DANS DE CIEL
rama au lever du soleil! Fleurs, fruits, parfums, palais féeriques s'élevaient sur des tles à la végétation orangée, les eaux s'étendaient eu limpides miroirs , et de joyeux couples aériens descendaient en tourbillonnant sur ces rivages enchanteurs. Là, tous les travaux matériels sont accomplis par des machines et dirigés par quelques races animales perfectionnées, dont rintelligence est à peu près du même ordre que celle des humains de la Terre. Les habitants ne vivent que par l'esprit et pour Tesprit; leur système nerveux est parvenu à un tel degré de développement , que chacun de ces êtres, à la fois très. délicat et très fort, semble un appareil électrique , et que leurs impressions les plus sensuelles, ressenties bien plus par leurs &mes que par leurs corps, surpassent au centuple toutes celles que nos cinq sens terrestres réunis peuvent jamais nous offrir... Une sorte de palais d'été illuminé par les rayons du soleil levant, s'ouvrait au-dessous de notre gondole aérienne; ma voisine,. dont, les ailes frémis-
saient dlmpatience, posa son pied délicat sur une touffe de fleurs qui s'élevait entre deux jets de parfums. — « Retourneras4u sur la Terre? » dit-elle en me tendant les bras.
— «Jamais! » m'écriai-je... Et je m'élançai vers elle...
Mais, du même coup, je me retrouvai, solitaire, près de mon bois, sur le versant de la colline aux pieds de laquelle serpentait la Seine aux replis onduleux.
Jamais!... répétai-je, cherchant à ressaisir le doux rêve envolé. Où donc étais-je? C'était beau.
Le soleil venait de se coucher, et déjà la planète Mars, alors très éclatante, s'allumait dans le cieL
— Ah! fis-je, traversé par une lueur fugitive, j'étais là! Bercées sur la même attraction, les deux planètes voisines se regardent à tra« vers l'espace pur. N'aurions-nous pas, dans