WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y
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et de vous presser sur nos cœurs en cette fête solennelle, car il n’y a plus de catholiques, rien que des Canadiens—ce dernier titre l’'emportant de beaucoup sur l'aire.
Maintenant un mot de la frégate italienne. On rapporte que M. Beaugrand, à propos de l'incident de la frégate italienne, jubile et crie à qui veut l'entendre : Il y a dix ans, si le maire Desjardins eût refusé, comme aujourd'hui, de présenter ses hommages au représentant du roi Humbert, il eut été acclamé, on l’eût porté en triomphe, les journaux l’eussent exalté aux nues; aujourd'hui quelques personnes clair-semées le félicitent, les autres le blâment ; presque tous les journaux le traitent de rétrograde, C’EST Nous QUI AVONS FAIT CELA!! Et à ces derniers mots, il parait que la joie éclate chaque fois dans ses yeux. Il peut se réjouir en effet de la multitude de badauds qui le suivent, sans savoir où il les mène.
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LA SAINT JEAN-—LAPTISTE 187 Mes chers artisans, vous savez que le roi d'Italie, Humbert, siège d’une manière Sacrilége, sur un trône élevé à côté de celui du Saint- Père, dans un Palais et sur des Etats volés au Pape, : Il envoie ici une frégate, tant son drapeau, troué des balles de nc: Zouaves : et on se demande quelle conduite doivent tenir les catholiques ?
Il est bien facile de répondre À cette question. Un moment d'attention, pour bien comprendre l’histoire qui va suivre,
Îl ÿ avait une fois un habitant qui pos- Sédait une petite terre Sur laquelle étaient bâties deux maisons : il en habitait une, l'an de ses fils demeurait dans l’autre,
Un jour, un officier accompagné de soldate arrive sur cette te
rre, Sempare de la
maison qu'habitait le fils, le met À Ja porte, enlève la croix qui dominait l'édifice, y
plante son drapeau, et sempare de Ja terre du père,
PR semer
L’habitant bien contristé, fit parvenir la nouvelle à tous-ses enfants dont quelques uns vivaient dans le Manitoba-—Ceux-ci furent bien affligés.
Quelques années plus tard, cet offcier envoya son aide-de-camp,drapeau en tête, (le même drapeau qui avait remplacé la croix), visiter les fils du pauvre habitant qu'il avait volé. Ses fils avaient des voisins qui se réjouissaient de l’arrivée de l’'aide-de-camp du voleur.—Ces voisins-là étaient tous des ennemis de la croix, drapeau du père.—Les fils s'assemblèrent pour décider quelle ligne de conduite, ils devaient tenir.—Les uns dirent : allons boire à la santé du voleur ; qu'importe les larmes de Papa, laissons-le seul pleurer son malheur; ce n'est pas nous qui souffrons, c’est lui.— L'un d'eux se leva et dit : Mes frères, permettez-moi de vous dire que vous n'avez pas de piété filiale, vous n'avez pas de cœur, vous êtes des fils dé-
naturés ; notre père humilié et prisonnier a été volé par un mécréant, son drapeau, sa croix a été foulée aux pieds, et vous voulez aller souhaiter longue vie à l’usurpateur de xofre bien; car ce qui appartient à notre père est à nous comme à lui :
mais, est-ce que les sentiments de la nature sont éteints dans vos âmes ? Est-ce que vous ne sentez pas remuer au moins une fibre de votre cœur, à la pensée de notre père bafoué, méprisé, ridiculisé en face du monde entier? Entendez-vous les cris de triomphe, semblables aux hurlements des bêtes fauves que les ennemis du drapeau de notre famille, poussent à l'approche de celui qui flotte à sa place? Voyeztousles suisses, les francissons, les francs-maçons, les juifs accourir pour saluer le drapeau qui a fait couler le sang des nôtres, sang versé en protégeant le blason de famille qui a ennobli plus de vingt générations ?— et vous voulez vous joindre à ces gari-
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baldiens !! Mais, n’y aurait-il plus de place pour un cœur dans vos poitrines ? Etesvous rendus à l'égard de notre père, à ce point de froideur méprisante que la pudeur ne peut plus faire monter un peu de rougeur sur ces fronts où je vois pourtant briller la croix du saint Baptême, croix que notre père y a gravée comme écusson de famille ? Cet écusson de famille, frères, je veux le garder sans tache; je n'en rougirai jamais ; qu'on môte tout le reste, qu'on me retire la confiance qu'on m'a donnée jusqu'à ce jour si l’on veut, mais jamais on ne souillera sur mon front, d'une bave garibaldienne, le glorieux écusson que mon père y a tracé de son sang.
Mes chers amis, lequel des fils de cet habitant voudriez-vous être? ou les 1âches qui viennent lécher le drapeau du voleur de leur père, ou le brave qui s'écrie : Mon père, si je ne puis vous rendre votre drapeau, du moins je mêlerai mes larmes
aux vôtres pour laver les crachats dont vos ennemis sacriléges veulent le couvrir.
