SCISSION D’IDEAL POLITIQUE
Bien quelle soit assurée de conserver sa suprématie sur le Congrès des Métiers et du Travail du Canada, du point de vue d'organisation professionnelle et d'administration financière, la Fédération Américaine du Travail est très préoccupée, depuis* 1917, par la scission politique que le Congrès a opéré avec elle. L'abandon par le Congrès de la politique du trade-unionisme américain constitue d'ailleurs un affaiblissement de son influencé. Elle déplore, depuis lors, la renonciation du Congrès au principe d'action politique non-partisanne et son adhésion aux méthodes d'action politique parlementaire qui caractérise le mouvement ouvrier anglais.
Elle est en outre fort ennuyée par la propagande poursuivie dans l'Etat de l'Illinois et celui de l'Indiana en faveur de la création d'un parti ouvrier américain.
Enfin, ce qui la préoccupe encore, c'est le mouvement séparatiste inauguré en 1919 par les ouvriers de l'Ouest canadien de l'« American Trade-Unionism », qui lui opposent l'Union Monopole (la O. B. U.).
Ce qui s'accomplit dans la province de Québec, surtout depuis trois ans, le développement rapide du syndicalisme catholique, ne la laisse pas non plus indifférente.
Si l'on se demande pourquoi la F. A, T. vient, cette année, tenir sa convention en notre coin de terre arriéré , l'on peut être assuré que c'est à cause de ce qui se passe chez nous de ce temps-ci.