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Lundi, 9 octobre. — M. D. vient me raconter l’entrevue qu'il a eu hier avec le C. X., dont il est très content. Il part demain pour une petite excursion du côté de Naples, quelques Jours seulement.
Je passe ma Journée à écrire, entr’autres lettres la suivante :
“ Le Révérend Edouard Peroni, curé de Saint-Marce, Viterbe.
“ Monsieur le curé, la poste d'aujourd'hui est chargée de “ vous porter le premier fascicule du journal de voyage que
:“ ma nièce est à publier actuellement ; je pourrai vous en
‘“ envoyer deux autres sous peu.
“ Nous sommes revenus, M. Desrosiers et moi, enchantés
“ de notre excursion à Viterbe, Veuillez transmettre, avec
“ remerciements, nos meilleurs saluts à tous les membres de
“ votre bonne et pieuse famille. sans oublier la Signora Rosa “ Romiti, non plus que ses respectables tantes, Mesdemoiselles “ Béatrix, Marie, et celle qui sera au ciel la première de son “ nom ; et me croire avec beaucoup de cousidération, monsieur « le curé, votre tout dévoué serviteur.”
- À M. G. D.—“Mon cher ami,.… Vous avez écrit sur notre journalisme une page de De Bonald. S'il y en avait un peu plus qui penseraient comme cela! En attendant, mon petit canot navigue sans aller au fond de l’eau, passe à travers des écueils où échouent de gros vaisseaux, connaît les ports sûrs à l'abri des vents, et monte petit à petit le courant vers le but, O que l’homme a de grandeur ! qu’il a aussi de petites misères. Que de trouble on se donne pour sauver sa peau ! Il vaut bien mieux sauver la vérité. Très vrai, le motto de la H. B. C: Pro pelle cutem. La mienne est dure à cuire, c'est ce que quelques uns trouvent. Les gazettes me disent de gros mots,
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j'en bénis le bon Dieu, c’est un signe que je suis dans le bon ‘sentier. J’hésiterais, si elles me comblaient d’éloges : non pas que je les crois toutes mauvaises ; non, maïs la plupart n’ont pas assez d'étude, de réflexion, de préparation pour porter des jugements appuyés sur le mieux dans les circonstances compliquées que nous traversons. Adieu ! Bon soir !”
. À M. J. G. P.—“Mon cher ami,.…Je suis convaincu de plus en plus que je fais l’œuvre de Dieu ; et d'autant plus qu'il ne peut y avoir pour moi dans ce travail aucun avantage personnel. Jusqu'ici, je n’ai récolté que des défiances, des soupcons et des injures. Il restera des impressions qui ne s’effaceront jamais. Cependant je dois dire que, en haut lieu, il y a de nobles exceptions, et c’est là le secret de choses incompréhensibles pour la foule qui passe. Je bénis Dieu de ce qui peut m'arriver de désagréable dans les gazettes ; j'ai reçu assez de bienfaits de sa main, que je ne dois pas m’étonner d’avoir de ce côté quelque part aux misères humaines. Je les aime, elles contribuent à me donner l'assurance que je marche dans la bonne voie. Je suis bien, et, entre nous, tout va mieux que j'aurais pu le désirer.”
À 8 heures, comme nous fumions tranquillement la pipe, tout-à-coup entre un Turc, content, joyeux, leste, sous la forme de M. Ferland, arrivant de Jérusalem. Jusqu'à onze. heures, il nous parla de la Terre Sainte, d’où il revient enbaumé de souvenirs bibliques,
… Mardi, 10 novembre.—A 9 heures, entrait P,. avec ses - cueillettes du 28 et 29 octobre, ayant à sa droite M. Martel, à sa gauche Mademoiselle de la Rousselière. Au bureau cen-: tral de la poste, M. Onésime Reclus, venant de Ste-Foy-la- Grande, se joignit à la compagnie. Il entre en matière par
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ces paroles : “Mon cher Révérend, recteur, diplomate, voyageur, colonisateur et ami”,...et il termine comme un algonquin : “J'ai dit.” Journée passée à satisfaire à ma correspondance. |
Philomène a fait les principaux frais de la veillée, Une des premières demandes de M. Ferland, après son retour de Jérusalem, fut d’avoir des nouvelles du Canada par “l’intéressant
journal de St Lin.” Ce soir, M. Desrosiers, de sa voix claire
et rapide, nous a lu le deuxième fascicule, nous faisant voya-
ger de Mattawa à St-Boniface. En terminant, M. Desrosiers
de dire : “Ces quarante pages n’ont qu'un défaut, celui d’être
trop courtes.” Et les autres d’applaudir.
Mercredi, 11 novembre. —Je ne me levai que pour diner.
Ces treize heures passées sous la couverture dans la chaleur et limmobilité, ont refait le système de Copernic, et quelques frictions remettront tous les nerfs à leur place. La friction est quelquefois nécessaire dans le monde des muscles comme dans le monde des esprits : le secret du-remède est dans l’habileté “de la main qui agit.
Cette après-midi, j'écris à Mgr Fabre, encore en convalescence à Paris, une longue et importante lettre. Il a changé de résidende, Voici ce qu’il me disait, à ce sujet, dans une lettre qu’il m’écrivait le 31 d'octobre dernier :
“ 13 Avenue d'Eylau, Paris, 31 octobre 1896. — Monsieur « le curé, je suis installé chez une parente depuis hier. Le “ quartier est plus gai, et le soleil peut nous trouver. Cette cousine parisienne a passé plus de trois ans avec moi, il y a
+ cinquante ans, chez son père. Plus tard, en 1869, j'ai passé
& trois mois chez elle. Dans les autres voyages, j'allais y æan-
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‘ ger assez souvent, mais je ne voulais pas imposer à mon
“ compagnon de voyage de loger avec moi chez une parente ;