‹ Dans les brandesChapitre 15 sur 90 · LE REMORDS · texte numérisé non relu

LE REMORDS

Plus de brise folle Sur les talus :

La frivole Ne vole Plus!

L'âpre soleil rissole Les grands fumiers mamelus.

Plus d'oiseau loustic.

Sur le roc rouge Très à pic L'aspic Bouge.

L'homme dévale au bouge, L'insecte fait son tic tic.

Le bois gigantesque A la stupeur D'une fresque. J'ai presque Peur!

L'étang par sa torpeur Est d'un affreux pittoresque.

Et je souffre, hélas!

Jusqu'à la fibre :

Et mon pas

N'est pas

Libre.

Plus une aile qui vibre

Dans l'air où j'entends un glas !

D'êtres nul vestige^

Dans mon linceul

De vertige

Lourd, suis-je

Seul?

Plus courbé qu'un aïeul.

Je marche. — L'étang se fige.

Mon cœur repentant Dont tu te moques, 0 Satan !

Est en Loques.

Oh ! les noirs soliloques Que je marmotte en boitant!

Le soleil s'élève Comme un drap d'or.

L'eau qui rêve Sans trêve Dort, Pendant que le remord Me taillade avec son glaive.

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