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Admettons que le cornettiste veuille soigner l'accord

-JOr

/tons de rechange du cornet A \ abandonnés aujourd'hui /

du ton de rechange pour la, — qu'aura-t-il à faire? Voyons ce tableau (92) :

Cornet

à pistons (en si t>) b) d)

Cornet à pistons (en la) dd) ce) bb)

Longueurs de ses 3

tubes addi tionnels

Pistons

et leur abaisement

Longueurs de ses 3

tubes additionnels

1,563 Ja

Slt>

2e piston ab1: Va ton

0, 093 = 1,656.1,563 lai» la

sil>

lr piston an*: 1 ton

0, 191 = 1,754.1,563 sol la

sol

Sli>

3e piston ab*; 1 Va ton

0,296 ri, 859. 1,563 ■ta» la

184. — Les petites coulisses des 3 tubes additionnels étant tout-à-fait enfoncées, ces tubes ont la longueur respective qui leur convient au ton de si \> (ex. 92 Ad). Si on prend le ton de rechange pour la, il faudra les accorder sur ce diapason, en les tirant respectivement jusqu'aux longueurs de l'ex. 92 Bdd.

185. — En soustrayant les nombres sous 92e1 de ceux sousdd, on trouvera une différence de 0,005, 0,010 et 0,017 pour les tubes supplémentaires respectifs.

Pour montrer quelles proportions cela prendra pour les diapasons plus bas, mettons encore brièvement en parallèle les différences de ces allongements pour les tons de la b (93b) et de la (93=0 :

Pour le ton de la

allongement pour le 2e piston allongement pour le 1** piston allongement pour le 3e piston

Pour le ton de la\>

186. — La notation (dite) du cornet. — En comparant les ex. 89 et 91 avec les ex. 31-2 (cors) et 567 (trompettes), on remarquera une différence d'une octave dans la notation. Il importe donc de dire ici, que le diapason du cornet exige que son échelle soit notée une octave plus haut (ex. 94,J).

Voici un parallèle de ces deux notations que se partagent tous les instruments à pistons : la notation des cors et trompettes d'une part, celle du cornet d'autre part. Il sera certes utile de les trouver réunies ainsi (ex. 94).

«y— tt"

Notation des "cors" et des "trompettes" 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Ï|EËÊ

nn

(xi)

Notation du cornet*

Nous verrons que certaines trompettes chromatiques (§ 232, ex. 104-5) se servent aussi de la notation du cornet.

187. — Il est d'ailleurs assez compréhensible que la notation des diapasons similaires ou approximatifs du cornet soit écrite « une octave » plus haut, surtout quand on envisage leur longueur respective.

Cors et trompettes en ut ont la longueur théorique de 2m,62g (ex 29 et 46); le cornet en ut (ex 95) n'a que im,3i4 de longueur (= 2,629 : 2) Us sont dans les rapports de 1 : 2; voir sous B,a de la note page 7, et comparez les deux séries de l'ex. 94a' b, avec les rapports de la colonne B*.

:;: Mettons aussi en parallèl

e la délimitation des octaves de cet ex. 94a. b:

(lre octave)

(2e octave)

3e octave)

(4e octave)

(lre octave)

(2e octave)

(3« octave) (4e oct

188. — Le diapason originaire du cornet à pistons est ut, tout comme le cornet de poste (ex. 95) dont il est un perfectionnement et dont il partage également la pétulance et les allures populaires. Le diapason le plus favorable à ce type de sonorité est ut, à l'unisson des notes écrites (ex 95), mais ce ton est fort peu usité (§ 181) pour l'instrument chromatique.

Cornet de poste * e:

Cornet à pistons / v

aj

Clairon d'ordonnance

Trrwy

b) (Etendue. 2 8)

lr theor.

à) (Etendue: 1 8) c)

ir (heor.

189. -• Le clairon (ex. 96) est semblable au cornet (ex. 89) en ce qui concerne la longueur du tube et à peu près quant à l'espace parcourue sur l'échelle des harmoniques.

