‹ Dans les serres de l'aigleChapitre 29 sur 42 · LES « INTERNATIONALES » ET LE « CONGRES · texte numérisé non relu

LES « INTERNATIONALES » ET LE « CONGRES

Et le délégué fraternel du Congrès à la dernière convention de la F. A. T. rapporte en 1912, à la joie de tous, les délégués, que, sur sa demande, le président de la F. A. T., M. S. Gompers, a adressé une pressante recommandation aux Bureaux Exécutifs internationaux, pour qu’ils affilient au Congrès leurs locales canadiennes en payant eux-mêmes la taxe per capita de leurs membres canadiens.3

Dès l’année suivante le Congrès bénéficie de plusieurs centaines d’affiliations locales. Pas moins de quarante-trois « internationales » acquiescent 4 5 à la recommandation de M. Samuel Gompers. Evidemment ces dernières comprirent vite l’avantage immense de cette proposition : l’existence et les activités mêmes du Congrès en dépendraient absolument.

Mais ces mêmes internationales, par la bouche de la F. A. T. montrèrent au Congrès, en cette même année, que si elles consentaient à lui donner la plus forte partie de sa subsistance, elles entendaient rester reines et maîtresses.6

1 Encyclopedia, History and R. B., A. F. of L. p. 379.

2 Rapport officiel du Gong, des M. et du T. (1912), p. 20.

. 3 Rapport officiel du Cong. des M. et du T. (1912), p. 48.

4 Report on Labour Organization in Canada (1912), p. 170.

5 Voir la déclaration du secrétaire T. M. Draper, dans le Rapport

officiel du Congrès (1916), p. 100, vers, anglaise.

Voici comment elles manifestèrent leur attitude. La Fédération Américaine, parlant au nom de toutes les « internationales », refuse d'abord au Congrès des Métiers et du Travail du Canada le « droit 1 de se faire représenter au Secrétariat International »,2 et crânement, Tannée suivante, elle oppose un autre refus ; elle ne veut pas accorder la faveur sollicitée par quelques-uns de ses dirigants qui veulent obtenir un siège pour un Canadien, sur son bureau exécutif en qualité de 9ième vice-président.3

“Situation sans Parallèle” du C. des M . et du T . du Canada

L’attitude toujours de plus en plus servile du Congrès des Métiers et du Travail depuis 1902 n’a aboutit, nous l’avons vu, qu’à faire de ses dirigeants la valetaille de la F. A. T.

A sa convention de 1917, à Ottawa, son vice-président, M. James Simpson, le déclare sans ambages. Au cours du débat orageux sur la loi de conscription, il constate l’impuissance flagrante du Congrès à opposer la moindre résistance contre la mise en vigueur de cette loi, et dans un mouvement de dépit, il s’écrie :

« Il vaut aussi bien que je convienne de dire à l’heure actuelle que les travailleurs organisés du Canada sont dans une situation sans parallèle dans aucun autre pays du monde. Ce Congrès ne peut qu’exercer une influence morale pour l’exécution de ses décisions, vu que le pouvoir économique nécessaire à appuyer nos demandes législatives n’appartient pas (is not invested) à notre mouvement, mais est sous le contrôle des officiers internationaux des unions représentatives »4

Est-ce assez clair ? est-ce assez humiliant ?

Ah ! oui, tout le monde officiel du travail organisé du pays reconnaissait à cette heure pathétique que, lorsqu’il

1 Report on Labour Organization in C. (1914), p. 35.

2 Reconstituée en mars 1919 sous le nom de la Fédération Internationale des Unions de Métiers.

3 Rep. on Lab. Org. in C. (1914), p. 50.

4 Rapp. Offi. du Congrès... (1917), p. 153.

survient des divergences de vues et des décisions opposées entre le Congrès et la F. A. T. sur des questions de première importance nationale, le Congrès est incapable d'exercer la moindre influence utile, pour la simple raison que son Exécutif n'est pas composé des têtes de puissantes organisations responsables au pays.

Page 1