‹ Dans les mers du SudChapitre 57 sur 68 · Le « stone » équivaut à 14 livres · texte numérisé non relu

Le « stone » équivaut à 14 livres

corps et de visage, paresseux comme un esclave et insolent comme un garçon boucher. Il dormait et fumait chez nous dans des attitudes variées et pleines de grâce; mais, loin d’aider Ah-Fu, il ne s'occupait même pas de lui. On peut dire de lui qu'il était venu pour apprendre et demeurait pour enseigner; et ses leçons étaient parfois difficiles à digérer. C'est ainsi qu'envoyé une fois à la fontaine pour remplir un seau d’eau, à mi-chemin, il rencontra une femme, arrosant ses oignons, changea de seau avec elle et, lui laissant celui qui était vide, s’en revint à la cuisine avec celui qui était plein. Une autre fois on lui confia un plat de « dumplings »! pour le Roi, en lui disant qu'ils devaient être mangés très chauds et qu'il devait les porter aussi vite que possible. Le misérable s’en fut à la vitesse d'un mille à l’heure, traînant ses pieds, le nez en l'air. À cette vue, ma patience, à l'épreuve déjà depuis un mois, m'échappa. Je le poursuivis, le pris par les épaules et, le poussant devant moi, je lui fis dévaler ainsi la colline, traverser les salles et je l’entrainai au milieu des applaudissements du village, jusqu’au Parlement où le Roi tenait un « pow-wow »2. Il eut l’impudence de prétendre que ma violence lui avait occasionné des contusions internes et de manifester des craintes sérieuses pour sa vie.

Nous supportâmes tout cela, car Tembinok’ est plutôt sommaire dans ses façons d'agir et je n'étais pas müûr encore pour tremper dans la mort d’un homme. Mais, entre-temps, mon infortuné Chinois avait dû travailler pour deux et tomba malade. Je me trouvai dès lors dans la situation de Cimondain Lantenac et d'ailleurs de tous les personnages de quatre-vingttreize : obligé pour épargner le coupable de sacrifier l’innocent. J'employai le moyen habituel, avec ses

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