190. — Le diamètre considérable de son tuyau (trait distinctif de cet instrument) lui permet d'émettre le son 1 ; mais cette intonation profonde, séparée du reste de l'échelle par une octave entière (voir ex. 94''), est de peu d'utilité pratique. En somme, la meilleure portion de son étendue est, de même que sur le cornet, comprise entre les sons 3 et 6 (ex. 90'')

192. — Voici un fragment de sonnerie réglementaire de l'infanterie (ex. 97) pour lequel on emploie les clairons. Comme on le voit, cette sonnerie n'est qu'un parcours à travers les sons 3, 4, 5, 6.

juifl^rirl^nrpr pu j

(La retraite du soir).

etc.

192. — Les petites mélodies composées à cet effet ont naturellement une moindre variété de sons que celles de la cavalerie (ex. 98), et leurs combinaisons de rythmes sont aussi plus pauvres (l).

(1) A ce sujet il y a un livre très recommandable. sur lequel il importe de fixer l'attention des compositeurs dramatiques : Manuel général de musique militaire, par Kastniîr (Paris, Firmin Didot, 1848;.

Voici un fragment (ex. 98) de sonnerie de la cavalerie (l) que tout le monde connaît pour l'avoir entendu maintes fois :

193. — Le clairon ne peut produire sa sonnerie (ex. 97) que dans le ton de si !7, qui est son diapason fixe (ex. 96). Mais le cornet à pistons est à même de reproduire la dite sonnerie encore en six autres tons : en la (2e piston), en la b (ier piston), en sol (3e piston), en sol ? (3e -f- 2e pistons), en fa (3e + ier pistons), et en mi (3e -f- 2e + ier pistons. Mais comme nous l'avons vu (ex. 74, séries e — g) et le comprenons à présent : ces trois derniers tons ne donnent pas les intonations justes. C'est à peu près, la même chose pour tous les instruments à pistons additionnés, comme nous le prouvons d'une façon évidente à la colonne i) des ex. S5 et 86 ('2). Les chiffres de ces deux tableaux parlent avec une éloquence persuasive.

194. — La coulisse d' accord général. Il existe un moyen facile pour corriger le défaut de justesse inhérent aux tons de sol \>, fa et mi dont parle le paragraphe précédent, ainsi que pour l'exécution de traits analogues à ceux des ex. 97 et 98 (c'est-àdire où il n'y a que des harmoniques en jeu). Ce moyen est fourni par la coulisse dite d'accord général. En la tirant plus ou moins, on corrige le défaut de longueur provenant de l'emploi simultané des pistons 3 -f- 2, 3 -f- 1 ou 3 + 2 + 1. Voir aussi le § 199.

Le Cor chromatique.

Le cor, voix tour à tour énergique et douce, rude et moelleuse, elle relie dans l'ensemble orchestral les sonorités opposées des bois et des

(1) « La trompette de cavalerie est construite sur le son fondamental mi b, d'une longueur de 2,211 » (voir ex. 49). — Manillon : Eléments d'acoustique musicale et instrumentale, p. 107.

(2) Aussi à l'ex. S3.

cuivres. Isolée de la masse instrumentale, la voix du cor communique à la plus simple cantilène ( l ) le charme de son timbre pénétrant.

Rien n'empêche le cor de nourrir de ses sons pénétrants les chants des altos, des violoncelles.

Dans le piano, les sons du cor, d'une douceur pénétrante, se mélangent intimement avec ceux des clarinettes et des bassons.

Gevaert.

195. — Le cor à pistons a complètement détrôné les cors simples. Il possède de précieuses qualités, mais aussi des défauts (§ 124-5) dont il faut se rendre bien compte.

196. — Le cor chromatique fut construit dans les tons de si b aigu, la, etc., jusqu'au ton de ré (ex. 31-9). Actuellement on n'en fabrique hélas ! qu'au diapason de fa (ex. 36), avec un ton de rechange pour mi (2). Ce fait est sans doute la conséquence de la tendance des cornistes à transposer tout sur un seul diapason.

197. — Quant au ton de rechange pour mi, il faudra se conformer à ce qui a été dit au § 184. Et pour montrer en outre de l'ex. 92 B (§ 183), quelles sont les proportions que prennent ces allongements à mesure qu'on descend le diapason, disons : que le cor en fa nécessitera, pour le ton de rechange en mi, les allongements suivants :

a) ( 0™013 pour le 2e piston.

99 b) 0, 028 pour le \r piston.

C) ( 0, 043 pour le 3e piston.