Je ne vous ferai pas l'injure de croire, bien-aimés compatriotes, que vous hésitez un instant dans le choix à faire, vous voulez être tous le fils généreux qui se souvient de l'affront fait à son père. Eh bien, c’est ce que vient de faire l’un des nôtres, c'est ce que vient de faire notre maire | Honorable Alphonse Desjardins !!
En votre nom, je prends la liberté de le saluer, comme un homme qui met l’honneur avant les honneurs, comme un homme qui a fait son devoir de Canadienfrançais catholique, comme un homme qui a eu le courage de ses convictions, comme un homme qui, bien loin de courber l'échine devant le roi sacrilége du Quirinal, s’est dressé de toute la hauteur d'un catholique pour répéter avec son Père, le Vicaire de Jésus-Christ : #07 possumus, nous ne pouvons pas.
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Vous recevez, Monsieur le Maire, pour cet acte de fils dévoué de l'Eglise, toutes les insultes et les moqueries de Filiatrault, de Sauvalle, et de tous ceux qui désirent que les suisses et les francissons arrachent, des mains de Monseigneur Fabre, le drapeau de l'Eglise pour le remplacer par le chiffon de Garibaldi. C'est ce qui fait votre gloire et doit être votre consolation, Monsieur le maire, puisque le démon et tous ceux qui veulent son règne vous honorent de leur mépris. Vous avez fait plaisir aux cathaliques de la province de Québec, qui Mt heureux d’unir leurs applaudissements à ceux des anges du Cie] que l’archange Saint-Michel conduisait au combat contre Lucifer, en s'écriant: Quis ut Deus? qui est semblable à Dieu! ... (1)
(x) En cette occasion, l'Honorable A, Desjardins a fait oublier la peine qu’il avait causée à ses nombreux amis, lors
de la visite à Montréal de la protestante ‘‘ Société d’efforts chrétiens.”
a fait , lors fforts
PRIS lecteurs, vous Savez que l’un SA des plus Srands devoirs des Pères et des i nères de famille, est de bien élever leu s enfants. ‘ J'ai possédé
un homme Par Dieu” dit Eve, Ja première mère qui ait existé : . Dieu vous
enfants «‘ comm
à les dévorer, ” attend la première lueur d'intelligence POur s'emparer de leur âme.
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Il vous faut donc veiller sur ces enfants pour les conserver à Dieu qui vous les a donnés et pour qui il a préparé une place au ciel. À cause du péché originel, l'enfant apporte en venant au monde, l'inclination au péché, l’orgueil le pousse bien vite à jeter son cri de rébellion contre la volonté de ses parents. L'enfant laissé à lui-même, aimera mieux jouer qu'étudier. Pour étudier, il lui faudra faire un effort, se contraindre et la contrainte sène sa pauvre nature déchue.— C’est vous dire, chers compatriotes, que si vous voulez bien élever votre enfant, vous rencontrerez bien souvent de l’oppositionde sa part, —Queiquefois il vous faudra être sévères, malheur à. vous si vous ne l'êtes pas. L'Esprit Saint vous dit “de ne pas épargner la verge ”, ne laissez pas vos enfants “ s'élever tout seuls”. Vous savez ce que l’on dit quand on apprend qu'un enfant a fait quelque mauvais coup: ce
n'est pas étonnant, c'est un enfant qui s'est élevé lui-même. Un enfant qui s'élève lui-même ne peut pas être un bon citoyen ; n'étant pas un bon citoyen, il ne peut être un bon catholique.
Je vous avouerai franchement ma pensée : plusieurs de mes compatriotes sont érop tendres pour leurs enfants et la première éducation est peut-être efféminée ; on ne les prépare pas assez pour les grandes fatigues de la vie; ces enfants élevés sur des oreillers, seront peu propres au travail, et pourtant, riches ou pauvres, il faut qu'ils travaillent.
Une des causes de cette éducation molle que l'on donne aux enfants est peutêtre celle-ci : on change bien vite de condition dans notre patrie et l’on se trouve souvent jeté dans un milieu dont on accepte les avantages, mais dont on n'est pas préparé à surmonter les inconvénients.
La plus belle médaille dorée a son revers
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et la richesse a ses inconvénients. Un profond penseur a dit : ‘“ Beaucoup supportent l’adversité, bien peu la prospérité.” L'expérience de chaque jour confirme cette parole ; que de personnes à qui l'adversité n'avait pu faire courber le front et à qui la prospérité a fait tourner la tête !!
Un cultivateur, un artisan, un marchand, un homme de profession, par un travail assidu et une grande économie, devient-il riche, jelui dis : mon ami, prenez garde, si vous n'élevez pas bien vos enfants, si vous ne savez pas les corriger à propos ou les laisser corriger, ces enfants dissiperont en quelques années tout l’héritage que vous leur aurez laissé et mourront dans la misère.
