EXCURSION DANS LA VALLEE DE L'OUAD QUITAN
Nous descendons dans une (blinda espagnole située contre le Mellah', auprès de la grande place de la ville, à la plaza de Espana.
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l ig 20. La plaza de Espafia à Tétouan.
L'hôtel est presque constamment vide depuis que les touristes n arrivent plus jusqu'ici.
Tétouan était autrefois l'objectif de nombreux voyageurs; mais elle est délaissée depuis le siège qui a failli l'affamer el surloul depuis que la piste de Tanger est barrée par les coupeurs de routes.
Bien que nous trouvions à la founda un confortable suffisant,
I. Quartier où sonl relégués les juifs dans les villes du Marne
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l ig. 21, Tétouan \ n de la terrasse de notre maison
M. Buchel pense que nous serons plus à l'aise dans une maison de la Médina '. qu'il loue pour une quinzaine de jours.
C'esl là que non- allons établir notre quartier général; nous occupons les pièces du premier, tandis que le rez-de-chaussée demeure constammenl ouverl au va-el-vienl 'I'' nos hommes el de nombreux visiteurs, car mon ami, il me semble, esl '-"111111 de tous les Titaouni !
L'idée de nous installer ainsi 'Lui- la ville arabe '"-l excellente: un y trouve |iln> d'isolemenl H partanl un repos plu- absolu. L'explorateur allemand Oskar Lenz a égalemenl habité la Médina el s'en e.sl forl bien trou\ é.
Je un' souviendrai longtemps du coup d'œil pittoresque que 1 -
avions du h;ml de m»i re demeure.
Ville arali
La ville apparaîl blanche, avec ses maisons aux terrasses sans
parapets, sur lesquelles I»"- femmes l'uni sécher leur linge ou le
grain qu'elles viennenl de laver avanl de le broyer dans de petils
moulins de pierre.
Je n'ai pas oublié, non plus, l'animation de ces terrasses, par
les belles soirées d'automne, quand, an coucher du soleil, les M a uresq u e s viennenl mêler leurs chants plaintifs aux noies vibrantes de I' « A Ma li ou Akbar », par lesquelles le muezzin du minarel voisin invite les tidèles à la prière.
Fig. 22, — Tétouan, femmes sur les terrasses
Les buts d'excursions ne manquenl pas aux environs de Tétouan; toul est à voir dans cette région, surtout au poinl de vue spécial de mes recherches. Mais je désirais porter mes efforts sur la chaîne de l'Andjera, queje venais de traverser, el sur son prolongemenl vers le sud. A cel effet, j'ai effectué d'intéressantes tournées aux environs delà ville, sur la rive gauche de l'Ouad Bou Sfiha et, toujours en compagnie de M. Buchet, j'ai exploré la vallée de l'Ouad Quitan' el \ isité les montagnes îles Béni Hezmar el des Béni Hassan, jusqu'au voisinage du Djebel Keltï*.
Je vais commencer par le récil de ces dernières excursions.
Mon attention esl d'abord attirée du côté de l'Ouad Quitan,
lil aussi Quitsan, suivanl prononciation algérienne.
2 M. >,ii Vnna de In carte hydrographique.
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Fig 23. — Vallée de i'Ouad Quitan.
affluenl de droite de I'Ouad Bou Sfiha, donl la vallée cnlaille profondément les montagnes des Béni Hezmar.
Des faits importants onl été signalés, en l'année 1847, par le géo [ogue français Coquand, sur lesquels sonl basées les idées que l'on se fail actuelle ni de la structure de la partie la plus occidentale de la chaîne du Rif. Aussi ai-je le vif désir de contrôler ces données, en particulier la présence de fossiles siluriens auprès de
Djaritz el l'existence de calcaires crétacés dans les m agnes qui
dominenl ce \ illaere.
Nous par - un matin, d'assez I te heure. J'ai abandonné le
ostume musulman parce que les raisons qui l'avaienl fail
.rendre dans l'Andjera n'existenl plus. M. Buchel n'esl pas c m
lans les régions que nous allons visiter, aussi augmentons- ls
iotre escorte : nous avons maintenanl dis fusils.
\ |a sortie de Té an, nous traversons les nombreux jardins
bien arrosés qui se trouvent au sud de la ville, de chaque côté de la rivière. Ces jardins, on plutôt ces vergers, sonl bordés de baies épaisses de roseaux qui encadrenl les chemins.