198. — Le cor chromatique « à envisager » et « à employer » comme des cors simples. — L'on doit se rendre un compte exact et ensuite ne jamais perdre de vue, qu'on peut faire jouer un double rôle au cor à pistons. Un exemple va justifier le titre de ce paragraphe.

199. — Prenons la symphonie héroïque de Beethoven : le second corniste, sur son instrument chromatique au ton initial de fa, pourra jouer toute sa partie du premier morceau (l'allégro con brio) comme cor simple enm\ b, et il lui suffit pour cela de tenir abaissé le Ier piston (voir la série harmonique sous c,de l'ex. 74), pour tout ce qu'il a à jouer dans cette première partie.

(1) Voir ex. 61 et le § 94.

(2) En Allemagne, on iabrique l'instrument au diapason de sol.

Il en sera de même pour le ier corniste; sauf à la page 21 de la partition d'orchestre, où il est prescrit muta in fa durant neuf mesures, lesquelles il jouera alors avec « tous » les pistons au repos.

La marcia funèbre de cette même symphonie, nous fournit un autre exemple; les ier et 2d cors sont en ut. Or, nous avons vu (ex. 74, série f), que pour réaliser ce ton, sur le cor chromatique en fa, il faut abaisser les pistons 3 + 1 ; mais comme la longueur n'est pas suffisante (il manque om,ogo, voir ex. 78e) on y supplée en tirant un peu la coulisse d'accord général : tout est alors en ordre!

200. — Si le corniste prend soin d'accorder ainsi son intrument — ce qui lui est facile, n'eût-il même qu'une mesure de repos — il peut jouer toute cette seconde partie de l'Eroica en abaissant les pistons 3 et 1. C'est à dire les Ier et 2d cornistes feront ainsi; le 3e étant en mi b, il n'a qu'à faire tel que le § 199 le prescrit.

201. — Le « cor chromatique » envisagé comme plusieurs « cors chromatiques » de diapasons différents. — Admettons que le corniste s'avise d'user intelligemment des tons de rechange et désire traiter chaque diapason en instrument chromatique, — qu'a-t-il à faire?! — Voici :

202. — Après avoir apposé le corps de rechange désigné, il faudra qu'il allonge chaque tube additionnel en tirant un peu leur petite coulisse respective, pour l'accorder au nouveau diapason. Il saura maintenant par les ex. 92, 93 et 99 que le plus ou moins d'allongement de ces coulisses, dépend du ton qu'il doit réaliser.

Cette besogne consciencieusement faite, il peut user librement des pistons, et considérer son instrument comme un cor chromatique dans le ton du corps de rechange.

203. — Mais — cela est évident maintenant — à chaque nouveau ton que sa partie pourrait lui prescrire, il aurait à s'occuper de la même façon de l'accord de chaque tube additionnel.

Cela demande du temps. Et le compositeur consciencieux devra se rendre compte du nombre de mesures de repos qu'il devra donner à l'instrumentiste — ce qui sera toujours en raison directe de la vitesse du mouvement — pour permettre la métamorphose en règle de l'un à l'autre ton.

204. — Cor « alto » et cor « basso ». — Tous les cornistes ne sont pas capables de parcourir l'échelle des sons 2 à 16 avec la

même facilité d'un bout à l'autre. D'après ses aptitudes physiques, chacun d'eux s'exerce à développer plus particulièrement les qualités du timbre, soit à l'aigu, soit au grave, et se sert à cet effet d'une embouchure ad hoc.

205. — De là vient que l'exécutant est ou cor-alto (en ce cas il joue l'une des deux parties aiguës : Ier et 3e cors) ou corbasso (c'est-à-dire 2e et 4e cors). L'exemple suivant (100) indique ce qui est spécialement réservé aux cors « alto » et « basso •».

206. — Il est, en général, important de bien se pénétrer de la division suivante (ex. iooa), si l'on désire acquérir une grande sûreté de main en écrivant pour les nombreux instruments chromatiques admis aujourd'hui dans les orchestres.

Voici cette division « intérieure » de l'échelle des harmoniques ( ex. iooa ) :

100 (grave) (médium) (ajgu)

{ 2 3 ï 5 6 7 8 9 ÎÔ 11 12 l£ 14 15 16*

notes propres

aux 2^ à 4e Cors

(étendue commune)

notes propres

aux K & 3e Cors

(Cors "basso") (Cors "alto")

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