‹ Dans les propylées de l'instrumentationChapitre 15 sur 68 · C- Ci 00 CD · texte numérisé non relu

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156. — Au dessin de l'ex. 78, l'élève, s'il a désir de se rendre un compte exact, pourra ajouter les défauts de longueur que lui montre la colonne i, de l'ex. 86.

157. — Apparence et réalité des intonations fausses. Toutefois, il ne faut pas que l'apparence nous trompe. Le sol i? réalisé par les pistons 2, 3 et 4 des Bass-tuben (voir ex. 86) laisse subsister un manque de longueur de om,6o6. Cela paraît en effet énorme, comparé à la longueur qui abaisse cet instrument d'un demi-ton (om,235). U- importe donc de remarquer ici : que le tube additionnel du 2e piston pour un instrument au diapason de sol (= 7m,oig), aurait la longueur de om,4i7 (1); conséquemment, ce sol p réalisé parles 2e, 3e et 4e pistons pour les Bass-tuben, serait donc à peu près trois-quarts de ton trop haut (2). Certainement, cela est encore de nature à faire dresser les cheveux !

158. — Par une pression des lèvres les instrumentistes corrigent tant soit peu quelques fausses intonations, c'est-àdire celles dont l'écart n'est pas trop considérable. Mais comme ils doivent se ménager alors, il est évident que la plupart du temps c'est au détriment du son qu'ils ont à faire entendre dans les conditions prescrites par le compositeur.

15g. — On le voit : le système ordinaire des pistons additionnés a ses défauts, et il est bon que le compositeur les connaisse. Il doit les connaître, s'il veut posséder à fond son métier.

160. — Les sons problématiques qu'engendre l'accumulation des pistons n'ont donc pas de grande utilité dans la pratique poulies instruments graves. Aussi a-t-on pris le parti, pour ne pas avoir à dépasser la limite inférieure des bonnes notes, d'adjoindre à la basse ordinaire (Saxhorn basse, si t7, 2In,95o) deux instruments d'un diapason plus grave.

161. — Le tableau suivant (ex. 87, p. 60) expose les trois diapasons des Saxhorns (si (?, mi t?, si t? grave. On s'apercevra qu'ainsi il sera facile d'éviter les sons faux.

Que l'élève étudie donc bien les avantages qu'il y a — le cas échéant — à tirer de l'ex. 87 (voir pages 60-1).

(1) On peut s'en convaincre en continuant la série de l'ex. 88 jusqu'au : sol — sol b

(2) Car le nombre 417 (longueur du tube abaissant un demi-ton) va à peu près une-fois et demie dans le nombre £06, ce qui vaut donc à peu près 3/4 de ton.

162. — Ainsi, quand on a à sa disposition les instruments du tableau précédent ; le mi i? que le tuba réalise avec les pistons 4+2 (ex. 87 ac) ou 4+1 (87 Ad), on peut donner cette note au bombardon en mi I? qui donne ce son comme 2e harmonique (note ouverte), etc., etc.

Si ensuite les sons profonds deviennent trop faux sur le bombardon en mi b, on les confie au diapason du si |? grave (ex. 87 c), dont la 2e harmonique coïncide avec le 5e abaissement du 2e harmonique du diapason de mi !?.

163. — Bref! l'exposition du tableau synthétique de ces trois diapasons, est si claire, qu'il suffit d'y jeter un coup d'œil pour en comprendre desuite la portée et l'utilité.

164. — Rapport entre la longueur des tubes additionnels et le diapason de l'insrument. Le dessin des ex. 78 et 79 a prouvé déjà, qu'il doit y avoir un certain rapport entre la longueur des tubes additionnels et le tube initial. — Chaque changement de ton au moyen des tons de rechange, entraînerait un nouvel accord de chaque tube additionnel. Or, cela prendrait pas mal de temps. Et supposant, que l'exécutant fit ce nouvel accord avec soin, le compositeur aurait donc à compter avec ces interruptions forcées, pendant lesquelles l'exécutant devrait alors préparer un nouvel accord du jeu des pistons.

165. — Il suffira de prouver le rapport susdit, pour un seul tube additionnel. Car ce procédé reste le même pour n'importe quel tube supplémentaire, dont on désirerait connaître la dimension exacte pour tous les diapasons de l'ex. 88 A, ou pour d'autres encore.

166. — Ce que le corps de rechange modifie. Défait, le corps de rechange ne modifie que le tube principal ; il reste sans effet sur les tubes additionnels, dont la longueur est calculée pour un diapason déterminé. Il est évident dès lors, que l'apposition d'un ton de rechange plus aigu ou plus grave, bouleverse tout l'accord de l'instrument.

167. — Sept cors simples à un piston. (1> Supposons une série de sept cors simples (du fa ou si (ex. 74 et 88 A), et chacun

(1) Voir aux pages 269-70 du catalogue descriptif et analytique du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles par V. C. Mahillon (2e édition 1893), au sujet d'un cor (simple; omnitonique avec un seul piston, construit par Sax (père en 1824, sur la base de la longueur de l'ex. 31 du livre présent (pag. 25 .

