonheur.
Ceux qui stjournent aupres da sanctuaire
Ah I les premiers sont les heureux de ce monde. (Voir supra, Ps. xxvi.) Semblables a 1'hirondelle et au passereau qui, avec une surprenante familiarite, n'hesitent pas faire leur nid dans les lambris du temple, tout pres de 1'autel de Dieu, ils se blottissent eux aussi a proximit6 du sanctuaire ou ils se rendent aussi frequemment qu'ils le desirent. Tels etaient les pretres et levites de 1'Ancienne Loi; tels peuvent etre sans peine aujourd'hui les pretres, les religieux et les plus bumbles fideles. Puissent-ils toujours apprecier ce privilege comme il conviendrait de le faire !
Les pelerins
Les pelerins sont deja moins favorises : leurs visites au sanctuaire sont forc^ment plus rares, et elles sont le fruit de penibles efiforts. Nous les voyons ici, nos pelerins, animes d'une 6nergique resolution d'aller de 1'avant, prets a se mettre en route, en d6pit des fatigues prevues, parce que Dieu est leur reconfort.
Leur trajet est penible : ils doivent passer par le celebre Val des Larmes (i), dont le nom dit assez les difficultes. Mais ils n'en ont point peur, et ils veulent le franchir avec une joie confiante, comme ils le feraient pour la plus riante des oasis. Aussi leur energie ne cesse-t-elle de croitre jusqu'a leur arrivee au terme de leur voyage.
Quel beau modele pour celui qui, en depit de tous les obstacles, de toutes les deceptions, marcbe a grands pas vers sa conversion, ou vers sa sanctification, transform ant en source de joies surnaturelles ce dont la nature serait disposee a gemir. Les ames du purgatoire sont, avec plus de verite encore, les voyageuses du Val des Larmes, mais si leur douleur est plus vive, leur confiance est aussi plus assu-
(i) Le Val de Baca; ce nom propre de Baca est traduit par certains interpretes par Baumiers , et par d'autres par Larmes . Le Salve Regina a rendu celebre cette valise de larmes (7n hac lacrymarum valle).
ree, car elles savent qu'elles sont sauvees et que chaque jour les rapproche de leur delivrance.
Les exiles
Le poete parle enfin du roi d'Israel, I'oint de Dieu, et de tous ceux qui partagent son exil. II nous semble ici encore, tout comme au Psaume XLI-XLH (p. 169), entendre les plaintes d'un levite exile qui a la nostalgic du sanctuaire ou il prenait part, jadis, au culte divin. II sail bien, par experience, qu'un jour de cette bienheureuse epoque en valait bien mille de la triste epoque de son exil.
Si nous connaissions comme les elus quelles sont les jpies du ciel, nous nous considererions comme des exiles ici-bas; et nous aspirerions a ce monde glorieux qui vaut bien plus de mille fois le notre, a 1'exemple de ce levite qui pleure Jerusalem.
En 61evant nos coeurs vers cette maison de Dieu qu'est le ciel, encourageons-nous par la reflexion du psalmiste :
Dieu accorde grace et gloire,
II ne refuse aucune faveur a qui se conduit bien.
Joie du peleriu. Ses souhaits a Jerusalem
Ps. cxxi (Laetatus sum in his quae dicta aunt mihi)
LA JOIE DU PllLERIN
Joie au depart :
Je me suis rejoni quand on m'a dit :
Nous allons a la maison de Dieu.