Il reste des traces importantes des actes de vandalisme commis par les tribus qui assiégèrent Tétouan, il y a environ dix-huit mois; on voit encore un peu partoul les ravages de l'incendie sur les haies et sur les arbres fruitiers, parmi lesquels domine l'oranger.
Nous atteignons rapidement VOuad Quitan, qui roule beaucoup d'eau près de son confluenl avec l'Ouad Bou Sfiha. La vallée s'ouvre assez largement dans la plaine à partir de Sidi Ali liili, coquet village placé sur un mamelon de la rive droite et dont on aperçoit de loin, notamment de Tétouan, le haut minaret qui abrite les restes d'un marabout très vénéré dans le pays.
Les contreforts de la montagne, qui s'avancent dans la plaine, sonl constitués par des éperons de schistes noirs, identiques à ceux que non- avons observés de part et d'autre de la chaîne deVAndjcin. Os schistes primaires sonl en conlacl avec un terrain où dominent des bancs de grès siliceux, rouges ou roses, qui représentent le permien.
Nous suivons le thalweg, au f I d'une vallée de plus en plus
encaissée et dont 1rs flancs sonl recouverts de lentisques, d'arbousiers, de cistes et de thuyas.
Le chemin est assez pénible car, indépendant ni des hautes
broussailles qui barrent constamment notre roule, nous sommes forcés de recouper souvent le lil de l'Ouad; mais la vallée est des plus pittoresques avec sa végétation qui laisse percer, de loin en
loin, des bancs degrés d' -ouge cr< isi, et sa rivière dont les
eaux se précipitent en une série de petites cascades. L'horizon est
barré, à une distance relativement faible, par scarpement
presque abrupt de calcaires blancs.
Le paysage est encore agrémenté par la présence de nombreux lins arabes, abrités par de petites maisons aux toits de chaume
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miIiii dans la vallée .1.- l'Ouad Ouita
ou 'li' diss. Ces moulins ;'i eau, un peu primilifs, fonclionnenl
lu plus grande partie de l'annd I peuvenl moudre jusqu'à dixquin-
Laux de grain par joui-.
Enfin, d'après le dire des habitants 'In pays, le- eaux pures <•! fraîches de VOuad Quitan nourriraient un certain nombre d es pèces de poissons, parmi lesquelles la truite. Les renseignements que M. Buchel el moi avons pu obtenir des indigènes paraissenl assez concordants ':< cel égard; la truite des montagnes des Béni
Hassan sérail mê apportée, à différentes époques de I année, >m-
!<■ marché de Tétouan.
Ce fail mérite d'être confirmé, parce que la présence des salmo nides dans les rivières de l'Afrique du Nord n'a jamais été constatée 'I'' façon certaine. On a bien signalé des truites dans quelques rivières des environs de Philippeville H de Collo, dans la province ilf Constanline, mais il semble qu'il n'y ait jamais eu, dans
Fig. 25. - Haute vallée de l'Ouad Quitan.
ces régions algériennes, que des tentatives d'acclimatation ilu précieux poisson, tentatives d'ailleurs avortées.
M. Bucliel qui, par ses nombreuses recherches ichtyologiques semble devoir se faire une spécialité de l'étude des pêcheries au Maroc, se promet d'apporter tous ses soins à la solution de cette question à la fois importante au point de vue de la géographie zoologique el au point de vue de l'économie «lu pays.
On rencontre à différents niveaux, au-dessus du thalweg de VQuad Qui/un. des tufs calcaires renfermant une faune <!<• mollusques terrestres el des traces de plantes fossiles; ces travertins témoignenl du travail de creusement de la vallée depuis des époques récentes.
Lorsque nous sortons du terrain permien, la vallée nous apparafl plus étalée, dans un relief moins rigide offerl par les schistes primaires. Enfin la rivière descend, sous le nom d'Ouad Zerka, de
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crêtes formées par le lias calcaire, à travers des gorges pittoresques; là, ses eaux se précipitenl du haul de falaises ;i pic, en cascades qui faisaient autrefois l'admiration des touristes venus pour \ isiler Télouan.
, < » 1 1 — . nous trouvons en ce moment auprès du village de fnrrit'