Tuba

en si [>

long'' theor 2, 950

distribution

française O 2 + 3 2+4

belge

?+3+fl

la

lab sol soit fa

Bornbardon grave

long'- théor 4,422

rét ut

la lat

sol soit fa

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ro réfc

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distribution Bornbardon

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lat sol soit fa nu

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des pistons

b grave

Pistons.-

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SI

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lat 1

pourvu d'un d'un seul piston, pour abaisser d'un demi-ton le diapason de l'instrument. La longueur de ces tubes respectifs varierait entre 0,235 et °>329j te^ qu'on le voit ici sous 88 B :

différence Longueur du

A du tube ad! r

, .a 4 du 2e pistou a"&

mi fa

a) Pour le cor en fa il faut 0,235 - 4,174 - 3,939

mi!> mi

Pour le cor en mi il faudrait 0,248 - 4,422 4,174

ré mi \>

Pour le cor en mz> i\ faudrait 0,2 63 - 4,685 - 4,422

reb re

Pour le cor en ré il faudrait 0,2 78 ~ 4,963 4,685

ut reb

Pour le cor en rc\> il faudrait 0,2 95 = 5,258 4,963 ■

• si ut

Pour le cor en m/ il faudrait 0,313 -5,571 5,258

sib si

Pour îe cor en si il faudrait 0,3 29 r 5,900 - 5,571

Voilà un bout des lois qui régissent le mécanisme des pistons.

168. — Cor chromatique muni de tons de rechange. Emploi mal compris. — Le fait que les facteurs ont continué à munir les nouveaux instruments (chromatiques) de tons de rechange, a compliqué la chose pour les compositeurs. — Les facteurs ont fait cela surtout afin que les musiciens d'orchestre puissent jouer sur les nouveaux instruments, en s} abstenant de toucher aux pistons, les parties de cor simple ou de trompette simple.

169. — Beaucoup de compositeurs, s'autorisant de cette circonstance, ont pris l'habitude de traiter les cors et les trompettes chromatiques (en ce qui concerne l'usage des tons de rechange), tout comme les anciens instruments.

170. — Preuve d'ignorance à cet égard. Un exemple où les cors et les trompettes chromatiques ont à changer de ton à chaque instant, et sans le moindre repos, nous est fournis entre autres par l'introduction du 3e acte de Lohcngrin (Wagner). Je doute qu'il soit possible de prouver mieux une igno-

rance complète en la matière. — Que de nos jours, les compositeurs les plus en vue ne sont pas mieux avisés, est prouvé par l'annotation que Rich. Strauss à cru devoir faire au sujet des cors (pag. 298) et des trompettes chromatiques (pag. 301) aux pages citées de la nouvelle édition (allemande 1905), du Berlioz-Strauss' InstrximQntatxonsXehYe.

Ce compositeur a la naïveté de recommander la manière d'écrire les cors et trompettes, tel que Wagner le fait (à l'exemple cité plus haut de son Lohcngrijî) .

171. — Voilà donc confirmé — encore de nos jours, — ce que Gevaert écrivit en 1885 : « les cuivres chromatiques (1) sont mal connus ». En vingt ans, pas un pas de progrès dans cette matière, malgré la période de progrès rapide où nous vivons !?

172. — Doube utilité de la petite « coulisse » de chaque tube additionnel. L'eau provenant de la condensation de la vapeur qui accompagne le souffle, a besoin d'être retiré de temps en temps ; voilà l'un côté pratique de ces petites coulisses. D'autre part, elles permettent à l'exécutant de régler l'accord du jeu des pistons d'après quelques diapasons des tons de rechange.

173. — Mais outre que ces modifications sont tout au plus suffisantes pour régler l'accord d'un petit nombre de tons, elles exigent un soin minutieux qu'on obtient difficilement à l'orchestre.

Instruments à Pistons.

174. — Le premier instrument auquel on adapta le mécanisme des pistons, adopté depuis pour tous les autres, fut le cornet (ex. 95) et qu'on appelle depuis cornet à pistons. Il est donc préférable que nous commencions par cet instrument les explications au sujet de ces nouvelles familles.

Il a paru d'abord en France, et, jusqu'à ce jour, les artistes français ont pour ainsi dire gardé le monopole de la virtuosité sur cet instrument.

(1) Voir le motto ainsi que la note (3) de la p. 48.

Le Cornet à Pistons.

" Le cornet à pistons, comme soprano mélodique, appuyé sur les accords sonores des trombones, gagne en noblesse, et acquiert une expression vraiment dramatique.

n Mais sa voix stridente et relâchée prend une teinte marquée de vulgarité, lorsque, isolée des autres sonorités éclatantes, elle se risque à entonner des fanfares militaires. »

Gevaert.

175. — Sous la dénomination fallacieuse de trompette à pistons (!), le cornet a usurpé dans l'orchestre la place de l'instrument auquel un tel nom revient légitimement.

176. — Ce déplorable abus, maintenu pour la plus grande commodité des exécutants, grâce à la faiblesse ou à Y inconscience des chefs d'orchestre, a privé l'ensemble instrumental d'un de ses timbres caractéristiques.

177. — Voici les indications sommaires du diapason-type de cet instrument :

Cornet à pistons isz'b)

en

b) (Etendue: 2 8)

F théor.

178. — Quoique le parcours total du cornet soit compris entre les sons 2 et 8 (ex. 89b), son étendue susceptible d'un emploi constant et efficace est beaucoup moindre (voir ex. 90b).

Les chants et les traits assignés au cornet à pistons ne s'éloignent pas beaucoup du médium (ex. 90b). Voici la division intérieure de l'étendue de son échelle.

a) (grave)

b) (médium)

O (aigu)

mauvaises

notes

sons les plus usités

assez difficiles

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