LE JAMBON
Je le vois toujours, ce jambon, Avec un appétit nouveau.
Fier, il pendait au soliveau Antique et noir comme un charbon.
Oh î devait-il être assez bon !
Gros comme une cuisse de veau !
Je le vois toujours, ce jambon.
Avec un appétit nouveau.
Il me hantait pour tout de bon L'estomac comme le cerveau, Mais je viens d'en manger. Bravo Cette chair est un vrai bonbon.
— Je le vois toujours ce jambon.
LA BELLE PORCHÈRE
La porchère va remplir l'auge De son mouillé cFeau de vaisselle.
Les deux bras nus jusqu'à l'aisselle, Elle va> vient, court et patauge.
•^ L'air est plein d'une odeur de sauge* La lumière partout ruisselle.
La porchère va remplir Tauge De son mouillé d'eau de vaisselle*
Et ma foi ! mon désir se jauge Aux charmes de la jouvencelle :
Je suis fou de cette pucelle.
— Allons ! verrats, quittez la bauge ! La porchère va remplir l'auge.