EMPRISE PLUS GRANDE DE CHAQUE « INTERNATIONALE
Ce résultat bienfaisant pour l’organisation ouvrière américaine, a eu une autre conséquence sur le travail organisé du Canada.
En plus d’unifier davantage les « internationales » en les orientant vers l’organisation par industrie, dans les métiers alliés, l’institution des « Départements » eut pour effet de fortifier et d’augmenter l’emprise individuelle de chaque union internationale opérant au pays, surtout de celles connues dans les métiers basiques. Acquérant plus de stabilité par de nombreuses consolidations et, partant, plus de contrôle dans la délimitation de leurs juridictions, elles parvinrent à s’assimiler et à monopoliser littéralement tout le système de l’organisation du travail du Canada.
Subjugation totale du Congrès des Métiers et du Travail
En 1909, sept ans après sa conquête, la Fédération Américaine, consciente de ses responsabilités nouvelles, juge opportun de venir fièrement tenir sa convention dans le New-York canadien : Toronto. Et, pour calmer l’envie des ouvriers du Québec, elle donne à cette province son premier organisateur salarié, « particulièrement pour les Canadiensfrançais ».1
1 Offi. Proc. A. F. of L. (1909), p. 25 .
Elle marquait bien par ces deux actes que le tradeunionisme américain et canadien n’en faisait plus qu’un. Aussi vit-on le « Congrès » en donner bientôt une double confirmation éclatante.
En 1911, il endosse une résolution, adoptée l’année précédente par la F. A. T., établissant que le principe d’autonomie juridictionnelle des unions internationales doit être observé « intégralement ».
Et, deux mois après, pour donner le dernier coup de massue aux quelques organisations rivales qui subsistent, la F. A. T. déclare que « ce pays » (ceci impliquait désormais, pour elle, tout le continent américain) «n’est pas assez vaste pour contenir deux organisations dans le même métier »/