Que de fois j'ai entendu cette remarque !
y a-t-il une paroisse où je ne l'aie pas entendue ?—Voyez-vous ; mon père, cet homme qui passe ? son père était bien
riche, mais cet enfant a tout dépensé, ce n'est pas étonnant, 1l a été élevé à tous ses caprices ; il a été à l'école quand il a voulu, pour une égratignure il restait quinze jours à la maison ; son père n'a jamais voulu que personne ne le corrigeât ; jusqu'à l’âge de quinze ans, il a été un petit monarque bourré de bonbons et orné de dentelles ; maintenant il a cinquante ans, et les dentelles sont changées en guenilles.
Je ne veux pas soutenir que toutes les personnes qui s’enrichissent, donnent à leurs enfants une telle éducation, oh ! non, mais j exprime le désir qu’en leur laissant leurs richesses, ils les fassent hériter de leur énergte, de leur esprit de travail et d'économie. Je voudrais qu'ils fissent bien comprendre à leurs enfants que la possession de vingt cinq ou cinquante mille piastres n'est rien, comparée à celle de l'amour du travail.
Beaucoup de jeunes gens paraissent ne pas savoir cela—je les ai vus dans nos couvents et dans nos colièges, ces enfants, le désespoir des maîtres, n'avoir d'autre envie que celle d’hériter de leurs parents.
Ces enfants passaient une partie du temps.
chez leurs parents ou à l’infirmerie, ne finissaient jamais leurs études, n'avaient aucun courage quelconque, pas même celui de s'amuser avec leurs compagnons.
Un observateur me faisait cette remarque-ci : Depuis deux cents ans, il y a bien des Canadiens qui sont morts très riches.
Où sont ceux qui maintenant peuvent retracer leur fortune—je ne dis pas jusqu'au bisaïeul, même jusqu'à l’aïeul ? c’est toujours à recommencer, où est la cause de ce désordre ? suivant l'expression canadienne, on n’a pas élevé, mais gâté ces enfants qui ont toujours fait leur quatre volontés.
Ecoutez bien le trait suivant :
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Un homme, trente à quarante fois millionnaire, que j'ai bien connu et que je connais encore, avait un fils qui, dès le bas âge, donnait de grandes espérances.
Il envoya cet enfant dans un collège bien éloigné de la maison paternelle. Il y eut d'abord bien des larmes de versées, mais le père fut inflexible. Mon enfant, il faut que tu commences à comprendre qu'on ne vit pas seulement de sentiments, ton avenir demande que tu t'éloignes de nous :
telle était la réponse du père à toutes réclamations de son fils. Son enfant dut terminer tout son cours. La dernière année, il travailla peu, il trouvait qu'il en savait assez pour prendre commerce : il avait hâte de jouir. Son père—remarquez bien ceci--lui fit recommencer le cours de cette année-là.
Enfin, le jeune homme sortit des quatre inurs de ce collège et arriva à la maison paternelle.
—Mon enfant, quelle profession désires-tu embrasser ?
—]Je veux suivre l’état de mon père, dit le jeune homme, rester avec lui aussi longtemps qu'il vivra et continuer son commerce après sa mort.
— Très bien, répondit le père; tu viendras demain au magasin à sept heures.
— À sept heures! reprit le fils étonné.
Oui, à sept heures.
Le lendemain matin, le fils arrive à l'heure indiquée, croyant trouver l'homme de loi qui devait faire un acte par lequel son père le mettait co-propriétaire de son immense magasin.
Quelle ne fut pas sa surprise-d’entendre son père appeler ie contre-maître et lui dire : voici un jeune homme qui veut avoir de l’emploi dans notre maison, veuillez, s'il vous plaît, lui donner de l’ouvrage et le traiter comme tout nouvel employé.
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Le contre-maître dit au jeune commis d'aller porter tels paquets aux adresses désignées ; le jeune adolescent releva la tête, voulut faire valoir ses titres, mais le père fut d’airain.
Le jeune homme laissa le magasin et s’en alla bouder huit jours à un grand bôtel, où le père fit dire qu'il ne se rendait pas responsable des dettes de son fils.
Bref, il fallut que le jeunehomme gagnûât sa vie par lui-même pendant deux ans ; ayant d'abord de petits saiaires, il connut la gêne, et comme il dit, /a valeur de l'argent. Son père l’invitait à dîner chez lui le dimanche et le traitait comme son fils, mais un fils qui doit travailler six jours de la semaine. Le jeune homme travailla, économisa, deux ans plus tard il avait un peu d'argent devant lui et aëmair à travailler--son père alors l'appela : Maintenant, mon fils, prends ce million et sois mon associé, ton éducation présente te
permet de recevoir sûrement ton héritage.
Le fils aujourd'hui à la tête de la maison de son père, le remercie de la sévérité qu'il a eue à son égard.
Amis lecteurs, donnez une bonne éducation à vos enfants, ne les gâtez pas; souffrez que ces enfants soient corrigés, car l'éducation n’est pas une affaire de sentiment, mais de religion ; priez beaucoup pour être éclairés, c'est par la prière que vous connaîtrez la ligne de conduite que vous devez tenir. Priez, et Jésus vous montrera que ce ne sont pas ceux qui ont fait vœu de l'aimer de tout leur cœur, comme les prêtres et les religieuses, qui veulent le malheur de vos enfants.
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